Des petits rorquals aux abeilles

Les accélérateurs de faible énergie sont mis à profit

19 mars, 2014

Par : Mark Broeders, agent de programme, Division des installations de catégorie II et des accélérateurs

Avant 2011, à qui revenait la responsabilité de réglementer les accélérateurs d'électrons à énergie inférieure à 10 méga électronvolts (MeV) n'était pas claire. La CCSN s'est alors engagée à réglementer les accélérateurs de plus de 10 MeV, et les provinces, les accélérateurs à faible énergie.

La plupart étaient conçus pour être exploités à une puissance supérieure à 10 MeV. Cependant, au cours de la dernière décennie, de nouvelles technologies et applications ont radicalement augmenté le nombre d'accélérateurs à faible énergie. Appelés « linacs », ces accélérateurs de particules utilisés au Canada produisent des rayons X. Seules quelques provinces ont adopté les mêmes normes réglementaires pour ces appareils que la CCSN. En octobre 2011, la CCSN a décidé qu'elle allait désormais réglementer tous les accélérateurs d'électrons d'une puissance supérieure à 1 MeV.

Mission accomplie

En date du du 31 décembre 2013, tous les accélérateurs d'électrons de faible énergie  en exploitation sont homologués et autorisés par la CCSN. En tout, 53 accélérateurs ont été touchés par ce changement de responsabilité : 38 dans le domaine médical, 12 dans le secteur industriel et 3 dans le milieu académique et de la recherche. Le personnel de la CCSN a apporté une aide importante aux titulaires de permis des domaines industriels et de la recherche qui devaient obtenir des permis de catégorie II pour la première fois.

Les autorités provinciales ont respecté ce changement de responsabilité. L'Ontario a par exemple invité la CCSN à participer à une inspection conjointe après qu'une dose anormalement élevée ait été détectée dans une installation à laquelle la CCSN n'avait pas encore délivré de permis.

Utilisations singulières du linac

Fœœtus d'un petit rorqual (Source : FP Innovations)

Au cours de l'homologation de l'équipement susmentionné, nous avons appris que le linac pouvait être utilisé de façons inusitées. Une entreprise l'a notamment utilisé comme tomodensitomètre à haute énergie pour obtenir des images d'un fœtus de petit rorqual et déterminer la cause de son décès (mâchoire cassée).

Parmi les applications industrielles, on compte le contrôle mobile du fret, l'irradiation de la topaze et d'autres pierres précieuses pour en faire ressortir les couleurs, et l'irradiation des essaims pour tuer le Nosema ceranæ, un parasite qui décime les colonies d'abeilles.

L'homologation des appareils du secteur médical comportait son lot de défis réglementaires, dont une qui combine les techniques de robotique du secteur automobile avec un accélérateur. Puisque l'accélérateur linac (p. ex., le cybercouteau) peut être dirigé presque n'importe où sur un mur, la vérification du blindage était plus compliquée que pour les accélérateurs médicaux traditionnels.

Accélérateur appelé cybercouteau (Source : Accuray)
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