Au rédacteur en chef,
J’ai été étonné par plusieurs des affirmations contenues dans l’article « Michel Duguay recommande la fermeture de Point Lepreau » et je désire remettre les pendules à l’heure concernant l’exploitation sécuritaire continue de cette installation.
D’abord, je veux préciser que le mandat de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) est très clair contrairement à ce que prétend Michel Duguay. Notre mission primordiale est de réglementer le secteur nucléaire canadien afin de protéger la population et l’environnement et de respecter les engagements internationaux du Canada à l’égard de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.
Ensuite, je désire rassurer ici vos lecteurs. Point Lepreau est une centrale robuste, construite et exploitée de telle sorte qu’elle puisse résister aux phénomènes naturels et aux attaques extérieures.
À l’instar des autres centrales CANDU, elle est dotée de systèmes de sûreté fiables. Au nombre des caractéristiques particulières des CANDU figurent la redondance des systèmes d’arrêt d’urgence, l’épaisse enceinte de confinement ainsi que la possibilité de refroidir le cœur du réacteur sans alimentation électrique.
La réfection en cours de Point Lepreau comprend des systèmes de sûreté supplémentaires afin que celle-ci soit équipée de façon à dépasser les meilleures pratiques à l’échelle mondiale.
C’est donc dire que la centrale de Point Lepreau, telle que construite à l’origine, était sécuritaire et qu’elle le sera davantage une fois les améliorations apportées durant la réfection.
Monsieur Duguay participe à la diffusion de mythes concernant les réacteurs CANDU lorsqu’il affirme que leur coefficient de réactivité pose un risque important. Le coefficient de réactivité est un phénomène bien compris et étudié en profondeur par les scientifiques de la CCSN et par les exploitants.
Les réacteurs CANDU sont conçus de manière à réagir efficacement à toute possibilité d’emballement en cas de brèche importante d’un tuyau. De plus, et afin d’assurer un niveau de sûreté optimal, la CCSN exige le respect de marges de sûreté très élevées dans l’exploitation des centrales.
Enfin, à la suite de l’accident survenu à la centrale de Fukushima au Japon, et ce, même si nous sommes persuadés de la sûreté de l’exploitation des centrales nucléaires canadiennes, la CCSN a entrepris un examen exhaustif des installations dont elle assure la surveillance.
Cet exercice nous permet de nous assurer que les leçons tirées de l’accident seront intégrées aux prochaines activités de réglementation nucléaire au Canada. À la suite de notre examen, les exploitants devront prendre toute mesure jugée nécessaire par la CCSN pour continuer à protéger la population et l’environnement.
Énergie Nouveau-Brunswick a déjà pris les mesures immédiates requises par la CCSN et précisées dans une lettre que nous lui avons envoyée le 17 mars 2011. Elle poursuit ses efforts afin de mettre en œuvre les mesures nécessaires à plus long terme.
La CCSN ne mettra jamais la sûreté du public en péril. Nous invitons également vos lecteurs à visiter notre site Web (suretenucleaire.gc.ca) afin d’en apprendre davantage sur l’exploitation sécuritaire du nucléaire au Canada.
Ramzi Jammal, premier vice-président
Commission canadienne de sûreté nucléaire
Ottawa