Le cœur ne fondra définitivement pas

21 avril 2012

Réponse à la lettre de Michel Duguay intitulée « Définitivement, le cœur va fondre » publiée par le Courrier Sud le 13 avril 2012

Je me sens interpellé par la lettre d’un de vos lecteurs, Michel Duguay, qui m’accuse de « faire preuve de mauvaise pédagogie ». M. Duguay semble s’entêter à disséminer de l’information erronée concernant la résistance sismique de la centrale nucléaire Point Lepreau, située au Nouveau-Brunswick, et de Gentilly-2, sa sœur jumelle.

Contrairement à ce que le dit M. Duguay, le cœur du réacteur ne fondrait définitivement pas si un séisme de 6.2 sur l’échelle de Richter survenait près de l’une ou l’autre des centrales. Ces installations nucléaires ont été construites de façon à résister à des tremblements de terre de cette magnitude ; de nouvelles analyses effectuées dans le cadre des projets de réfection ont permis de confirmer ce fait.

M. Duguay s’obstine sans raison à modifier des propos tenus lors d’une audience publique par Greg Rzentkowski, spécialiste chevronné faisant partie de mon équipe, au sujet de la résistance sismique de la centrale de Point Lepreau. M. Rzentkowski répondait à une question hautement hypothétique posée par le président de la Commission concernant les conséquences d’un séisme très puissant sur le cœur du réacteur. En formulant sa réponse, M. Rzentkowski a clairement précisé qu’il se référait à l’hypothèse improbable d’un tremblement de terre similaire à celui de Fukushima. J’invite les curieux à lire la transcription de l’audience sur notre site Web (pp. 214-215 (PDF)).

Peu de temps après l’accident de Fukushima, la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a confirmé la sûreté des centrales nucléaires du Canada et leur capacité à résister à des dangers externes. Par ailleurs, je souhaiterais informer vos lecteurs que la CCSN a mis en place un plan d’action rigoureux visant à accroître encore davantage la sûreté des installations et à tenir compte de toutes les leçons apprises de Fukushima. En autres, les exploitants canadiens disposeront dorénavant d’équipements hors site afin de garantir l’arrêt des réacteurs en toute sûreté peu importe la gravité de l’accident. Une réunion publique de la Commission au sujet du plan d’action se tiendra le 3 mai prochain.

Ramzi Jammal
Premier vice-président et chef de la réglementation des opérations
Commission canadienne de sûreté nucléaire