Fukushima : Leçons retenues pour améliorer l’état de préparation aux situations d’urgence

Qu’avons-nous appris de Fukushima?

La principale leçon retenue de cet accident est qu’il faut s’attendre à l’inattendu et être prêt à intervenir en conséquence. S’il est peu probable qu’il y ait des tsunamis et de grands tremblements de terre en Ontario ou au Nouveau-Brunswick – là où se trouvent les centrales nucléaires en exploitation au Canada – la CCSN a pris des mesures concrètes pour s’assurer qu’elle est prête à intervenir en cas d’accidents extrêmes.

Principales améliorations

À la suite de l’accident, la CCSN a mis sur pied un groupe de travail composé d’experts de différents domaines (notamment le génie nucléaire, la radioprotection et la préparation aux urgences), qui a conclu que les principales installations nucléaires du Canada sont sécuritaires et que notre surveillance réglementaire est rigoureuse.

Après avoir examiné attentivement les plus importantes leçons retenues de Fukushima, la CCSN a mis en œuvre un plan d’action quadriennal solide pour s’assurer d’être prête à intervenir en cas d’événement extrême. Voici quelques-unes des améliorations :

  • demander aux exploitants d’examiner les Lignes directrices pour la gestion des accidents graves (LDGAG), un ensemble de plans et de procédures à suivre en cas d’accident grave
  • veiller à ce que les installations d’intervention d’urgence soient dotées d’équipement portatif de télécommunications et d’alimentation de secours supplémentaire
  • demander aux exploitants des centrales nucléaires de faire l’acquisition d’équipement portatif pour que les réacteurs puissent être refroidis et les piscines de stockage de combustible remplies, peu importe la situation. Cet équipement doit être entreposé sur le site et hors site

Niveaux de rayonnement : améliorer l’accessibilité aux données en temps réel en cas d’urgence


Camions d’incendie aux centrales nucléaires de Bruce-A et de Bruce-B

Dans son plan d’action, la CCSN a exigé que les exploitants de centrales nucléaires ajoutent des stations de surveillance autour de leurs installations afin de pouvoir lui fournir des données en temps réel sur les niveaux de rayonnement. Santé Canada dispose aussi de stations de surveillance partout au pays, notamment à proximité des centrales nucléaires. Ces stations peuvent également fournir des données en temps réel.

Les exploitants de centrales doivent améliorer leur capacité actuelle de modélisation pour être en mesure de prévoir la dispersion des rejets de matières radioactives. Cette amélioration peut servir dans des scénarios d’accidents très graves qui touchent plusieurs tranches d’une centrale.

En cas d’accident nucléaire, le gouvernement fédéral déploierait de l’équipement supplémentaire pour surveiller les niveaux de rayonnement. Les autorités provinciales participeraient également à la surveillance des niveaux de rayonnement dans les produits agricoles et dans l’eau, par exemple.

Évaluer les améliorations

Des exploitants de centrales ont mené plusieurs exercices d’urgence simulant des accidents graves qui, auparavant, n’avaient pas été jugés crédibles. Ces exercices leur ont permis de valider leurs LDGAG révisées et de mettre à l’épreuve l’équipement d’atténuation en cas d’urgence acquis récemment (comme des génératrices, des canalisations, des pompes et des camions d’incendie), qui peuvent être déployés rapidement et de manière efficace.

D’importants exercices en Ontario et au Nouveau-Brunswick ont été réalisés pour vérifier si les différents ordres du gouvernement comprennent leur rôle dans une situation d’urgence nucléaire. Dans le cadre de ces exercices, la CCSN a également mis à l’essai sa capacité d’intervention en cas d’urgence. Elle a en outre créé de nouveaux outils, par exemple son site Web de crise, qui est prêt à être activé en cas d’accident radiologique grave.

Depuis Fukushima, les exploitants de centrales nucléaires et les organismes dans tous les ordres du gouvernement ont régulièrement mené des exercices d’urgence nucléaire à grande échelle au Canada.

Actualisation de la réglementation et des normes qui s’appliquent à la gestion des urgences

La CCSN a effectué une analyse complète de son cadre de réglementation et y a apporté plusieurs modifications, notamment les suivantes :

  • mettre à jour les exigences pour les interventions d’urgence sur le site
  • exiger que les exploitants de centrales nucléaires appuient la planification d’urgence hors site (p. ex. pour la distribution préalable de comprimés d’iodure de potassium)
  • accroître la collaboration entre la CCSN et d’autres organisations, p. ex. l’Association canadienne de normalisation (CSA), en vue d’établir des normes de calibre mondial relatives à la gestion des urgences nucléaires sur le site et hors site et l’état de préparation à ces situations d’urgence

VIDÉO – Exposé par des représentants de la CSA sur l’intégration des leçons tirées de Fukushima aux normes nucléaires canadiennes

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