Mesures et conséquences des doses de tritium dans les boues d’épuration municipales

Mars 2015

Résumé

Faits saillants du rapport

La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) réglemente et surveille les rejets de tritium artificiel dans l’environnement afin de préserver la santé et la sécurité de la population et de protéger l’environnement.

En 2013, à la demande de la Commission, le personnel de la CCSN a mesuré les concentrations de tritium dans les boues d’épuration de différentes municipalités en Ontario (11 au total). La demande était en réponse aux préoccupations soulevées par des membres du public lors de la réunion de la Commission au sujet du Rapport annuel sur le rendement en matière de sûreté de l’installation de SRBT en 2011.

Les concentrations de tritium dans les boues d’épuration étaient inférieures au seuil de détection (concentration minimum pouvant être détectée par des instruments) pour toutes les usines de traitement des eaux usées (UTEU) où des prélèvements ont été effectués, à l’exception de celles de Peterborough et de Pembroke.

La dose de rayonnement provenant du tritium mesuré dans les boues d’épuration a été calculée pour deux personnes représentatives – un travailleur dans une UTEU et un travailleur dans une décharge municipale – en utilisant les valeurs de l’UTEU de Pembroke. Les doses efficaces annuelles estimées étaient bien en-deçà de la dose limite réglementaire pour les membres du public et des doses connues pour entraîner des effets sur la santé. La dose estimée provenant du tritium dans les boues d’épuration représente une petite fraction du rayonnement naturel. Par conséquent, le rapport conclut qu’il n’y a aucun impact sur la santé du public.

Qu’est-ce que le tritium?

Le tritium est un isotope radioactif de l’hydrogène. Il émet un rayonnement bêta de faible énergie pouvant être absorbé par le papier, le plastique, le verre et le métal. Le tritium peut poser un risque pour la santé s’il pénètre dans l’organisme par la consommation d’eau potable ou d’aliments, par inhalation ou par voie cutanée si la peau est exposée à fortes doses.

Le tritium se forme naturellement dans la haute atmosphère par l’interaction des gaz et du rayonnement cosmique. Il est également un sous-produit de l’exploitation des réacteurs nucléaires, comme les réacteurs CANDU (réacteur CANadien à Deutérium-Uranium), ainsi que de l’exploitation de certains réacteurs de recherche. Une partie du tritium produit par les réacteurs nucléaires et les réacteurs de recherche est récupérée et utilisée par des installations de traitement pour fabriquer de la peinture et des appareils autolumineuxnon électriques (p. ex., les panneaux indicateurs de sortie, l’éclairage des pistes d’atterrissage, le cadran des montres et le viseur des armes à feu).

Mesures du tritium dans les boues d’épuration municipales

Les boues d’épuration sont une matière semi-solide qui est produite après le traitement des eaux usées. Le tritium existe dans l’atmosphère sous la même forme chimique que l’hydrogène. Par conséquent, le tritium forme facilement des molécules d’eau, et on le trouve partout où il y a de l’eau, y compris dans les précipitations, les eaux de surface, les eaux souterraines et les eaux usées.

En 2013, le personnel de la CCSN a mesuré les concentrations de tritium dans les boues d’épuration de 11 municipalités en Ontario. Les processus de traitement utilisés aux UTEU qui ont fait l’objet de l’enquête varient d’une municipalité à l’autre. De manière générale, les eaux usées qui arrivent à l’usine sont traitées en vue de les séparer en matière semi-solide (c.-à-d., biosolides ou boues d’épuration) et en effluent liquide. Pour brosser un tableau complet des niveaux de tritium dans les eaux usées une fois qu’elles sont traitées, le personnel de la CCSN a mesuré les concentrations de tritium dans l’effluent liquide et dans les boues d’épuration.

Les concentrations de tritium étaient inférieures au seuil de détection dans les échantillons de boues d’épuration et d’effluent liquide prélevés dans toutes les UTEU en Ontario, à l’exception de celles de Peterborough et de Pembroke. En 2013, Shield Source Incorporated (Peterborough) et SRB (Pembroke) étaient toutes deux en exploitation et fabriquaient des panneaux de sécurité autolumineux au tritium.

Conséquences des doses de tritium dans les boues d’épuration municipales

La dose efficace annuelle a été calculée au moyen des valeurs de tritium mesurées dans les boues d’épuration de l’UTEU de Pembroke. D’après un examen documentaire des modèles d’évaluation des doses de rayonnement disponibles, deux personnes représentatives ont été prises en considération : un travailleur dans une UTEU qui s’occupe de charger les boues d’épuration et un travailleur dans une décharge municipale qui enfouit les déchets sous une couche de couverture. Ces personnes représentatives ont été considérées comme des membres du public plutôt que comme des travailleurs du secteur nucléaire. Il a été déterminé que l’exposition des membres du public découlant de l’élimination constante de boues d’épuration est négligeable puisqu’ils ont un accès limité à ces installations. Cette approche est conforme à celle utilisée dans d’autres études mentionnées dans la documentation.

Les doses estimées pour les deux personnes représentatives étaient de plusieurs ordres de grandeur (c.-à-d., de 10 000 à 5 000 000 de fois) inférieures à la limite de dose réglementaire annuelle pour les membres du public de 1 mSv par an, soit bien en-deçà des doses connues pouvant entraîner des effets sur la santé.

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