En bref
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Le modèle linéaire sans seuil est le modèle de risque le plus couramment accepté par les organismes de santé et les organismes de réglementation nucléaire du monde entier, y compris la CCSN. Il présume, dans le contexte des pratiques de radioprotection, qu’il existe un lien direct et proportionnel entre la radioexposition et les risques de cancer pour toutes les doses de rayonnement.
Les risques liés aux rayonnements sont généralement tirés des études sur les survivants à la bombe atomique dans lesquelles l’incidence des maladies (en particulier le cancer) a été évaluée en fonction de la dose de rayonnement. Lorsque des données ont pu être obtenues, la réaction à la dose était linéaire, c’est‑à‑dire que plus la dose est forte, plus le risque de cancer est élevé. Toutefois, sous le point de données le plus bas, l’incidence naturelle de la maladie occulte tout effet pouvant être causé par les rayonnements. Par conséquent, le modèle linéaire sans seuil présume que l’incidence de cancer, par rapport à la dose de rayonnement, fonctionne de la même façon qu’à doses plus fortes, c’est‑à‑dire de façon linéaire.
Toutefois, étant donné qu’il existe peu de preuves que l’exposition chronique à des doses de moins de 100 mSv entraîne des effets nocifs sur la santé, le modèle de risque linéaire sans seuil n’offre aucune certitude. Par conséquent, certains chercheurs ont proposé d’autres modèles de risque.
La figure 1 montre certains modèles proposés par les chercheurs pour estimer le risque lié aux rayonnements sous les doses les plus faibles que l’on sait être associées à une incidence accrue du cancer (environ 100 mSv).
Figure 1 : Modèles de radioprotection

L’exactitude du modèle linéaire sans seuil a été remise en question dans le documentaire de la BBC de 2006 intitulé Nuclear Nightmares*, qui favorisait les modèles fondés sur un seuil et sur l’hormèse, bien que le programme admette qu’il s’agit de concepts controversés.
Des rapports de la Commission internationale de protection radiologique (ICRP 99, 2006) et du U.S. National Research Council of the National Academies (BEIR VII, 2006) énonçaient que, bien que des faits appuient d’autres modèles, le modèle linéaire sans seuil est celui qui correspond le mieux, en général, sur le plan de la radioprotection.
En novembre 2009, l’Electrical Power Research Institute a publié une évaluation* exhaustive des ouvrages scientifiques sur les effets sur la santé de faibles doses de rayonnement, mettant l’accent sur l’information nouvelle. Il en a tiré trois conclusions :
* Important : sauf indication contraire, la CCSN n’appuie pas les points de vue, opinions ou conclusions de tiers tirés d’études citées en référence.
Sur le plan de la radioprotection, l’adoption du modèle linéaire sans seuil constitue pour la CCSN une approche prudente afin de bien protéger les Canadiens contre les rayonnements. Si de nouvelles études démontraient qu’un autre modèle offrait le même niveau de protection que le modèle linéaire sans seuil et si ce modèle obtenait l’appui de la communauté internationale de la radioprotection, cet autre modèle pourrait être adopté par la CCSN. Jusqu’à présent, toutefois, la CCSN s’harmonise à ses pairs internationaux en utilisant le modèle linéaire sans seuil.
La CCSN n’autoriserait pas des activités nucléaires peu sûres, et le modèle linéaire sans seuil est un moyen d’assurer la protection voulue. Le modèle offre une compréhension des risques liés aux rayonnements, ce qui permet à la CCSN et d’autres organismes de réglementation d’établir des limites de dose et de prendre des règlements qui limitent l’exposition à un niveau acceptable. Les doses de rayonnement qui ne dépassent pas ces limites sont considérées comme « sûres », car il n’existe pas de preuves scientifiques ou médicales directes qui montrent qu’elles causent des dommages. Afin de protéger les travailleurs du secteur nucléaire et les membres du public, la CCSN autorisent les activités nucléaires et assurent leur surveillance de sorte à contrôler les doses.
Les limites de dose réglementaires pour les travailleurs aux installations nucléaires et le grand public sont établies de façon à restreindre l’exposition aux rayonnements à des niveaux acceptables. En outre, la CCSN oblige tous les titulaires de permis à maintenir l’exposition aux rayonnements au niveau le plus faible qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre, compte tenu des facteurs sociaux et économiques (principe ALARA).
La limite de dose réglementaire pour le public canadien est de 1 millisievert (mSv) par année, alors que celle pour un travailleur du secteur nucléaire est de 50 mSv par année et de 100 mSv sur cinq ans. Ces limites sont établies en fonction de normes internationales rédigées à partir des meilleures connaissances scientifiques disponibles.
Les installations nucléaires canadiennes ont d’excellents antécédents pour ce qui est de maintenir les doses de rayonnement bien en-deçà des limites réglementaires. La figure 2 montre que les doses annuelles aux membres du public vivant près de centrales nucléaires étaient inférieures à 1 % de la limite réglementaire de 1 mSv.
Figure 2 : Doses au public aux environs des centrales nucléaires canadiennes en pourcentage de la limite de dose annuelle de 1 mSv établie pour la population.

La CCSN accueille favorablement les questions et commentaires de toutes les parties intéressées. Elle a à cœur de respecter son mandat qui consiste à réglementer le secteur nucléaire de manière à protéger les Canadiens et l’environnement, notamment au moyen de la diffusion de renseignements scientifiques au public sur la façon dont elle assume ses responsabilités.