Fukushima : Rapports sur la santé

Mise à jour : 28 mars 2013

Les répercussions de l’accident de Fukushima sur la santé seront évaluées au cours des prochaines décennies. Plusieurs organismes internationaux ont commencé à produire des rapports exposant leurs constatations préliminaires. De nouvelles données de surveillance et une information plus détaillée sur la mise en œuvre des mesures de protection vont permettre des évaluations plus précises à l’avenir.

La CCSN surveille de près la publication de rapports par les organismes experts. Les spécialistes de la CCSN examinent l’information à mesure qu’elle est disponible. Les connaissances acquises sont intégrées dans le cadre de réglementation de la CCSN, s’il y a lieu.

UNSCEAR

Le Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (UNSCEAR) évalue actuellement les niveaux et les effets de l’exposition au rayonnement causée par l’accident survenu à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, en mars 2011.

À cette fin, le Comité a mobilisé des experts de différentes disciplines, notamment biologie, radiobiologie, écotoxicologie, écologie terrestre et aquatique, chimie de l’environnement, modélisation de la dispersion atmosphérique, radioécologie, radioprotection et radiologie médicale. Ces experts estiment les doses et évaluent les conséquences possibles pour la santé du public et des travailleurs.

Wolfgang Weiss

Wolfgang Weiss, président du Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants.
AIEA/Dean Calma

Le 23 mai 2012, UNSCEAR a présenté ses constatations préliminaires (en anglais seulement) à l’occasion de son assemblée annuelle. Le Comité a acquis une bonne compréhension de la nature et de la composition des rejets atmosphériques émanant des quatre réacteurs endommagés de Fukushima. Wolfgang Weiss, président de l’UNSCEAR, a indiqué que l’information permettant d’évaluer les doses reçues par le public était très détaillée, mais qu’il sera plus difficile de valider les données sur l’exposition des travailleurs.  

Le rapport complet est attendu pour la fin de 2013.

Points saillants des constatations préliminaires

  • Jusqu’à maintenant, l’exposition des membres du personnel d’urgence au rayonnement n’a pas entraîné d’effet visible sur la santé.
  • Sept travailleurs sont décédés depuis l’accident, mais aucun décès n’est lié au rayonnement.
  • Bien que plusieurs travailleurs aient été exposés à des niveaux élevés de contamination de la peau, aucun effet clinique n’a pu être observé.
  • L’UNSCEAR suivra de près la santé de plus de 1 000 enfants qui vivaient à proximité du site de l’accident et pour lesquels des paramètres précis sont disponibles.
  • Plus de 70 scientifiques de 25 pays prennent part à l’étude de l’UNSCEAR, qui sera publiée à la fin de 2013.

OMS

Évaluation des risques pour la santé

À titre d’organisme de santé principal des Nations Unies, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) est responsable de l’intervention internationale d’urgence en matière de santé publique. C’est en cette qualité que l’OMS a publié une évaluation des risques pour la santé (en anglais seulement) (28 février 2013) du public et des intervenants d’urgence après l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi.

Rédigé par des experts internationaux indépendants dans les domaines de la modélisation du risque dû au rayonnement, de l’épidémiologie, de la dosimétrie, des effets du rayonnement et de la santé publique, le rapport évalue les effets potentiels sur la santé du rejet de substances radioactives après l’accident nucléaire.

Évaluation des risques pour la santé

Points saillants

Le risque accru est exprimé en tant que hausses relatives estimées par rapport aux niveaux naturels.

Pour le public :

  • Pour le public habitant en dehors des secteurs géographiques les plus touchés par le rayonnement et même à certains endroits dans la préfecture de Fukushima, le risque prévu demeure faible et aucune augmentation observable du risque de cancer au-delà des niveaux de référence n’est prévue.
  • En ce qui concerne les résidents des secteurs les plus touchés de la préfecture de Fukushima, des estimations prudentes des doses indiquent des augmentations potentielles du risque de certains cancers au-delà des niveaux de référence en fonction du groupe d’âge et du sexe, mais qui seront probablement en deçà des niveaux détectables. Une légère augmentation du risque a été constatée pour tous les cancers solides (le cancer du sein, la leucémie et le cancer de la glande thyroïde) :
    • tous les cancers solides – environ 4 % pour les personnes de sexe féminin exposées en bas âge;
    • cancer du sein – environ 6 % pour les personnes de sexe féminin exposées en bas âge;
    • leucémie – environ 7 % pour les personnes de sexe masculin exposées en bas âge;
    • cancer de la glande thyroïde – jusqu’à 70 % pour les personnes de sexe féminin exposées en bas âge.

Il convient de mentionner que des augmentations relatives importantes représentent généralement de faibles augmentations absolues du risque. Ces pourcentages représentent des augmentations relatives estimées par rapport aux niveaux de référence, et non des risques absolus estimés de développement de ces formes de cancer. Par exemple, le risque de référence à vie de développer un cancer de la glande thyroïde chez les femmes est de 0,75 %, et l’augmentation relative estimée de 70 % pour les personnes de sexe féminin exposées en bas âge signifie un risque à vie additionnel de 0,50 % (70 % de 0,7 5% = 0,5 %). Par conséquent, pour ce groupe de femmes, le risque à vie est passé de 0,75 % à un total de 1,25 %.

Pour les intervenants d’urgence (environ 23 000 travailleurs) :

  • Les deux tiers environ des travailleurs (environ 66 %) ont reçu de faibles doses (moins de 5 mSv de dose efficace); aucune augmentation observable du risque de cancer au-delà des niveaux de référence n’est prévue.
  • Environ le tiers des travailleurs (environ 30 %) ont reçu une dose efficace totale d’environ 30 mSv. Une hausse du risque relatif de cancer de la glande thyroïde de 20 % au-delà des niveaux de référence a été établie pour les travailleurs les plus jeunes.
  • Moins de 1 % des travailleurs ont reçu une dose efficace totale d’environ 200 mSv. Une hausse du risque relatif de leucémie et de cancer de la glande thyroïde de 28 % au-delà des niveaux de référence a été établie pour les travailleurs les plus jeunes.
  • Quelques travailleurs (moins de 0,01 %) ont reçu une dose très élevée d’iode 131 à la glande thyroïde (aussi représentée comme une dose efficace totale de 700 mSv). On a estimé une augmentation du risque relatif de cancer de la glande thyroïde au-delà des niveaux de référence, surtout pour les jeunes travailleurs, bien que ces valeurs comportent une incertitude considérable.

Les auteurs du rapport mettent en garde les membres du public quant à l’incertitude de leurs estimations, indiquant que les doses estimées et les hypothèses utilisées dans cette évaluation ont été choisies délibérément de manière à réduire la possibilité de sous-estimer les risques possibles pour la santé. Ils réclament aussi une surveillance continue de l’environnement et de la santé et recommandent de ne pas négliger l’impact psychologique du tsunami et de l’accident nucléaire sur la santé et le bien-être de la population.

Estimation provisoire des doses de rayonnement

Dans le cadre de son évaluation générale de l’impact global de l’accident de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi sur les risques pour la santé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié un rapport sur l’estimation provisoire des doses (en anglais seulement) (23 mai 2012).

Rédigé par un groupe d’experts internationaux, le rapport présente une estimation provisoire de l’exposition du public au rayonnement à la suite de l’accident. Les doses sont évaluées pour divers groupes d’âge et différents endroits. Une autre publication, l’évaluation des risques pour la santé, est traitée ci‑dessus.

Estimation provisoire des doses de rayonnement

Points saillants

La dose efficace (unité de mSv) est une mesure conçue pour refléter les dommages causés sur tout l’organisme par l’exposition au rayonnement. Les doses ont été estimées pour la première année après l’accident.

  • Dans les secteurs les plus touchés de la préfecture de Fukushima, les doses efficaces estimées varient entre 10 et 50 mSv.
  • Ailleurs dans la préfecture de Fukushima, les doses efficaces estimées varient entre 1 et 10 mSv.
  • Dans les préfectures voisines de Fukushima, les doses efficaces estimées varient entre 0,1 et 1 mSv.
  • Dans toutes les autres préfectures japonaises, les doses efficaces estimées varient entre 0,1 et 1 mSv.
  • Ailleurs dans le monde, les doses efficaces estimées sont inférieures à 0,01 mSv et généralement bien en deçà de ce niveau.

Cette évaluation des doses doit être considérée comme préliminaire. De nouvelles données de surveillance et une information plus détaillée sur la mise en œuvre des mesures de protection vont permettre des évaluations plus précises à l’avenir.