Le document d’application de la réglementation RD-327, Sûreté en matière de criticité nucléaire décrit les exigences permettant d'éviter que surviennent des accidents de criticité lors de la manutention, du stockage, du traitement et du transport des matières fissiles et de la gestion à long terme des déchets nucléaires. Il clarifie les contraintes et les limites physiques des matières fissiles que les titulaires de permis doivent prendre en considération afin d’assurer la sûreté en matière de criticité nucléaire pendant la construction, l’exploitation, le déclassement ou l’abandon d’une installation autorisée. Le présent document établit aussi les exigences relatives aux alarmes et au blindage afin de minimiser les doses en cas d’accident lié à la criticité.
Le document présente aussi les exigences de la CCSN concernant la sûreté en matière de criticité nucléaire. Le document d’orientation connexe, GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire, explique comment respecter ces exigences.
Ce document d’application de la réglementation s’applique aux installations disposant de matière fissile à l’extérieur de réacteurs nucléaires, sauf pour l’assemblage de telle matière dans des conditions contrôlées (comme dans les expériences sur la criticité).
Les principes et éléments clés utilisés dans l’élaboration du présent document et les directives connexes sont conformes aux normes nationales et internationales.
Aucune information contenue dans ce document ne doit être interprétée comme libérant le titulaire de permis de ses obligations. Il incombe au titulaire de permis de déterminer et de se conformer à tous les règlements et conditions de permis applicables.
S’il existe des écarts entre le présent document d’application de la réglementation et le document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire, l’information contenue dans le présent document RD-327, Sûreté en matière de criticité nucléaire, a préséance.
2.3.1.1 Quantités d’exemption de matières fissiles
2.3.1.2 Petite quantité de matières fissiles
2.3.1.3 Quantité importante de matières fissiles
2.3.1.4 Lien entre le programme de sûreté en matière de criticité nucléaire et la catégorisation
2.3.3.2 Disponibilité et fiabilité
2.3.3.3 Contrôle de la géométrie
2.3.3.4 Limite de sous-criticité
2.3.4.1 Établissement du biais
2.3.4.2 Incertitudes liées au biais
3.3.2.1 Évaluation des systèmes d’alarme de criticité
5.0 Sûreté dans la mesure in situ de la multiplication des neutrons sous-critiques
6.0 Sûreté en matière de criticité nucléaire dans le stockage des matières fissiles
10.0 Contrôle de la criticité nucléaire des nucléides d’actinides spéciaux
12.0 Pratiques administratives en matière de sûreté liée à la criticité nucléaire
12.3.1 Responsabilités des gestionnaires
12.3.2 Responsabilités des superviseurs
12.3.3 Responsabilités du personnel associé à la sûreté en matière de criticité nucléaire
12.4 Procédures d’exploitation
12.7 Intervention prévue en cas d’accident de criticité nucléaire
12.8 Contenu du programme de sûreté en matière de criticité nucléaire
13.0 Formation relative à la sûreté en matière de criticité nucléaire
14.0 Utilisation d’absorbeurs de neutrons fixes dans des installations nucléaires hors réacteurs
15.0 Sûreté en matière de criticité nucléaire en limitant et en contrôlant des
modérateurs
16.0 Planification et intervention d’urgence en cas d’accident de criticité nucléaire
Annexe A : Conditions normales et anormales crédibles
Annexe B : Établissement de la limite supérieure de sous-criticité
Ce document d’application de la réglementation décrit les exigences permettant d’éviter que surviennent des accidents de criticité lors de la manutention, du stockage, du traitement et du transport des matières fissiles et la gestion à long terme des déchets nucléaires.
Le document précise les contraintes physiques et les limites relatives aux matières fissiles que les titulaires de permis doivent prendre en considération afin d’assurer la sûreté en matière de criticité nucléaire durant la construction, l’exploitation, le déclassement ou l’abandon de l’installation autorisée. Le présent document établit aussi les exigences relatives aux alarmes et au blindage afin de minimiser les doses en cas d’accident lié à la criticité.
Le présent document d’application de la réglementation décrit les exigences de la CCSN concernant la sûreté en matière de criticité nucléaire. Le document d'orientation connexe, GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1], explique comment respecter ces exigences.
Le présent document s’applique aux installations disposant de matière fissile à l’extérieur de réacteurs nucléaires, sauf pour l’assemblage de telle matière dans des conditions contrôlées (comme dans les expériences sur la criticité).
S’il existe des écarts entre le présent document d’application de la réglementation et le document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire, l’information contenue dans le présent document RD-327, Sûreté en matière de criticité nucléaire, a préséance.
Les dispositions législatives de la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires (LSRN) et des règlements pris en vertu de celle-ci qui sont applicables au présent document sont les suivants :
La Loi sur les déchets de combustible nucléaire et la Loi sur la responsabilité nucléaire peuvent aussi s’appliquer aux activités comprenant sur des matières fissiles.
Les principes et les éléments clés utilisés dans l’élaboration du présent document d’application de la réglementation sont conformes aux normes nationales et internationales.
Certaines sections du présent document sont tirées des normes énumérées ci-dessous de l’American National Standards Institute (ANSI), avec la permission de l’éditeur, l’American Nuclear Society (ANS). Au besoin, le texte a été adapté dans le but de le rendre applicable aux obligations auxquelles souscrit le Canada envers l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et en conformité aux exigences réglementaires de la CCSN.
Le présent document d’application de la réglementation est conforme aux normes suivantes :
Les activités qui mettent en jeu certaines matières fissiles présentent un risque d’accident de criticité donnant lieu à un rejet de radioactivité pouvant être mortel pour les personnes se trouvant à proximité. Cependant, l’expérience montre que des activités prolongées peuvent être réalisées de manière sûre et rentable lorsque les précautions adéquates sont prises.
Les critères fondamentaux sont présentés et les limites sont spécifiées pour les matières suivantes : 233U, 235U et 239Pu.
La présente section ne comprend pas les détails des contrôles administratifs, la conception des procédés ou de l’équipement, la description des instruments pour le contrôle de procédé, ni les critères détaillés à respecter dans le transport des matières fissiles.
Les activités comportant des matières fissiles doivent respecter les exigences du présent document d’application de la réglementation.
2.3.1.1 Quantités d’exemption de matières fissiles
Une quantité d’exemption de matières fissiles dans une installation autorisée est définie comme un inventaire de matières fissiles, comme suit :
Les installations autorisées qui utilisent des quantités d’exemption de matières fissiles sont exemptées des exigences du présent document d’application de la réglementation.
2.3.1.2 Petite quantité de matières fissiles
Une petite quantité de matières fissiles dans une installation autorisée est définie comme un inventaire de matières fissiles, qui :
Le présent document d’application de la réglementation est partiellement applicable, tel que précisé à la section 2.3.1.4, aux installations qui utilisent de petites quantités de matières fissiles.
2.3.1.3 Quantité importante de matières fissiles
Une quantité importante de matières fissiles dans une installation autorisée est définie comme un inventaire de matières fissiles qui dépasse les limites précisées à la section 2.3.1.2.
Le présent guide d’application de la réglementation s’applique aux installations autorisées utilisant des quantités importantes de matières fissiles.
Il est à noter qu’une installation autorisée détenant une grande quantité de matières fissiles peut être assujettie à la Loi sur la responsabilité nucléaire.
2.3.1.4 Lien entre le programme de sûreté en matière de criticité nucléaire et la catégorisation
Un programme de sûreté en matière de criticité nucléaire doit être élaboré et tenu à jour dans l’installation autorisée afin de satisfaire aux exigences de la CCSN en matière de criticité nucléaire et d’appuyer son exploitation sécuritaire. L’étendue du programme dépend de la catégorie des activités comportant des matières fissiles :
La direction doit établir clairement les responsabilités en matière de sûreté liée à la criticité nucléaire. Les superviseurs devraient être autant responsables de la sûreté en matière de criticité nucléaire qu’ils le sont de la production, du développement, de la recherche ou d’autres fonctions. Chaque employé, peu importe son poste, doit être conscient du fait que la sûreté en matière de criticité nucléaire dans son domaine de travail est ultimement sa responsabilité. Cela peut se traduire par de la formation et du perfectionnement périodique de tout le personnel d’exploitation et de soutient.
La direction doit embaucher du personnel ayant des habiletés dans l’interprétation des données pertinentes pour la sûreté en matière de criticité nucléaire et qui est familier avec les opérations, afin conseiller les superviseurs. Ces spécialistes devraient être, dans la mesure du possible, indépendants des superviseurs de procédé sur le plan administratif.
La direction doit établir les critères qui doivent être respectés en matière de sûreté liée à la criticité nucléaire. On doit faire une distinction entre les installations blindées et non blindées et les critères peuvent être moins rigoureux s’il y a en place des dispositifs de blindage ou de confinement assurant la protection du personnel.
Avant de débuter une nouvelle activité comportant des matières fissiles, ou avant de modifier une activité existante, on doit déterminer que le processus entier sera sous-critique à la fois dans des conditions normales et des conditions anormales crédibles dont la fréquence est égale ou supérieure à 10-6 par an [6, 7]. Des exemples de ces conditions sont donnés à l’annexe A.
Les activités pour lesquelles la sûreté en matière de criticité nucléaire est pertinente doivent être régies par des procédures écrites.
Toutes les personnes qui participent à ces activités doivent comprendre et être familières avec les procédures.
Les procédures doivent spécifier tous les paramètres qu’elles ont pour but de contrôler. Elles doivent être telles qu’aucune dérogation unique faite par inadvertance par rapport à une procédure ne puisse causer d’accident de criticité.
Le déplacement des matières fissiles doit être contrôlé. On aura recours à un étiquetage approprié des matières, à des panneaux et à la pose d’affiches dans la zone pour préciser de quelle matière il s’agit et toutes les limites des paramètres assujettis au contrôle.
2.3.2.5 Contrôle de l’équipement
Avant d’utiliser un processus ou une chaîne de traitement nouveau ou modifié, on doit s’assurer que tout l’équipement est conforme en ce qui a trait aux dimensions et aux matériaux, et aux hypothèses posées pour assurer la sous-criticité [8].
2.3.2.6 Programme de gestion de la qualité
Un programme de gestion de la qualité (GQ) qui respecte les exigences applicables des normes ANSI/ASME NQA-1-2008, Quality Assurance Requirements for Nuclear Facility Applications [12], et N286-05 de la CSA, Exigences relatives au système de gestion des centrales nucléaires [13], ou l’équivalent, doit être élaboré pour mettre en œuvre les activités spécifiées dans le présent document d’application de la réglementation.
Des registres doivent être tenus dans le cadre du programme de GQ pour démontrer que l’installation autorisée et l’équipement qu’elle contient ont été construits conformément aux normes de conception. Le titulaire de permis doit définir une procédure officielle de modifications de la conception dans le cadre de son programme de GQ, de manière à ce que toutes les modifications apportées à l’installation autorisée ou à ses procédés ou procédures durant toutes les étapes du cycle de vie de cette dernière soient enregistrées avec exactitude et que leur impact soit évalué sur le plan de la sûreté en matière de criticité nucléaire [2]. Ces mesures de GQ devraient constituer une partie intégrante de l’ensemble du programme de GQ.
Les écarts par rapport aux procédures et les changements imprévus dans les conditions qui ont une incidence sur la sûreté en matière de criticité nucléaire doivent être signalés à la direction et faire rapidement l’objet d’une enquête. Lorsqu’elle est disponible, l’information sur les incidents et les événements dans d’autres installations du même type doit également être examinés et les leçons tirées de ces événements doivent être considérées. On doit examiner les améliorations possibles à apporter aux pratiques de sûreté en matière de criticité ou à l’équipement et des mesures doivent être prises afin d’éviter que la situation se produise à nouveau [2, 8].
Les activités doivent être examinées fréquemment (au moins une fois par année) afin de s’assurer que les procédures sont suivies et que les conditions de procédé n’ont pas été modifiées d’une façon qui pourrait avoir une incidence sur l’évaluation applicable de la sûreté en matière de criticité nucléaire (ESCN). Ces examens doivent être réalisés en consultation avec le personnel d’exploitation, par des personnes qui connaissent bien la sûreté en matière de criticité nucléaire et qui, dans la mesure du possible, ne sont pas directement responsables de l’opération.
Des procédures d’urgence doivent être préparées et approuvées par la direction. Les organisations sur le site et hors site qui pourraient avoir à intervenir en cas d’urgence doivent être mises au courant des conditions auxquelles elles pourraient faire face et on doit leur fournir de l’aide dans la préparation de procédures adéquates relatives à leur intervention.
Tous les paramètres contrôlés ainsi que leurs limites doivent être spécifiés. L’influence des variations sur le keff du système doit être comprise dans ces paramètres.
2.3.3.2 Disponibilité et fiabilité
Le titulaire de permis doit s’assurer que les niveaux nécessaires de disponibilité et de fiabilité sont maintenus pour les contrôles de sûreté en matière de criticité nucléaire, tels qu’ils sont établis par l’analyse de procédé pour les conditions normales et anormales crédibles.
Les principes suivants doivent être intégrés correctement afin d’assurer la disponibilité et la fiabilité requises des contrôles techniques de sûreté en matière de criticité nucléaire [2].
Principe de la contingence double
La conception de procédé doit intégrer suffisamment de facteurs de sûreté pour nécessiter au moins deux modifications improbables, indépendantes et simultanées dans les conditions de procédé avant qu’un accident de criticité puisse se produire.
Testabilité
Tous les contrôles de sûreté en matière de criticité nucléaire doivent être conçus et arrangés de sorte que :
S’il s’avère peu pratique d’assurer la testabilité adéquate d’un composant, l’analyse de sûreté devrait tenir compte de la possibilité qu’il y ait des défaillances non détectées de ce genre d’équipement [2].
2.3.3.3 Contrôle de la géométrie
Lorsque cela est possible, la fiabilité devrait reposer sur la conception d’équipements dont les dimensions sont limitées, plutôt que sur des contrôles administratifs. On peut tirer parti de n’importe quelle caractéristique nucléaire du matériel et de l’équipement de procédé. Toutes les dimensions et propriétés nucléaires sur lesquelles repose la fiabilité doivent être vérifiées avant de débuter les opérations, et un contrôle doit être exercé pour les maintenir.
2.3.3.4 Limite de sous-criticité
Lorsque les données applicables sont disponibles, des limites de sous-criticité doivent être établies en se fondant sur des expériences, et en appliquant une tolérance adéquate pour tenir compte des incertitudes dans les données. En l’absence de mesures expérimentales directement applicables, les limites peuvent être dérivées de calculs réalisés grâce à une méthode démontrée valide en la comparant à des données expérimentales, conformément à la section 2.3.4.
2.3.3.5 Réflecteurs de neutrons
Si les conditions le permettent, la réflexion des neutrons doit être envisagée comme paramètre de contrôle de la criticité. Le réflecteur de neutrons le plus efficace et fréquent que l’on rencontre fréquemment dans la manutention et le traitement des matières fissionnables est une épaisseur d’eau suffisante pour assurer la réactivité nucléaire maximale. Cependant, il faut examiner avec soin les systèmes comportant des épaisseurs importantes d’autres matériaux structuraux courants (p. ex. le bois, le béton ou l'acier), qui pourraient être des réflecteurs de neutrons plus efficaces que l’eau. Dans certains cas, la quantité de neutrons réfléchis par le personnel peut être importante [8] (les constituants du corps humain peuvent avoir une grande capacité de modération [se reporter au document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1], annexe F]).
2.3.3.6 Interaction des neutrons
On doit tenir compte de l’interaction des neutrons entre les unités lorsqu’au moins deux unités contenant des matières fissionnables sont présentes. Il est possible de réduire l’interaction des neutrons à des proportions acceptables, soit en les espaçant, en insérant des modérateurs ou des absorbeurs de neutrons entre les unités, ou en combinant ces méthodes [8].
Des méthodes de calcul convenables pour déterminer l’état de sous-criticité d’un système doivent être sélectionnées et justifiées conformément à une norme d’assurance de la qualité pertinente. Les méthodes varient considérablement quant à leur fondement et leur forme, et chacune trouve une application dans la vaste gamme des situations qui se présentent en ce qui a trait à la sûreté en matière de criticité nucléaire. Cependant, la procédure générale à suivre dans l’établissement de la validité est commune à toutes. Pour un exemple de validation d’une méthode de calcul, se reporter au document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1], annexe C.
2.3.4.1 Établissement du biais
Le biais doit être établi en corrélant les résultats d’expériences critiques et d’expériences exponentielles avec les résultats obtenus pour ces mêmes systèmes grâce à la méthode de calcul validée.
Dans les cas où aucune donnée expérimentale n’est disponible, l’établissement du biais pour une méthode de calcul est impossible et les exigences de la présente sous-section ne peuvent être respectées. La validation d’une méthode de calcul en comparant les résultats avec ceux d’une autre méthode de calcul, par exemple, est inacceptable.
2.3.4.2 Incertitudes liées au biais
Les incertitudes liées au biais doivent contenir des tolérances liées aux incertitudes dans les conditions expérimentales, des tolérances pour le manque d’exactitude et de précision dans la méthode de calcul et des tolérances pour l’élargissement du domaine (ou des domaines) d’applicabilité. Après avoir établi les tolérances pour l’exactitude et la précision de la méthode et pour le biais et les incertitudes, une marge relativement au keff ou à un autre paramètre de corrélation doit être appliquée. Celle-ci doit être suffisamment grande pour s’assurer que les conditions (calculées par la méthode et considérées sous-critiques par la valeur de cette marge) seront réellement sous-critiques. Comme le biais et ses incertitudes, cette marge peut varier en fonction de la composition et d’autres variables.
2.3.4.3 Dépendance face aux programmes informatiques
Si la méthode de calcul utilise un programme informatique, des vérifications doivent être faites pour confirmer que les opérations mathématiques sont exécutées tel que prévu. Tout changement dans le programme informatique doit être suivi d’une nouvelle confirmation précisant que les opérations mathématiques sont réalisées comme prévu.
Un rapport de validation écrit doit être préparé. Ce rapport doit :
Si les limites à un paramètre ou à plusieurs paramètres s’appliquant aux quantités de 233U, de 235U et de plutonium indiquées aux sections 2.4 et 2.5 du document GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1] sont utilisées, une marge administrative adéquate s’appliquera à la sous-criticité pour assurer la conformité avec la section 2.3.2.2.
Les activités touchant certaines matières fissiles présentent un risque d’accident de criticité donnant lieu à un rejet de radioactivité pouvant être létal pour les personnes se trouvant à proximité. Cependant, l’expérience montre que des activités prolongées peuvent être réalisées de manière sûre et rentable lorsque les précautions adéquates sont prises.
Les exigences y sont formulées pour l’établissement de la validité et des domaines d’applicabilité de n’importe quelle méthode de calcul utilisée pour évaluer la sûreté en matière de criticité nucléaire.
Le but d’un système d’alarme est de réduire le risque pour le personnel. L’évaluation du risque global doit tenir compte du fait que les dangers peuvent résulter de fausses alarmes et de l’interruption soudaine subséquente des activités, et du déplacement du personnel.
Sous réserve de l’évaluation du risque global ci-dessus, un système d’alarme de criticité respectant les exigences du présent document doit être installé dans les lieux où :
Lorsque des systèmes d’alarme sont installés, des procédures d’urgence doivent être mises en place et maintenues à jour. Des renseignements sur la préparation des plans d’urgence sont fournies à la section 16.
3.3.2.1 Évaluation des systèmes d’alarme de criticité
Compte tenu des exigences du point 1 de la liste de la section 3.3.1, on doit évaluer la nécessité de disposer de systèmes d’alarme de criticité :
Cette évaluation doit être réalisée pour toutes les activités au cours desquelles l’inventaire de matières fissiles dans des zones individuelles non liées dépasse les limites de masse sous-critique mentionnées précédemment.
Pour cette évaluation, les zones individuelles peuvent être considérées non liées lorsque les frontières entre les zones sont telles qu’il ne peut pas y avoir de transfert de matières entre elles [9], que la séparation minimale entre les matières dans des zones adjacentes est de 10 cm et que la densité surfacique de la matière fissile pour chaque zone individuelle est en moyenne inférieure à 50 g/m2. Cette prescription s’applique seulement aux isotopes 233U, 235U et 239Pu.
3.3.2.2 Installation de systèmes d’alarme de criticité
Un système d’alarme de criticité respectant les exigences de la présente section doit être installé dans les zones où le personnel risque de recevoir une dose de rayonnement excessive. À cette fin, le rendement de fission maximal intégré sur toute la durée de l’accident peut être présumé ne pas dépasser 2,0 x 1019 fissions. Le fondement pour un rendement de fission maximal différent doit être documenté.
Si un accident de criticité de magnitude moindre que l’accident préoccupant le moins grave indiqué à la section 3.4.3 est en cause, alors d’autres méthodes de détection (p. ex. un dosimètre sonore individuel) devraient être considérées. On ne considère pas ces autres méthodes de détection comme des systèmes d’alarme de criticité et elles ne sont donc pas visées par la section 3 du présent document.
3.3.2.3 Détection des accidents de criticité
Dans les zones où un système d’alarme de criticité est requis, un dispositif pour détecter les accidents de criticité et les signaler doit être en place de manière à ce que des mesures de protection soient rapidement appliquées.
Les signaux d’alarme de criticité doivent être utilisés pour assurer une évacuation rapide ou d’autres mesures de protection. Les signaux d’alarme de criticité doivent être uniformes dans l’ensemble du système. Ces signaux doivent être différents des autres signaux ou alarmes qui nécessitent une réponse différente de la réponse nécessaire en cas d’accident de criticité.
Le générateur de signaux doit être déclenché automatiquement et rapidement lors de la détection d’un accident de criticité.
Après le déclenchement, les générateurs de signaux doivent continuer à fonctionner au besoin, tel qu’indiqué par les procédures d’urgence, même si le rayonnement diminue en deçà du point d’alarme, et suffisamment longtemps pour que les personnes puissent atteindre les points de rassemblement après évacuation et appliquer les procédures de comptabilisation du personnel. Des systèmes de réinitialisation manuels, à accès limité, doivent être en place à l’extérieur des zones nécessitant une évacuation [9].
On peut prévoir un moyen de déclenchement manuel de l’alarme de criticité.
Dans toutes les zones occupées où une mesure de protection du personnel est requise en cas de détection d’accident de criticité, le nombre et l’emplacement des générateurs de signaux d’alarme de criticité doivent être tels que les signaux permettent d’aviser rapidement le personnel de ces zones.
Les fausses alarmes doivent être évitées autant que possible. On peut éviter cette situation en utilisant des détecteurs à canal unique fiables ou en se servant du signal de deux détecteurs ou plus pour initier l’alarme.
Dans les systèmes redondants, la défaillance d’un canal unique ne doit pas empêcher la conformité aux critères de détection spécifiés à la section 3.4.3.
Lorsqu’on utilise des instruments portatifs pour se conformer à la section 3 du présent document, l’utilisation doit être évaluée pour déterminer si les critères appropriés sont respectés. Les critères relatifs à l’utilisation des instruments portatifs doivent être spécifiés dans les procédures.
Les zones de procédé dans lesquelles des activités se poursuivront pendant les pannes d’électricité doivent être dotées d’alimentation de secours pour ce qui est des systèmes d’alarme, ou encore ces activités doivent être surveillées de manière continue à l’aide d’instruments portatifs.
La sensibilité adéquate du système d’alarme en cas d’accidents considérés comme étant les moins graves est examinée à la section 3.4.4.
Les détecteurs soumis à un rayonnement intense dépassant 1000 Gy/h doivent pouvoir déclencher une alarme. On peut démontrer la conformité à cette disposition par un essai de détecteur échantillonné ou en suivant les essais précisés par le fabricant pour des échantillons de production [9].
Le système doit être conçu de manière à faire preuve d'une fiabilité élevée et doit utiliser des composants qui ne nécessitent pas d’entretien fréquent (comme de la lubrification ou un nettoyage).
Le système doit être conçu pour produire un signal d’alarme de criticité dans la demi-seconde (0,5 seconde) suivant la détection d’un accident de criticité par le détecteur.
Les systèmes d’alarme de criticité doivent être conçus de manière à répondre immédiatement à l’« accident préoccupant le moins grave ». Dans les cas où on ne dispose que du blindage nominal, on devrait utiliser la définition de l’« accident préoccupant le moins grave » trouvée dans le glossaire en fin de document. Toute référence à une autre définition devra être documentée.
Les systèmes d’alarme de criticité doivent être conçus de manière à ce que le déclenchement de l’alarme se produise lors de l’état transitoire le plus court. On peut supposer que la durée minimale de l’émission de rayonnement lors d’un état transitoire est d'une milliseconde (1 ms).
Le seuil de déclenchement de l’alarme doit être réglé à un niveau suffisamment bas pour détecter l’accident préoccupant le moins grave. Le seuil de déclenchement de l’alarme devrait être également suffisamment élevé pour réduire au minimum le risque de déclenchement de l’alarme par des causes autres que la criticité.
L’espacement entre les détecteurs doit être conforme au seuil de déclenchement d’alarme choisi et aux critères de détection.
Des essais initiaux, des inspections et des vérifications du système doivent permettre de s’assurer que la fabrication et l’installation ont été réalisées conformément au plan et aux spécifications de conception.
À la suite de modifications ou de réparations, ou encore d’événements remettant en question le rendement du système, il doit y avoir des essais et des inspections pertinents pour démontrer que le système fonctionne correctement.
La réponse du système au rayonnement doit être mesurée périodiquement pour confirmer le rendement continu de l’instrument. L’intervalle entre les essais doit être déterminé d’après l’expérience. En l’absence d’expérience, les essais devraient être effectués au moins une fois par mois.
Des registres des essais doivent être conservés. La conception du système peut intégrer des caractéristiques d’autovérification afin d’automatiser des parties de ces essais.
Le système d’alarme complet doit être testé périodiquement. Chaque générateur de signaux doit être testé au moins une fois par année. Des observations sur le terrain doivent établir si les signaux d’alarme de criticité fonctionnent bien dans toutes les zones où le personnel pourrait recevoir une dose de rayonnement excessive. Tout le personnel des zones concernées doit être avisé avant les essais des signaux d’alarme de criticité.
Lorsque des essais révèlent un rendement inadéquat, des mesures correctives doivent être prises le plus rapidement possible. Si l’on utilise des instruments portatifs, il faut respecter les critères de la section 3.3.4.
Les procédures d’essai du système doivent permettre de réduire au minimum le taux de fausses alarmes et de déclenchement intempestif des mesures d’urgence. Les procédures doivent exiger que les systèmes soient ramenés à un fonctionnement normal immédiatement après les essais.
La norme CEI 860, Équipement de signalisation des accidents de criticité [11], contient des renseignements utiles concernant les caractéristiques électriques et les procédures d’essai de l’équipement d’alarme. Cette norme peut être utilisée comme guide dans ce domaine.
Des registres des essais et des mesures correctives pour chaque système doivent être conservés.
Le titulaire de permis doit élaborer et mettre en œuvre des critères relatifs à la mise hors d’usage du système d’alarme de criticité nucléaire.
Si le système est retiré du service en raison d’un problème imprévu, le titulaire de permis doit en informer immédiatement la CCSN en précisant la cause du retrait et sa durée prévue.
Des instructions à l'intention des employés concernant la réponse aux signaux d’alarme de criticité doivent être affichées à des endroits stratégiques dans les zones visées par l’alarme.
Le rôle des anneaux de Raschig dans les applications de sûreté en matière de criticité est d’assurer la sous-criticité dans des conditions normales et anormales crédibles pendant la durée de vie d’une colonne. Les exigences générales pour l’utilisation des anneaux de Raschig à des fins de contrôle de la criticité sont :
Pour plus de renseignements et pour des directives concernant l’utilisation des anneaux de Raschig en verre borosilicate comme d’absorbeurs de neutrons pour le contrôle de la criticité dans des colonnes garnies contenant des solutions de 235U, 239Pu ou 233U, il faut se reporter à la section 4 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
La protection du personnel durant les expériences in situ dépend de la nature de l’accident de criticité à éviter. On doit suivre les critères de sûreté et les bonnes pratiques pour réaliser de telles expériences.
Pour plus de renseignements et pour des directives relatives à la sûreté, en vue de la réalisation de mesures de la multiplication des neutrons dans des conditions sous-critiques lorsque le personnel n’a pas de protection physique contre les conséquences d’un accident de criticité, il faut se reporter à la section 5 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
Toutes les activités touchant des matières fissiles, y compris le stockage, doivent être réalisées conformément à la section 2. Si les limites précisées à la section 6 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1] sont utilisées, on doit appliquer une marge administrative de sous-criticité pour assurer la conformité avec la section 2.3.2.2.
Pour plus de renseignements et pour des directives relatives aux critères de stockage généraux basés sur des calculs validés, il faut se reporter à la section 6 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1]. Ainsi, le GD-327 présente certaines pratiques techniques et administratives appropriées au stockage des matières fissiles.
Dans le cas où il existe un blindage contre le rayonnement et un confinement des matières radioactives qui sont adéquats, les dangers normalement associés à la criticité dans une installation autorisée où il n’existe pas de blindage ni de confinement sont réduits au minimum.
La présente section s’applique aux activités comportant du 235U, 233U, 239Pu et d’autres matières fissiles et fissionnables à l’extérieur des réacteurs nucléaires, et où le blindage et le confinement sont présents pour assurer la protection du personnel et du public, à l’exception des assemblages de ces matières dans des conditions contrôlées, comme les expériences de criticité. Des critères de contrôle de la criticité dans ces conditions doivent être fournis pour :
La présente section ne s’applique pas aux activités exigeant l’accès du personnel à l’intérieur des zones de procédé blindées où des matières fissiles et fissiles se trouvent. Cette section n’inclut pas non plus de spécifications techniques pour la conception du blindage ou pour établir s’il est adéquat. La présente section ne doit pas être interprétée comme décourageant l’utilisation de caractéristiques de sûreté additionnelles qu'il peut être pratique d’intégrer.
La présente section n’inclut pas de procédures administratives détaillées pour le contrôle (qui est considéré comme étant une prérogative de la direction) ou de renseignements détaillés concernant la conception des procédés et de l’équipement ou des descriptions d’instruments destinés au contrôle de procédé.
Pour plus de renseignements et pour des directives relatives à la sûreté, il faut se reporter à la section 7 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
La présente section s’applique aux activités comportant des oxydes mixtes d’uranium et de plutonium hors réacteurs, à l’exception de l’assemblage de ces matières dans des conditions contrôlées, comme dans le cas d'expériences de criticité.
Les activités visées par la présente section doivent être réalisées conformément à la section 2. Si les limites pour les mélanges d’uranium et de plutonium précisées à la section 8 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1] sont utilisées, on doit appliquer une marge administrative de sous-criticité pour assurer la conformité avec la section 2.3.2.2. Une attention spéciale doit être accordée aux conditions anormales crédibles, comme celles figurant à l’annexe A.
Les pratiques administratives et techniques en matière de sûreté et de contrôle de la criticité indiquées à la section 12 sont applicables ici.
Pour des directives additionnelles, il faut se reporter à la section 8 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
L’utilisation d’absorbeurs de neutrons solubles dans le but d’éviter les accidents de criticité doit être effectuée conformément à la section 2.
Pour des directives additionnelles applicables à l’utilisation d’absorbeurs de neutrons solubles à des fins de contrôle de la criticité, le choix d’un absorbeur de neutrons, la conception et la modification des systèmes, les évaluations de la sûreté et les programmes d’assurance de la qualité, il faut se reporter à la section 9 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
La présente section s’applique aux activités comportant les éléments suivants : 23793Np, 23894Pu, 24094Pu, 24194Pu, 24294Pu, 24195Am, 242m95Am, 24395Am, 24396Cm, 24496Cm, 24596Cm, 24796Cm, 24998Cf et 25198Cf.
Les activités décrites dans la présente section doivent être réalisées conformément à la section 2. Si les limites précisées à la section 10 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1] sont utilisées, on doit appliquer une marge administrative de sous-criticité pour assurer la conformité avec la section 2.3.2.2. On doit accorder une attention particulière aux conditions anormales crédibles, comme celle figurant à l’annexe A.
Les pratiques administratives et techniques relatives à la sûreté-criticité et au contrôle, telles que décrites à la section 12 sont applicables ici.
Pour des directives additionnelles, il faut se reporter à la section 10 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
La manutention, le transport, le stockage et gestion des déchets à long terme du combustible des réacteurs nucléaires présentent un risque pour la santé et la sécurité du personnel participant à ces activités, ainsi que pour le public en général. Dans les limites de l’installation autorisée, la conception appropriée de l’équipement et des installations, les procédures de manutention et la formation du personnel peuvent réduire ces risques au minimum.
Les opérations décrites dans la présente section doivent être réalisées conformément à la section 2.
Pour obtenir des renseignements sur le transport des matières fissiles à l’extérieur des limites de l’installation autorisée, il faut se reporter au Règlement sur l’emballage et le transport des substances nucléaires, au Règlement de transport des matières radioactives de l’AIEA (TS-R-1) [14], au document connexe Advisory Material for the IAEA Regulations for the Safe Transport of Radioactive Material (TS-G-1.1)[15], et au document d'application de la réglementation RD-364 Guide d’approbation des colis de transport du Type B(U) et des colis transportant des matières fissiles Canada—États-Unis [16].
Pour des directives additionnelles applicables à la manutention, au transport, au stockage et à la gestion des déchets à long terme du combustible des réacteurs à n’importe quelle étape du cycle du combustible, à l’extérieur du cœur du réacteur et à l’intérieur des limites de l’installation autorisée, il faut se reporter à la section 11 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
Bien que l’ampleur et la complexité des activités liées à la sûreté peuvent varier considérablement selon l’importance et le type d’activité avec des matières fissionnables, certains éléments de sûreté sont communs. La présente section représente une codification de ces éléments de sûreté en matière de criticité.
La présente section contient des critères relatifs à l’administration d’un programme de sûreté en matière de criticité nucléaire pour les activités hors réacteurs au cours desquelles il existe un risque d’accident de criticité.
Les responsabilités des gestionnaires, des superviseurs et du personnel associé à la sûreté en matière de criticité nucléaire y sont traitées. Les objectifs et les caractéristiques des procédures d’exploitation et des procédures d’urgence sont inclus.
Les exigences générales en matière de sûreté liée à la criticité nucléaire sont données à la section 2.
La Direction doit :
La Direction peut avoir recours à des conseillers ou spécialistes et à des comités de sûreté en matière de criticité nucléaire pour atteindre les objectifs du programme.
Chaque superviseur doit :
Le personnel associé à la sûreté en matière de criticité nucléaire (personnel de SCN) doit :
Le but des procédures d’exploitation écrites est de faciliter et de documenter la conduite sécuritaire et efficace des activités. Les procédures devraient être organisées de manière pratique pour les opérateurs et doivent être facilement accessibles. Elles ne devraient pas contenir de matériel inapproprié. Les procédures écrites applicables devraient être affichées ou disponibles dans les zones d’exploitation [8].
Les procédures doivent comprendre des contrôles et des limites importantes sur le plan de la sûreté en matière de criticité nucléaire. Les procédures devraient faire en sorte qu’une seule dérogation survenue par inadvertance ne puisse causer un accident de criticité.
Il convient de faciliter l’amélioration et la révision des procédures, lorsque des améliorations s’avèrent souhaitables.
Les procédures d’exploitation doivent être examinées périodiquement par les superviseurs.
Les procédures nouvelles ou révisées qui ont une incidence sur la sûreté en matière de criticité nucléaire doivent être examinées par le personnel de SCN et par les superviseurs, et elles doivent être approuvées par la Direction [10].
Toute dérogation aux procédures d’exploitation et les changements non prévus aux conditions de procédé ayant une incidence sur la sûreté en matière de criticité nucléaire doivent être signalés à la Direction, faire l’objet d’une enquête dans les plus brefs délais et être corrigés selon les besoins, et documentés. Des mesures doivent être prises afin d’éviter que la situation ne se produise à nouveau.
Les activités doivent être révisées fréquemment (au moins une fois par année) afin de déterminer si les procédures sont suivies et si les conditions de procédé n’ont pas été modifiées de manière à avoir une incidence sur l’évaluation de la sûreté en matière de criticité nucléaire (ESCN). Ces examens doivent être effectués en consultation avec le personnel d’exploitation, par des personnes qui s’y connaissent en sûreté liée à la criticité et qui, dans la mesure du possible, ne sont pas directement responsables de l’activité.
Avant de débuter une nouvelle activité comportant des matières fissionnables, ou avant de modifier une activité existante, il convient de déterminer et de documenter le processus dans son ensemble afin de déterminer s’il est sous-critique à la fois dans des conditions normales et anormales crédibles.
L’ESCN doit permettre de déterminer et d’identifier explicitement les paramètres contrôlés et leurs limites connexes sur lesquelles repose la sûreté en matière de criticité nucléaire. L’effet des changements dans ces paramètres, ou dans les conditions auxquelles ils s’appliquent, doit être compris.
L’ESCN doit être documentée de façon suffisamment détaillée, claire et sans ambiguïté, afin de permettre un jugement indépendant des résultats.
Avant de débuter l’activité, on doit procéder à une évaluation indépendante confirmant que l’ESCN est adéquate.
Le déplacement des matières fissionnables doit être contrôlé tel qu’indiqué dans les procédures. Le transport des matières fissionnables dans le domaine public doit se conformer à la réglementation nationale et internationale [10,14,15,16].
L’étiquetage approprié des matières et la pose d’affiches doivent être maintenus, et doivent spécifier la nature des matières et toutes les limites relatives aux paramètres qui sont assujettis au contrôle procédural de la criticité.
Lorsqu’on se fie aux absorbeurs de neutrons qui sont intégrés dans les matériaux ou l’équipement de procédé pour le contrôle de la criticité, il faut appliquer un contrôle procédural afin de maintenir leur présence continue dans les distributions et les concentrations prévues.
L’accès aux zones où des matières fissionnables sont manipulées, traitées ou entreposées doit être contrôlé.
Le contrôle de l’espacement, de la masse, de la masse volumique et de la géométrie des matières fissionnables doit être effectué afin d’assurer la sous-criticité dans des conditions normales et anormales crédibles-cette exigence ne s’applique pas aux activités comportant une petite quantité de matière fissionnable.
Des systèmes d’alarme d’accident de criticité nucléaire sont présentées à la section 3. La planification et l’intervention en cas d’urgence sont traitées à la section 16.
Des procédures d’urgence doivent être préparées et doivent être approuvées par la Direction. Les organisations sur le site et à l’extérieur du site, dont on s’attend qu’elles devraient fournir de l’aide en cas d’urgence, doivent être informées des conditions potentielles. On devrait les aider à préparer des procédures d’intervention en cas d’urgence adéquates.
Les procédures d’urgence doivent clairement identifier des itinéraires d’évacuation. L’évacuation devrait utiliser les itinéraires les plus rapides et les plus directs possibles. Ces itinéraires doivent être clairement identifiés et devraient éviter les zones reconnues comme étant plus à risque.
Des stations de rassemblement, à l’extérieur des zones à évacuer, doivent être désignées. Des moyens de comptabiliser le personnel doivent être établis.
Le personnel qui se trouve dans la zone à évacuer doit avoir reçu une formation sur les méthodes d’évacuation et être informé des itinéraires d’évacuation et de l’emplacement des stations de rassemblement. On doit prévoir l’évacuation du personnel passager. Des exercices doivent être effectués au moins une fois par année afin que le personnel demeure familier avec les procédures d’urgence. Les exercices doivent être annoncés à l’avance.
On doit prendre des dispositions à l’avance pour les soins et le traitement des blessés et des personnes exposées. Le risque de contamination du personnel par des matières radioactives doit être envisagé.
La planification doit comprendre un programme relatif à l’identification immédiate des personnes exposées ainsi que la dosimétrie du personnel. Des directives relatives à la dosimétrie figurent dans la publication N13.3-1969 de l’ANSI, intitulée Dosimetry for Criticality Accidents [17].
Des instruments et des procédures doivent être fournis pour déterminer l’intensité du rayonnement dans la zone de rassemblement et dans la zone évacuée suite à l’accident de criticité. Les informations devraient être corrélées dans un point de contrôle central.
Les procédures d’urgence doivent comporter des procédures de réintégration et identifier la composition des équipes d’intervention.
Les procédures d’urgence doivent prévoir la mise à l’arrêt de la ventilation, afin d’éviter le rejet de produits de fission à l’extérieur de la zone visée. On devrait tenir compte du fait que la ventilation ne fonctionne pas, afin de ne pas ajouter d’autres risques pour la sécurité.
Le programme de sûreté en matière de criticité nucléaire doit :
Pour un exemple de programme de sûreté en matière de criticité nucléaire, il faut se reporter à l’annexe G du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
Les employés qui manipulent des matières fissiles hors réacteurs et comportant un risque d’accident de criticité doivent suivre une formation appropriée à cet égard.
Pour des directives additionnelles sur la formation concernant la sûreté en matière de criticité nucléaire, il faut se reporter à la section 13 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
Le but des absorbeurs de neutrons fixes dans les applications de contrôle de la criticité est d’assurer la sous-criticité pour des conditions normales et anormales crédibles pendant la durée de vie de l’installation ou de l’équipement. Aux fins du présent document, les absorbeurs de neutrons fixes sont des matériaux :
L’utilisation d’absorbeurs de neutrons fixes pour le contrôle de la sûreté en matière de criticité doit se faire conformément à la section 2. La vérification des absorbeurs et de leur efficacité pour capturer des neutrons doit être effectuée avant l’utilisation des matériaux. Après l’installation, il doit y avoir une vérification, afin de s’assurer que le système d’absorbeurs de neutrons est en place tel que prévu.
Pour des directives additionnelles détaillées sur l’utilisation des absorbeurs de neutrons fixes dans la conception, la construction et l’exploitation des installations nucléaires hors réacteurs, il faut se reporter à la section 14 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
Pour de nombreuses activités, la sûreté en matière de criticité est atteinte en limitant certains paramètres comme la géométrie, la masse, l’enrichissement et l’espacement entre les matières fissionnables. La quantité de matières fissionnables pouvant être manipulées, stockées ou traitées de manière sécuritaire à un moment donné peut également dépendre de la gamme possible de modération des neutrons. La modération optimale, par définition, donne lieu à la masse critique de matières fissionnables la plus faible, les autres conditions demeurant inchangées.
Les activités visées par la présente section doivent être réalisées conformément à la section 2. Les critères et pratiques de sûreté pour l’atteinte de la sûreté en matière de criticité en limitant et en contrôlant des modérateurs, allant de la modération nulle à la modération optimale pour les matières fissionnables doivent être documentés et suivis.
Pour des directives additionnelles, il faut se reporter à la section 15 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
Les programmes de sûreté en matière de criticité nucléaire dans les installations qui utilisent des matières fissionnables ont pour l'objectif ultime l’évitement des accidents de criticité nucléaires. Cependant, la possibilité que de tels événements surviennent existe et leurs conséquences peuvent mettre la vie en danger. Cette possibilité nécessite la mise en place de pratiques de planification des mesures d’urgence prévues et la vérification de l’état de préparation.
Des procédures de planification des mesures d’urgence et des procédures d’intervention doivent être tenues à jour pour toute installation où un système d’alarme d’accident de criticité est utilisé, tel que spécifié à la section 3. Les dispositions de la présente section peuvent être considérées dans la planification des mesures d’urgence en vigueur dans les centrales nucléaires et dans les réacteurs de recherche. La présente section ne s’applique pas aux accidents survenant à l’extérieur du site, ou à la planification des mesures d’urgence et de l’intervention à l’extérieur du site.
Pour des directives additionnelles visant à réduire au minimum les risques pour le personnel durant l’intervention en cas d’urgence lors d’un accident de criticité nucléaire hors réacteurs, il faut se reporter à la section 16 du document d'orientation GD-327, Directives de sûreté en matière de criticité nucléaire [1].
Pour déterminer si un procédé sera sous-critique dans des conditions normales et des conditions anormales crédibles, il faut l’étudier de manière attentive. Les accidents de criticité qui se sont produits chez des exploitants industriels dépendaient surtout de l’incapacité à anticiper les conditions qui pourraient se produire; aucun accident n’a été causé par des calculs erronés du keff.
Les contrôles techniques de sûreté en matière de criticité nucléaire devraient être conçus de manière à résister aux effets des charges extrêmes et des conditions environnementales (p. ex. températures extrêmes, humidité, pression ou rayonnement) associés aux conditions initiales suivantes et à d’autres conditions ayant un effet direct sur la sûreté en matière de criticité nucléaire [2] :
Voici des exemples courants de variation des conditions de procédé qui devraient être examinés :
Lorsque les méthodes de calcul servant à l’analyse sont appliquées à la prévision des facteurs de multiplication des neutrons à des fins d’évaluation de la sûreté, le facteur de multiplication calculé, kp, pour cette application, en plus des incertitudes s’y rapportant, |∆kp|, ne doit pas dépasser une valeur admissible établie; soit la limite supérieure de sous-criticité (LSSC) pour le facteur de multiplication des neutrons pour toutes les conditions normales et anormales crédibles, qui se calcule comme suit :
kp + |∆kp| ≤ LSSC
Dans ces calculs, LSSC est le résultat du processus de validation et peut s’exprimer comme suit :
LSSC = kc - |∆kc| - |∆km|
où :
kc |
= |
valeur moyenne du keff, qui résulte du calcul des expériences de référence pour la criticité en utilisant une méthode de calcul particulière. Si les facteurs de multiplication calculés par les expériences de criticité laissent entrevoir une tendance particulière pour un paramètre, alors kc doit être déterminé en fonction de l’ajustement optimal avec les valeurs calculées. Les expériences de référence pour le calcul de kc doivent avoir des compositions matérielles (matières fissiles, absorbeurs de neutrons et modérateurs), des compositions géométriques, des spectres d’énergie des neutrons et des caractéristiques nucléaires (y compris les réflecteurs) semblables à celles du système évalué. La différence entre la valeur du keff mesurée expérimentalement et kc est définie comme le biais. Ce biais est sensé être une fonction de la composition et d’autres variables, et doit être pris en compte dans les tendances. |
∆kc |
= |
une marge pour le biais de kc et les incertitudes liées au biais, qui comprennent des tolérances pour :
|
∆km |
= |
une marge administrative minimale de 50 mk pour assurer la sous-criticité de LSSC. |
kp |
= |
le facteur de multiplication calculé, keff, du système évalué pour des conditions normales et anormales crédibles. |
∆kp |
= |
une tolérance pour :
|
Les différentes incertitudes peuvent être combinées statistiquement si elles sont indépendantes (un exemple figure dans le document [18]). Les incertitudes corrélées doivent être combinées par addition.
Les méthodes ne permettant pas d’obtenir directement keff, mais dont la validité a été établie conformément à la section 2, peuvent être utilisées pour assurer la sous-criticité.
Des données d’expérience appropriées ou des données dérivées des expériences, avec une tolérance adéquate pour assurer la sous-criticité, peuvent être utilisées directement.
Les mesures in situ réalisées conformément à la section 5 peuvent être utilisées pour confirmer la sous-criticité.
Exemple
Pour toutes les conditions normales et anormales crédibles, il faut démontrer que la condition suivante est satisfaite :
kp + 2σ ≤ LSSC
où kp est le facteur de multiplication calculé, σ est son incertitude statistique ou de convergence et LSSC est la limite supérieure de sous-criticité établie.
AIEA |
Agence internationale de l’énergie atomique |
ANS |
American Nuclear Society |
ANSI |
American National Standards Institute |
ASME |
American Society of Mechanical Engineers |
CSA |
Association canadienne de normalisation |
CSC |
Contrôle de sûreté en matière de criticité nucléaire |
ESCN |
Évaluation de sûreté en matière de criticité nucléaire |
GQ |
Gestion de la qualité |
LSSC |
Limite supérieure de sous-criticité |
Personnel de SCN |
Personnel de sûreté en matière de criticité nucléaire |
SCN |
Sûreté en matière de criticité nucléaire |