Ce document d’orientation de la réglementation fournit des directives touchant l’approche recommandée pour respecter les exigences liées à la description de l’emplacement et à la conception des salles en vertu des alinéas 3(1)d) et 3(1)l) du Règlement sur les substances nucléaires et les appareils à rayonnement et pour faire des analyses de la conception du blindage, comme élément du maintien des doses au niveau le plus bas qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre (ALARA), conformément à l’alinéa 4a) du Règlement sur la radioprotection.
Ce document d’orientation de la réglementation fournit des recommandations portant sur la conception de salles de médecine nucléaire ou de laboratoires de substances nucléaires où des substances nucléaires non scellées doivent être employées et une approche pour présenter la conception proposée à la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).
Il contient des directives sur les travaux de finition et sur les accessoires, la plomberie, l’entreposage, la sécurité, la ventilation, le blindage et l’estimation des doses pour les laboratoires de substances nucléaires de niveau élémentaire, intermédiaire, supérieur et de confinement et les salles de médecine nucléaire.
Les grands principes et les grands éléments utilisés pour élaborer ce guide respectent les normes nationales et internationales. La liste complète se trouve dans la section Documents connexes, dont voici des exemples : Manuel de biosécurité en laboratoire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de la norme CSA Z316.5-04—Fume Hoods and Associated Exhaust Systems en provenance de l’Association canadienne de normalisation (CSA).
Aucun élément contenu dans ce document ne doit être interprété par le titulaire de permis comme une autorisation de déroger aux exigences pertinentes. Le titulaire de permis a la responsabilité d'identifier la législation, les conditions de permis, les lignes directrices ou les normes applicables et d'y adhérer.
3.2.1.2 Estimation des doses pour les demandes de tomographie par émission de positrons (TEP)
3.2.1.3 Estimation des doses reçues par les patients hospitalisés traités à l’iode 131
Table A : Renseignements généraux
Table B : Finition et accessoires (pour les aires d’utilisation et de stockage)
Ce document d’orientation de la réglementation fournit des directives touchant l’approche recommandée pour respecter les exigences concernant la description de l’emplacement et la conception des salles en vertu des alinéas 3(1)d) et 3(1)l) du Règlement sur les substances nucléaires et les appareils à rayonnement et pour faire des analyses de conception du blindage, comme élément du maintien des doses au niveau le plus bas qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre (ALARA), conformément à l’alinéa 4a) du Règlement sur la radioprotection.
Ce document d’orientation de la réglementation formule des recommandations portant sur la conception des salles de médecine nucléaire ou des laboratoires de substances nucléaires où des substances nucléaires non scellées doivent être utilisées. Ce guide contient également une approche pour présenter la conception proposée à la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).
Il contient des directives sur les travaux de finition et sur les accessoires, la plomberie, l’entreposage, la sécurité, la ventilation, le blindage et l’estimation des doses pour les laboratoires de substances nucléaires de niveau élémentaire, intermédiaire, supérieur et de confinement et les salles de médecine nucléaire.
Les dispositions de la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires (LSRN) et des règlements connexes à la LSRN qui s’appliquent à ce document de réglementation sont les suivantes :
Dans le cadre du processus d’obtention d’un permis de substances nucléaires non scellées, les demandeurs doivent présenter une demande de permis remplie en conformité avec l’article 3 du Règlement général sur la sûreté et la réglementation nucléaires, l’article 3 du Règlement sur les substances nucléaires et les appareils à rayonnement, et l’article 4 du Règlement sur la radioprotection. Dans le cadre de la demande de permis, les demandeurs doivent présenter la conception proposée de la pièce où les substances nucléaires non scellées seront utilisées.
Le formulaire d’évaluation de la conception (FEC) figurant à l’annexe C de ce document aide les demandeurs de permis à présenter la conception proposée de leur salle de médecine nucléaire ou de leur laboratoire de substances nucléaires. Pour chaque nouvelle construction ou pour les rénovations importantes, un FEC doit être rempli (comme la démolition de murs, les changements apportés au blindage existant ou l’installation de nouvelles hottes; pour obtenir de plus amples d’information, contactez un spécialiste des permis de la CCSN) et joint à la nouvelle demande ou à une demande de modification. Une bonne conception de laboratoire facilite l’exécution des politiques et des procédures de sécurité.
Le FEC rempli doit être présenté à la CCSN dès que possible au cours de la phase de conception pour faciliter le traitement de la demande de permis ou la modification du permis existant. Si plusieurs pièces doivent être construites ou rénovées et si leur conception et leurs fonctions sont similaires, il suffit de remplir un seul FEC. Lorsqu’il faut rénover ou construire plus d’un laboratoire ou plus d’une salle de manipulation de sources non scellées, et que la désignation ou l’utilisation de chacun ou chacune est différente, un FEC distinct doit être présenté pour chaque laboratoire ou salle. Le personnel de la CCSN peut demander des renseignements supplémentaires lorsque l’évaluation initiale de la conception ou des rénovations est terminée.
Le FEC contient sept (7) parties :
Les directives présentées sur le FEC sont considérées comme de bonnes caractéristiques de conception qui contribuent à optimiser la radioprotection et à maintenir les doses au niveau le plus bas que l’on peut raisonnablement atteindre (ALARA). Les plans pour la conception, la construction ou la rénovation de tous les laboratoires de substances nucléaires et des salles de médecine nucléaire doivent englober les directives s’appliquant au travail qui doit être exécuté.
Toutes les dérogations proposées aux directives doivent être accompagnées de renseignements additionnels afin de démontrer, à la satisfaction du personnel de la CCSN, que les directives ne sont pas applicables en raison de la nature des activités proposées ou que d’autres mesures seront mises en application pour fournir un degré équivalent de sûreté.
La Partie A du FEC demande des renseignements généraux, notamment la classification de la salle où les substances nucléaires seront utilisées. Les salles où des substances nucléaires non scellées sont utilisées dans les secteurs industriels et les secteurs de recherche médicale et académique sont classées par la CCSN comme des laboratoires de niveau élémentaire, intermédiaire, supérieur ou de confinement ou comme salles de médecine nucléaire, suivant la quantité de substances nucléaires manipulées dans la salle et la nature du travail accompli.
Tous les lieux, toutes les pièces et toutes les enceintes où plus d’une quantité d’exemption1 d’une substance nucléaire non scellée est utilisée à un moment donné sont classés par la CCSN conformément au Tableau A ci-dessous. Si le lieu, la pièce ou l’enceinte n’est utilisé que pour stocker des substances nucléaires non scellées ou exclusivement pour utiliser ou stocker des substances nucléaires scellées ou des appareils à rayonnement, la classification du Tableau A ne s’applique pas.
Conformément aux conditions de permis, les départements et les cliniques de médecine nucléaire doivent désigner comme salle de « médecine nucléaire » toutes les salles qui seront utilisées pour préparer les substances nucléaires à administrer à une personne ou pour administrer une substance nucléaire à une personne.
Par rapport aux départements ou cliniques de médecine nucléaire vétérinaire, la CCSN classe la pièce ou l’enceinte comme élémentaire, intermédiaire, supérieur, ou confinement conformément au Tableau A ci-dessous :
| Classification des salles | Description |
|---|---|
| Laboratoire de niveau élémentaire | La quantité de substances nucléaires non scellées utilisée en même temps ne dépasse pas 5 fois sa limite annuelle d’incorporation (LAI) correspondante. |
| Laboratoire de niveau intermédiaire | La quantité de substances nucléaires non scellées utilisée en même temps ne dépasse pas 50 fois sa LAI correspondante. |
| Laboratoire de niveau supérieur | La quantité de substances nucléaires non scellées utilisée en même temps ne dépasse pas 500 fois sa LAI correspondante. |
| Laboratoire de niveau de confinement | La quantité de substances nucléaires non scellées utilisée en même temps dépasse 500 fois sa LAI correspondante. |
| Médecine nucléaire2 | Les substances nucléaires sont préparées pour ou administrées à une personne. |
Veuillez noter que la valeur LAI appropriée est celle qui représente le mieux les risques associés à la substance nucléaire. Si on ne peut déterminer si le plus grand risque est associé à l’inhalation ou à l’ingestion de la substance, la valeur la plus restrictive doit être utilisée. Pour consulter une liste des limites annuelles d’incorporation (LAI), consultez l’annexe A.
En ce qui concerne les demandes de permis initiales, toute l’information pertinente doit être soumise. Le FEC est fourni afin de faciliter le processus de soumission des renseignements pertinents. Une fois le permis délivré, les laboratoires futurs de niveau élémentaires n’ont pas besoin de soumettre les renseignements demandés dans le FEC. Pour toutes les autres classifications de salle, les futures salles additionnelles ou les rénovations nécessitent la soumission de tous les renseignements pertinents, et il est recommandé d’inclure un FEC complet.
1 Pour obtenir une définition des quantités d’exemption, consultez l’article 1 du Règlement sur les substances nucléaires et les appareils à rayonnement. Pour avoir une liste des quantités d’exemption, consulter l’annexe 1, colonne 3 du règlement.
2 Dans le cadre du présent guide, l’expression « salle de médecine nucléaire » renvoi strictement à une salle servant à la préparation de substances nucléaires ou à leur administration, à des fins médicales, à des personnes par injection, inhalation ou ingestion dans le but de poser un diagnostic ou de traiter des maladies et à des fins de recherche sur les êtres humains (cela exclut l’utilisation de rayons X pour le diagnostic médical ou l’utilisation à des fins médicales de substances nucléaires scellées pour les traitements de curiethérapie ou de téléthérapie).
Conformément au sous-alinéa 4a)(iii) du Règlement sur la radioprotection, le concept de l’optimisation de la radioprotection (c’est-à-dire, ALARA) doit être gardé à l’esprit lors de la conception d’installations où des substances nucléaires seront utilisées. En médecine nucléaire, cela est particulièrement important parce que la source, lorsqu’elle est administrée à une personne, ne reste pas à un endroit particulier. Au moment de la planification et de la conception, l’impact des décisions de la conception sur les doses que les personnes pourraient recevoir (sans tenir compte du patient) devrait être un facteur prédominant.
Les évaluations des demandes concernant les salles de médecine nucléaire, les laboratoires de niveau supérieur ou de niveau de confinement ou les pièces ou les encientes associées avec la médecine nucléaire vétérinaire doivent comprendra une analyse de l’estimation des doses pour les personnes (excluant le patient) dans les secteurs où les substances nucléaires non scellées seront utilisées. Le but de cette section est de fournir des directives sur la façon de déterminer et de démontrer que les estimations de la dose de rayonnement sont acceptables avant de mener toute activité autorisée.
Le document de la CCSN G-129, rév. 1 : Maintenir les expositions et les doses au « Niveau le plus bas qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre (ALARA) », offre des conseils sur la façon de maintenir les doses plus bas niveau qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre.
L’estimation des doses ne donne qu’une représentation raisonnable des expositions potentielles si les paramètres sont d’abord analysés avec soin pour s’assurer qu’ils caractérisent correctement la conception et l’utilisation de l’installation. Le demandeur ou le titulaire de permis doit tenir compte des paramètres ci-dessous lors du calcul des doses associées à ses activités prévues :
3.2.1.1 Estimation des doses pour la médecine nucléaire diagnostique conventionnelle—Méthode en cinq étapes
Les cinq étapes ci-dessous de calcul de l’estimation des doses ne constituent qu’une méthode suggérée; elles n’empêchent pas le demandeur d’utiliser d’autres approches. Chacune de ces cinq étapes est décrite plus en détail à l’Annexe B en utilisant un exemple pour illustrer la méthode globale.
Étape 1) Obtenir les dessins d’architecture ou faire des schémas précis, à l’échelle avec des dimensions de l’installation et de ses alentours.
Les dessins doivent montrer les emplacements où des quantités importantes de substances nucléaires se trouveront et les emplacements occupés par des personnes, autres que le patient, qui pourraient être exposées à un rayonnement à la suite de procédures de médecine nucléaire.
Étape 2) Obtenir les dessins d’architecture ou faire des schémas précis, à l’échelle avec des dimensions de l’installation et de ses alentours.
Les principaux emplacements comprennent les pièces où des substances nucléaires seront administrées au patient et les principaux emplacements qui seront occupés par les patients après adminstration, comme les salles d’injection, les aires d’attentes désignées, les salles de caméra gamma et les salles où se trouvent les tapis roulants. Pour chaque emplacement et pour chaque type de procédure exécutée :
Étape 3) Identifier le but, le type d’occupation et le facteur d’occupation des aires situées à l’intérieur, ou à proximité immédiate, du service de médecine nucléaire qui seront occupées pendant que les substances nucléaires sont utilisées.
Pour chacun des secteurs où des personnes (autres que le patient) pourraient recevoir une dose de rayonnement à la suite des activités de médecine nucléaire, déterminez ce qui suit :
Lors de l’évaluation du facteur T, l’un des points importants consiste à déterminer si oui ou non une personne peut se trouver à l’emplacement présentant de l’intérêt pendant qu’il y a un champ de rayonnement à cet endroit.
Étape 4) Estimation des débits de dose de rayonnement produits à chaque emplacement qui peut être occupé.
Deux méthodes sont fondamentalement utilisées pour évaluer les débits de dose de rayonnement auxquels une personne (autre que le patient) sera exposée à la suite des actes typiques de médecine nucléaire.
La première méthode consiste à prendre directement des mesures du débit de dose dans les secteurs environnants à l’aide de radiamètres suffisamment sensibles et bien étalonnés ou d’une autre méthode équivalente. Le type, le modèle, la gamme d’énergie et la réponse d’énergie de l’appareil de mesure du débit de dose qui sera utilisé doivent être fournis. Cette méthode est en général commode lorsque vient le temps d’évaluer un service existant ou lorsque vient le temps de faire une analyse comparée pour la conception d’une nouvelle pièce ou d’un service dont l’aménagement et la conception sont très voisins d’un emplacement existant. C’est particulièrement utile lorsqu’un demandeur veut analyser l’impact des changements proposés, comme l’augmentation d’une charge de travail ou d’apporter des changements à l’aménagement d’une installation.
La deuxième méthode est une approche mathématique qui repose, par exemple, sur les propriétés physiques connues des substances nucléaires utilisées, les distances par rapport à chaque aire occupée, les propriétés de blindage et l’épaisseur des matériaux de construction. Cette méthode est en général utile lors de la conception d’une nouvelle pièce ou d’un nouveau service. Cette technique est décrite en détail dans l’exemple présenté à l’Annexe B de ce guide.
Étape 5) Extrapolation des débits de dose mesurés ou calculés à chaque emplacement en fonction des doses annuelles reçues par les personnes qui peuvent occuper chaque secteur en se basant sur la charge de travail prévue de l’installation et du facteur d’occupation.
Les patients occupent typiquement plusieurs emplacements différents au cours d’une procédure de médecine nucléaire, ce qui peut faire augmenter la dose reçue par une personne qui occupe un seul endroit (par exemple, la dose provenant des patients qui se trouvent dans la salle d’injection, dans les salles de caméra et les aires d’attente après l’injection peuvent contribuer à la dose reçue par la réceptionniste). Les personnes exposées peuvent occuper plusieurs secteurs différents au cours d’une journée donnée, ce qui peut contribuer de façon appréciable à la dose de rayonnement totale reçue. Les méthodes de calcul des doses annuelles en provenance des débits de dose mesurés ou calculés sont également décrites en détail à l’Annexe B de ce guide.
3.2.1.2 Estimation des doses pour les demandes de tomographie par émission de positrons (TEP)
L’approche de base pour la conception du blindage pour la tomographie par émission de positrons (TEP) est similaire à l’approche utilisée pour faire le diagnostic conventionnel de médecine nucléaire et décrite à la rubrique 3.2.1.1, Estimation des doses pour la médecine nucléaire diagnostique conventionnelle—Méthode en cinq étapes. La principale différence tient essentiellement dans les détails; par exemple, l’épaisseur du blindage requis, en raison de la production de l’énergie plus grande de 511 keV des gammas d’annihilation.
Dans ces cas, l’utilisation de plomb ne sera peut-être pas pratique en raison du poids du plomb et des facteurs touchant la charpente. Le béton, qu’il soit sous forme de dalles coulées ou de blocs de béton pleins, est en général une solution plus viable pour résoudre les problèmes de blindage de TEP. Le choix des matériaux de blindage est laissé au titulaire du permis.
Le périodique Medical Physics (33, 1; janvier 2006) fournit des renseignements techniques utiles et des directives sur le blindage et l’estimation des doses notamment en ce qui concerne la TEP [1].
3.2.1.3 Estimation des doses reçues par les patients hospitalisés traités à l’iode 131
Il n’y a que très peu de différence entre les estimations des doses de médecine nucléaire pour le diagnostic conventionnel et les estimations des doses relatives au traitement par médecine nucléaire des patients hospitalisés, comme le traitement du cancer de la glande thyroïde à l’iode 131. Mais le patient est typiquement isolé dans une pièce de traitement dédiée de l’un des services.
L’approche de base s’appliquant au calcul du blindage des pièces de thérapie des patients hospitalisés traités à l’iode 131 ressemble à celle s’appliquant au diagnostic conventionnel de médecine nucléaire décrit à la rubrique 3.2.1.1, Estimation des doses pour la médecine nucléaire diagnostique conventionnelle—Méthode en cinq étapes. La principale différence tient au fait que l’une des conditions du permis veut que la conception limite le débit de dose dans les aires occupées autour de la chambre du patient à 2,5 µSv/h ou que les autres patients ne reçoivent pas une dose dépassant 500 µSv par séjour à l’hôpital.
3.2.2 Estimation des doses pour les laboratoires de niveau supérieur et de confinement
Pour les laboratoires de niveau supérieur et de confinement, il faut également tenir compte des doses au moment de la planification. Dans ce cas, le blindage localisé est utilisé typiquement pour s’assurer que le débit de dose dans les environs est acceptable. Il faut tenir compte des principales sources de rayonnement et des matériaux de blindage et les débits des doses qui en découlent doivent être fournis (d’après les mesures ou les calculs). Il faut tenir compte du nombre d’occupants des aires adjacentes ou à proximité et déterminer les doses annuelles qui en découlent. Le but des contrôles en matière de procédures et de pratiques de travail doit être analysé et expliqué.
S’il faut avoir des estimations des doses, le personnel de la CCSN pourrait exiger des renseignements supplémentaires au moment de la présentation de la demande.
3.2.3 Estimation des doses pour les laboratoires de substance nucléaires en médecine nucléaire vétérinaire
Il n’y a que très peu de différence entre les estimations des doses de médecine nucléaire pour le diagnostic conventionnel et pour la médecine nucléaire vétérinaire. L’approche de base s’appliquant au calcul du blindage des laboratoires en médecine nucléaire vétérinaire est la même que celle s’appliquant au diagnostic conventionnel de médecine nucléaire décrit à la rubrique 3.2.1.1, Estimation des doses pour la médecine nucléaire diagnostique conventionnelle—Méthode en cinq étapes.
| Substances nucléaires | FCD (Sv/Bq) Inhalation |
LAI (Bq) Inhalation |
FCD (Sv/Bq) Ingestion |
LAI (Bq) Ingestion |
|---|---|---|---|---|
| Actinium 227 (227Ac) | 6,3 x 10-4 | 3,2 × 101 | 1,1 × 10-6 | 1,8 × 104 |
| Aluminium 26 (26Al) | 1,4 × 10-8 | 1,4 × 106 | 3,5 × 10-9 | 6,0 × 106 |
| Américium 241 (241Am) | 2,7 × 10-5 | 7,4 × 102 | 2,0 × 10-7 | 1,0 × 105 |
| Antimoine 124 (124Sb) | 4,7 × 10-9 | 4,3 × 106 | 2,5 × 10-9 | 8,0 × 106 |
| Arsenic 74 (74As) | 1,8 × 10-9 | 1,1 × 107 | 1,3 × 10-9 | 1,5 × 107 |
| Baryum 133 (133Ba) | 1,8 × 10-9 | 1,1 × 107 | 1,0 × 10-9 | 2,0 × 107 |
| Baryum 140 (140Ba) | 1,6 × 10-9 | 1,3 × 107 | 2,5 × 10-9 | 8,0 × 106 |
| Béryllium 7 (7Be) | 4,6 × 10-11 | 4,3 × 108 | 2,8 × 10-11 | 7,1 × 108 |
| Béryllium 10 (10Be) | 1,9 × 10-9 | 1,1 × 106 | 1,1 × 10-9 | 1,8 × 107 |
| Bismuth 207 (207Bi) | 3,2 × 10-9 | 6,3 × 106 | 1,3 × 10-9 | 1,5 × 107 |
| Bismuth 210 (210Bi) | 6,0 × 10-8 | 3,3 × 105 | 1,3 × 10-9 | 1,5 × 107 |
| Bromine 82 (82Br) | 8,8 × 10-10 | 2,3 × 107 | 5,4 × 10-10 | 3,7 × 107 |
| Cadmium 109 (109Cd) | 9,6 × 10-9 | 2,1 × 106 | 2,0 × 10-9 | 1,0 × 107 |
| Calcium 45 (45Ca) | 2,3 × 10-9 | 8,7 × 106 | 7,6 × 10-10 | 2,6 × 107 |
| Californium 252 (252Cf) | 1,3 × 10-5 | 1,5 × 103 | 9,0 × 10-8 | 2,2 × 105 |
| Carbone 11 (11C) | 2,2 × 10-12 | 9,1 × 109 | 2,4 × 10-11 | 8,3 × 108 |
| Carbone 14 * (14C) | 2,0 × 10-11 | 1,0 × 109 | 5,8 × 10-10 | 3,4 × 107 |
| Cérium 141 (141Ce) | 3,1 × 10-8 | 6,5 × 106 | 7,1 × 10-10 | 2,8 × 107 |
| Cérium 144 (144Ce) | 2,9 × 10-8 | 6,9 × 105 | 5,2 × 10-9 | 3,8 × 106 |
| Césium 134 (134Cs) | 9,6 × 10-9 | 2,1 × 106 | 1,9 × 10-8 | 1,1 × 106 |
| Césium 137 (137Cs) | 6,7 × 10-9 | 3,0 × 106 | 1,3 × 10-8 | 1,5 × 106 |
| Chlore 36 (36Cl) | 5,1 × 10-9 | 3,9 × 106 | 9,3 × 10-10 | 2,2 × 107 |
| Chrome 51 (51Cr) | 3,6 × 10-11 | 5,6 × 108 | 3,8 × 10-11 | 5,3 × 108 |
| Cobalt 57 (57Co) | 6,0 × 10-10 | 3,3 × 107 | 2,1 × 10-10 | 9,5 × 107 |
| Cobalt 58 (58Co) | 1,7 × 10-9 | 1,2 × 107 | 7,4 × 10-10 | 2,7 × 107 |
| Cobalt 60 (60Co) | 1,7 × 10-8 | 1,2 × 106 | 3,4 × 10-9 | 5,9 × 106 |
| Cuivre 64 (64Cu) | 1,5 × 10-10 | 1,3 × 108 | 1,2 × 10-10 | 1,7 × 108 |
| Cuivre 67 (67Cu) | 5,8 × 10-10 | 3,4 × 107 | 3,4 × 10-10 | 5,9 × 107 |
| Curium 244 (244Cm) | 1,7 × 10-5 | 1,2 × 103 | 1,2 × 10-7 | 1,7 × 105 |
| Fluor 18 (18F) | 9,3 × 10-11 | 2,2 × 108 | 4,9 × 10-11 | 4,1 × 108 |
| Gadolinium 153 (153Gd) | 2,5 × 10-9 | 8,0 × 106 | 2,7 × 10-10 | 7,4 × 107 |
| Gallium 67 (67Ga) | 2,8 × 10-10 | 7,1 × 107 | 1,9 × 10-10 | 1,1 × 108 |
| Gallium 68 (68Ga) | 8,1 × 10-11 | 2,5 × 108 | 1,0 × 10-10 | 2,0 × 108 |
| Germanium 68 (68Ge) | 7,9 × 10-9 | 2,5 × 106 | 1,3 × 10-9 | 1,5 × 107 |
| Or 198 (198Au) | 1,1 × 10-9 | 1,8 × 107 | 1,0 × 10-9 | 2,0 × 107 |
| Hydrogène 3 (HT) (3H) | 2,0 × 10-15 | 1,0 × 1013 | --- | --- |
| Hydrogène 3 (HTO) ** (3H) | 2,0 × 10-11 | 1,0 × 109 | 2,0 × 10-11 | 1,0 × 109 |
| Hydrogène 3 (TLFO) † (3H) | 4,1 × 10-11 | 4,9 × 108 | 4,2 × 10-11 | 4,8 × 108 |
| Indium 111 (111In) | 3,1 × 10-10 | 6,5 × 107 | 2,9 × 10-10 | 6,9 × 107 |
| Indium 113m (113mIn) | 3,2 × 10-11 | 6,3 × 108 | 2,8 × 10-11 | 7,1 × 108 |
| Indium 114m (114mIn) | 1,1 × 10-8 | 1,8 × 106 | 4,1 × 10-9 | 4,9 × 106 |
| Iode 123 (123I) | 2,1 × 10-10 | 9,5 × 107 | 2,1 × 10-10 | 9,5 × 107 |
| Iode 124 (124I) | 1,2 × 10-8 | 1,7 × 106 | 1,3 × 10-8 | 1,5 × 106 |
| Iode 125 (125I) | 1,4 × 10-8 | 1,4 × 106 | 1,5 × 10-8 | 1,3 × 106 |
| Iode 129 (129I) | 9,6 × 10-8 | 2,1 × 105 | 1,1 × 10-7 | 1,8 × 105 |
| Iode 131 (131I) | 2,0 × 10-8 | 1,0 × 106 | 2,2 × 10-8 | 9,1 × 105 |
| Iode 132 (132I) | 3,1 × 10-10 | 6,5 × 107 | 2,9 × 10-10 | 6,9 × 107 |
| Iridium 192 (192Ir) | 4,9 ×10-9 | 4,1 × 106 | 1,4 × 10-9 | 1,4 × 107 |
| Fer 55 (55Fe) | 9,2 × 10-10 | 2,2 × 107 | 3,3 × 10-10 | 6,1 × 107 |
| Fer 59 (59Fe) | 3,2 × 10-9 | 6,3 × 106 | 1,8 × 10-9 | 1,1 × 107 |
| Krypton 85 (gaz) Bq/m3 ‡ (85Kr) | 2,2 × 10-11 | 9,1 × 108 | --- | --- |
| Lanthane 140 (140La) | 1,5 × 10-9 | 1,3 × 107 | 2,0 × 10-9 | 1,0 × 107 |
| Plomb 210 (210Pb) | 1,1 × 10-6 | 1,8 × 104 | 6,8 × 10-7 | 2,9 × 104 |
| Magnésium 28 (28Mg) | 1,7 × 10-9 | 1,2 × 107 | 2,2 × 10-9 | 9,0 × 106 |
| Manganèse 54 (54Mn) | 1,2 × 10-9 | 1,7 × 107 | 7,1 × 10-10 | 2,8 × 107 |
| Manganèse 56 (56Mn) | 2,0 × 10-10 | 1,0 × 108 | 2,5 × 10-10 | 8,0 × 107 |
| Mercure 194 (organique) (194Hg) | 1,9 × 10-8 | 1,1 × 106 | 5,1 × 10-8 | 3,9 × 105 |
| Mercure 197 (organique) (197Hg) | 8,5 × 10-11 | 2,4 × 108 | 1,7 × 10-10 | 1,2 × 108 |
| Mercure 197 (inorganique) (197Hg) | 2,8 × 10-10 | 7,1 × 107 | 2,3 × 10-10 | 8,7 × 107 |
| Mercure 203 (organique) (203Hg) | 7,5 × 10-10 | 2,7 × 107 | 1,9 × 10-9 | 1,1 × 107 |
| Mercure 203 (inorganique) (203Hg) | 1,9 × 10-9 | 1,1 × 107 | 5,4 × 10-10 | 3,7 × 107 |
| Molybdène 99 (99Mo) | 1,1 × 10-9 | 1,8 × 107 | 1,2 × 10-9 | 1,7 × 107 |
| Nickel 63 (63Ni) | 5,2 × 10-10 | 3,8 × 107 | 1,5 × 10-10 | 1,3 × 108 |
| Niobium 95 (95Nb) | 1,3 × 10-9 | 1,5 × 107 | 5,8 × 10-10 | 3,4 × 107 |
| Phosphore 32 (32P) | 2,9 × 10-9 | 6,9 × 106 | 2,4 × 10-9 | 8,3 × 106 |
| Phosphore 33 (33P) | 1,3 × 10-9 | 1,5 × 107 | 2,4 × 10-10 | 8,3 × 107 |
| Plutonium 239 (239Pu) | 3,2 × 10-5 | 6,3 × 102 | 2,5 × 10-7 | 8,0 × 104 |
| Plutonium 240 (240Pu) | 3,2 × 10-5 | 6,3 × 102 | 2,5 × 10-7 | 8,0 × 104 |
| Polonium 209 (209Po) | 2,3 × 10-6 | 8,8 × 103 | 3,0 × 10-7 | 6,6 × 104 |
| Polonium 210 (210Po) | 2,2 × 10-6 | 9,1 × 103 | 2,4 × 10-7 | 8,3 × 104 |
| Potassium 42 (42K) | 2,0 × 10-10 | 1,0 × 108 | 4,3 × 10-10 | 4,7 × 107 |
| Prométhium 147 (147Pm) | 3,5 × 10-9 | 5,7 × 106 | 2,6 × 10-10 | 7,7 × 107 |
| Protactinium 233 (233Pa) | 3,2 × 10-9 | 6,3 × 106 | 8,7 × 10-10 | 2,3 × 107 |
| Radium 223 (223Ra) | 5,7 × 10-6 | 3,5 × 103 | 1,0 × 10-7 | 2,0 × 105 |
| Radium 226 (226Ra) | 2,2 × 10-6 | 9,1 × 103 | 2,8 × 10-7 | 7,1 × 104 |
| Rhénium 186 (186Re) | 1,2 × 10-9 | 1,7 × 107 | 1,5 × 10-9 | 1,3 × 107 |
| Rhénium 188 (188Re) | 7,4 × 10-10 | 2,7 × 107 | 1,4 × 10-9 | 1,4 × 107 |
| Rubidium 86 (86Rb) | 1,3 × 10-9 | 1,5 × 107 | 2,8 × 10-9 | 7,1 × 106 |
| Ruthénium 103 (103Ru) | 2,2 × 10-9 | 9,1 × 106 | 7,3 × 10-10 | 2,7 × 107 |
| Scandium 46 (46Sc) | 4,8 × 10-9 | 4,2 × 106 | 1,5 × 10-9 | 1,3 × 107 |
| Sélénium 75 (75Se) | 1,7 × 10-9 | 1,2 × 107 | 2,6 × 10-9 | 7,7 × 106 |
| Argent 110m (110mAg) | 7,3 × 10-9 | 2,7 × 106 | 2,8 × 10-9 | 7,1 × 106 |
| Silicone 31 (31Si) | 1,1 × 10-10 | 1,8 × 108 | 1,6 × 10-10 | 1,3 × 108 |
| Silicone 32 (32Si) | 5,5 × 10-8 | 3,6 × 105 | 5,6 × 10-10 | 3,5 × 107 |
| Sodium 22 (22Na) | 2,0 × 10-9 | 1,0 × 107 | 3,2 × 10-9 | 6,3 × 106 |
| Sodium 24 (24Na) | 5,3 × 10-10 | 3,8 × 107 | 4,3 × 10-10 | 4,7 × 107 |
| Strontium 85 (85Sr) | 6,4 × 10-10 | 3,1 × 107 | 5,6 × 10-10 | 3,6 × 107 |
| Strontium 89 (89Sr) | 5,6 × 10-9 | 3,6 × 106 | 2,6 × 10-9 | 7,7 × 106 |
| Strontium 90 (90Sr) | 7,7 × 10-8 | 2,6 × 105 | 2,8 × 10-8 | 7,1 × 105 |
| Soufre 35 (inorganique) (35S) | 1,1 × 10-9 | 1,8 × 107 | 1,9 × 10-10 | 1,1 × 108 |
| Soufre 35 (organique v) (35S) | 1,2 × 10-10 | 1,7 × 108 | 7,7 × 10-10 | 2,6 × 107 |
| Technétium 99m (99mTc) | 2,9 × 10-11 | 6,9 × 108 | 2,2 × 10-11 | 9,1 × 108 |
| Technétium 99 (99Tc) | 3,2 × 10-9 | 6,3 × 106 | 7,8 × 10-10 | 2,6 × 107 |
| Thallium 201 (201Tl) | 7,6 × 10-11 | 2,6 × 108 | 9,5 × 10-11 | 2,1 × 108 |
| Thallium 204 (204Tl) | 6,2 × 10-10 | 3,2 × 107 | 1,3 × 10-9 | 1,5 × 107 |
| Thorium 228 (228Th) | 3,2 × 10-5 | 6,3 × 102 | 6,9 × 10-8 | 2,9 × 105 |
| Thorium 229 (229Th) | 6,9 × 10-5 | 2,9 × 102 | 4,8 × 10-7 | 4,2 × 104 |
| Thorium 230 (230Th) | 2,8 × 10-5 | 7,1 × 102 | 2,1 × 10-7 | 9,5 × 104 |
| Étain 113 (113Sn) | 1,9 × 10-9 | 1,1 × 107 | 7,3 × 10-10 | 2,7 × 107 |
| Uranium (naturel) †† | 6,3 × 10-6 | 3,2 × 103 | 9,5 × 10-9 | 2,1 × 106 |
| Uranium (appauvri) †† | 5,9 × 10-6 | 3,4 × 103 | 1,1 × 10-8 | 1,9 × 106 |
| Uranium 232 (232U) †† | 2,6 × 10-5 | 7,7 × 102 | 3,3 × 10-7 | 6,1 × 104 |
| Uranium 233 (233U) †† | 6,9 × 10-6 | 2,9 × 103 | 5,0 × 10-8 | 4,0 × 105 |
| Uranium 235 (235U) †† | 6,1 × 10-6 | 3,3 × 103 | 4,6 × 10-8 | 4,3 × 105 |
| Uranium 236 (236U) †† | 6,3 × 10-6 | 3,2 × 103 | 4,6 × 10-8 | 4,3 × 105 |
| Uranium 238 (238U) †† | 5,7 × 10-6 | 3,5 × 103 | 4,4 × 10-8 | 4,5 × 105 |
| Xénon 133 (gaz) Bq/cm3 ‡ (133Xe) | 1,2 × 10-10 | 6,7 × 105 | --- | --- |
| Xénon 135 (gaz) Bq/cm3 ‡ (135Xe) | 9,6 × 10-10 | 8,3 × 104 | --- | --- |
| Yttrium 87 (87Y) | 5,3 × 10-10 | 3,8 × 107 | 5,5 × 10-10 | 3,6 × 107 |
| Yttrium 90 (90Y) | 1,7 × 10-9 | 1,2 × 107 | 2,7 × 10-9 | 7,4 × 106 |
| Zinc 65 (65Zn) | 2,8 × 10-9 | 7,1 × 106 | 3,9 × 10-9 | 5,1 × 106 |
* Les valeurs du CO2 sont tirées des données de la CIPR, publiées entre 1955 et 1970. Les nouvelles données (1990-2000) et la révision du modèle (2004) recommandent des coefficients plus élevés de la dose. Coefficient révisé 14de la dose de CO2 de Leggett, R.W., Radiation Protection Dosimetry Vol. 208, pp. 203-213 (2004).
** Eau tritiée (HTO); FCD de la CIPR 1,8E-11; la valeur utilisée ici provient de Santé Canada 83-EHD-87 (1983) et RSP-182B (2004).
† Tritium lié à la matière organique (OBT)
‡ L’équivalent de concentration de 20 mSv par année (en supposant 250 jours ouvrables et 8 heures de travail par jour).
†† Type S (lent), composés insolubles
L’exemple suivant montre une méthode (voir la rubrique 3.2.1.1, Estimation des doses pour la médecine nucléaire diagnostique conventionnelle—Méthode en cinq étapes) d’estimation du rayonnement, tirée du domaine de la médecine nucléaire. La même approche peut être utilisée pour évaluer le blindage en se basant sur les doses cibles.
En utilisant la méthode décrite à la rubrique 3.2.1.1, l’approche ci-dessous peut être utilisée afin d’évaluer les doses reçues par les personnes (autres que le patient) dans la salle de médecine nucléaire et autour de celle-ci.
Étape 1) Aménagement de l’installation
Le Figure B1 montre l’aménagement d’un service hypothétique de médecine nucléaire. Les dimensions et les détails du blindage de base sont présentés. Les principaux emplacements où les substances nucléaires et les patients de médecine nucléaire se trouveront pendant des périodes prolongées pendant la journée de travail sont identifiés à l’aide des lettres A à D2.
Étape 2) Estimation de la charge de travail
Pour une installation particulière de médecine nucléaire, plusieurs substances nucléaires différentes émettant un rayonnement gamma utilisées couramment peuvent être identifiées (51Cr, 67Ga, 99mTc, 111In, 123I, 131I et 201Tl). Il est peu vraisemblable que toutes les substances nucléaires seront utilisées ou qu’elles auront une contribution importante à la dose annuelle à un emplacement particulier. Il faut plutôt s’attendre à ce qu’une ou deux substances nucléaires et procédures aient de l’importance.
Exemple :
Supposons que le service de médecine nucléaire illustré à la Figure 1 se spécialise dans trois types de procédures de diagnostic sur des patients externes : épreuve cardiaque, scintigraphie osseuse de diagnostic et analyse d’imprégnation de la glande thyroïde. La charge de travail d’une journée typique et les détails des substances nucléaires et des activités utilisées sont présentés au Tableau B1. Le nombre annuel de procédures exécutées est évalué à partir de la charge de travail quotidienne en supposant une semaine de travail de cinq jours (aucun examen n’est fait en fin de semaine), 50 semaines par année.
Figure B1 : Aménagement hypothétique d’un service de médecine nucléaire
| Acte médical | Substances nucléaires | Nombre de procédures /année | Durée moyenne de la procédure | Activité moyenne par traitement | (Nombre de procédures) × (Durée) × (Activité) |
|---|---|---|---|---|---|
| Épreuve cardiaque | 99mTc | 1200 | 1 ½ h * | 370 MBq (repos)* 1100 MBq (effort)* |
259 000 MBq-h* 1 210 000 MBq-h* |
| Scintigraphie osseuse | 99mTc | 500 | ¾ h | 800 MBq | 300 000 MBq-h |
| Assimilation par la glande thyroïde | 131I | 100 | ½ h | 0,37 MBq | 18,5 MBq-h |
* Suppose 35 minutes pour l’épreuve au repos et 55 minutes pour l’épreuve d’effort (total de 90 minutes ou 1 ½ h)
À partir de colonne finale, on peut supposer que, pour cet exemple, les doses de rayonnement reçues par le personnel ou par le grand public à la suite de l’assimilation par la glande thyroïde est négligeable par rapport à l’analyse cardiaque ou à la scintigraphie osseuse et on peut l’omettre de l’estimation des doses. Mais les détails sur tous les types d’actes médicaux, le nombre total de patients et les activités moyennes devraient être fournis à la CCSN et il faut justifier les détails utilisés dans l’évaluation.
Étape 3) Analyse de l’occupation
Pour commencer, il faut déterminer qui est exposé dans le cadre des activités du service de médecine nucléaire. Pour respecter le Règlement sur la radioprotection, ces personnes peuvent être considérées comme des travailleurs du secteur nucléaire ou des personnes autres que les travailleurs du secteur nucléaire.
D’après la LSRN, un travailleur du secteur nucléaire (TSN) est une personne qui, du fait de sa profession ou de son occupation et des conditions dans lesquelles elle exerce ses activités, si celles-ci sont liées à une substance ou une installation nucléaire, risque vraisemblablement de recevoir une dose de rayonnement supérieure à la limite réglementaire fixée pour la population en général, soit 1 mSv. Par exemple, les technologues de médecine nucléaire sont habituellement considérés comme des travailleurs du secteur nucléaire.
Les personnes ne travaillant pas aux installations nucléaires peuvent être les membres du personnel ou les membres du grand public; à ce titre, ces personnes sont assujetties à une limite annuelle de dose efficace de 1 mSv.
L’évaluation des doses reçues par les personnes en provenance de différentes sources n’est pas une solution pratique; c’est pourquoi l’évaluation doit être simplifiée. Cela peut être fait en évaluant la proximité, la fréquence et la durée de l’exposition des personnes de chaque groupe pour établir les personnes les plus exposées. Seuls les « pires cas » d’exposition de chaque groupe doivent être évalués parce qu’on peut conclure avec un degré de sécurité suffisant que toutes les autres personnes de chaque groupe reçoivent une dose moins élevée.
L’étape finale de l’analyse de l’occupation permet de déterminer ce qui suit :
Pour chaque emplacement à l’intérieur ou aux alentours de l’installation où l’on pourrait prévoir une contribution significative de la dose totale reçue par une personne, la dose reçue par chaque personne représentative devrait être déterminée, en supposant un facteur d’occupation approprié. La présence de travailleurs du secteur nucléaire, de personnel autre que les travailleurs du secteur nucléaire, ou les deux, de cet emplacement devrait être précisée. Si une personne occupe plusieurs emplacements, la dose en provenance de tous les emplacements doit être additionnée (ce scénario doit être considéré lors de l’affectation des facteurs d’occupation).
Si les facteurs d’occupation ne sont pas connus, la NCRP 151 fournit des directives sur les facteurs d’occupation. La NCRP 151 traite également des questions de ventilation, de prise électrique et de conception des appareils pour les installations radioprotégées. [4]
Exemple :
Aux fins de cet exemple, on suppose ce qui suit :
Aux fins de cet exemple, on prend pour acquis que les personnes (autres que les patients) occuperont les endroits suivants : le corridor, le bureau, les salles où se trouvent les caméras, les salles d’examen de la clinique voisine et la réception. Ces emplacements clés couvrent les secteurs d’occupation par les techniciens (travailleurs du secteur nucléaire) et le personnel autre que les travailleurs du secteur nucléaire, y compris le médecin de la clinique voisine. Il faudra également peut-être tenir compte d’autres emplacements; les emplacements utilisés dans cet exemple ne le sont qu’à titre indicatif. L’exemple complet de ce guide n’est présenté que pour la réception/réceptionniste. La même approche serait utilisée pour d’autres emplacements ou d’autres représentants.
Les principaux paramètres requis pour évaluer les doses annuelles totales sont présentés au Tableau B2.
Tableau B2 : Sommaire de l’occupation.
Étape 4) Calcul du débit de dose
L’approche ci-dessous prend pour acquis que la source/patient peut être considérée comme une source ponctuelle. Pour la plupart des distances, la source ponctuelle est une représentation suffisamment précise. En outre, si la distance est supérieure à 1 mètre, on suppose que la géométrie de la source ponctuelle est conservatrice par rapport à d’autres géométries viables, comme une source volumétrique. Le choix de la géométrie de la source est laissé à la discrétion du demandeur, mais la méthode d’estimation doit être clairement indiquée
Le formulaire général ci-dessous peut être utilisé pour calculer le débit de dose pour une source ponctuelle :
| Où : | ||
|---|---|---|
| Rij | Est le débit de dose produit par les substances nucléaires i à l’emplacement j | (μSv h-1) |
| Γi | Est la constante de rayonnement gamma particulière pour les substances nucléaires i | (μSv h-1 MBq-1 m2) |
| Ai | Est l’activité des substances nucléaires i | (MBq) |
| dij | Est la distance entre les substances nucléaires i et l’emplacement j | (m) |
| tm | Est l’épaisseur du blindage m de tout blindage situé entre les substances nucléaires i et l’emplacement j | (mm) |
| TVLmi | Est la « couche d’atténuation au dixième » du matériel m pour les substances nucléaires i (c’est-à-dire l’épaisseur du matériel m qui serait requis pour réduire le débit de dose de rayonnement des photons par les substances nucléaires i à 1/10 de la valeur initiale) | (mm) |
Les constantes particulières de rayonnement gamma sont habituellement définies en se référant au débit de dose produite (comme μSv h-1) à un mètre de la source, par unité d’activité de la source (comme le MBq-1). Lors du calcul du débit de dose, il faut s’assurer de l’uniformité des unités entre Rij, Γi et Ai. Les valeurs du taux d’exposition et du débit de kerma de l’air sont également couramment utilisés et disponibles dans la documentation. Ces valeurs doivent être converties en valeurs du débit de dose.
L’épaisseur des couches d’atténuation au dixième pour les substances nucléaires courantes émettant un rayonnement gamma et les différents matériaux de blindage sont disponibles à partir de différentes sources [5]. Les salles de médecine nucléaire diagnostic sont typiquement blindées à l’aide de feuilles de plomb disponibles sur le marché; les épaisseurs normales variant entre 0,8 mm (1/32 po) et 3,2 mm (1/8 po). Pour les sources polyénergétiques, la « première » épaisseur d’atténuation à faisceau large peut être beaucoup plus petite que les couches d’atténuation ultérieures en raison de l’absorption sélective des photons à faible énergie par des interactions photoélectriques. Cet effet est appelé « durcissement du rayonnement » ou « durcissement du faisceau ». C’est pourquoi il faut apporter une attention spéciale lors de l’évaluation des transmissions à travers des barrières ayant plus d’une couche d’atténuation au dixième pour les substances nucléaires comme 67Ga, 111In, 123I, 131I, ou 201Tl.
Exemple :
Le Tableau B3 résume les paramètres requis pour faire des estimations du débit de dose pour la réceptionniste. Les distances dij ont été mesurées directement à partir de la Figure B1. Les épaisseurs sont basées sur l’hypothèse voulant que tous les murs intérieurs des salles d’épreuve d’effort, les salles de caméra 1 et 2 et de la salle d’attente après l’injection, soient chemisés de plomb sur 1,6 mm (1/16 po) d’épaisseur. On prend pour acquis que tous les autres murs intérieurs seront construits de panneaux de plâtre ordinaire et qu’ils fourniront une atténuation minimale.
La dernière colonne du Tableau B3 présente les listes des débits de dose calculés à la réception pour la scintigraphie osseuse et les épreuves d’effort cardiaque. Un exemple de calcul pour un emplacement de source représentative (D2) et la procédure (imagerie après l’épreuve d’effort) est présenté ci-dessous :
Tableau B3 : Calcul du débit de dose
Équation {1}:



![]()
À des fins de simplicité, aucune correction n’a été apportée en raison de la désintégration (radiologique ou biologique) du 99mTc dans ce calcul.
3 NCRPM 124 [5] ; les valeurs du kerma de l’air ont été converties en dose en utilisant les valeurs NIST [6] pour les coefficients d’absorption d’énergie massique.
4 NCRPM 124 [5] ; les CDA à faisceau large ont été fournies et converties en couches d’atténuation au dixième.
Étape 5) Calcul de la dose annuelle
L’estimation de la dose annuelle totale, peu importe les méthodes utilisées, emplacement de la source, emplacement occupé et personne exposée, est donnée en multipliant ce qui suit : le nombre total de procédures faits par année (N, voir le Tableau B1); le facteur d’occupation pour la personne exposée et l’emplacement occupé (T, voir le Tableau B2); le débit de dose (Rij, voir le Tableau B3); et la durée (Si) où la source ou le patient injecté se trouve à l’emplacement de la source désignée (en heures). La dose annuelle (Dij) est alors :
Équation {2} Dij = N×T×Rij×Si
Exemple :
Le Tableau B4 résume les paramètres requis pour faire une estimation des doses pour l’exemple. La durée estimative totale des actes médicaux est présentée au Tableau B1. Ces valeurs sont réparties en durées approximatives que la source/patient consacre à chaque emplacement clé (Si) du Tableau B4.
| Par exemple, on évalue que l’épreuve d’effort cardiaque nécessite 1½ heure. Ce temps est divisé comme suit : | |
|---|---|
| 2 minutes pour l’injection pour l’épreuve au repos | 0,033 h |
| 20 minutes dans la salle d’attente après l’injection | 0,33 h |
| 15 minutes de scanning dans la salle de caméra | 0,25 h |
| 2 minutes pour l’injection pour l’épreuve d’effort | 0,033 h |
| 20 minutes dans la salle d’attente | 0,33 h |
| 15 minutes dans la salle de tapis roulant | 0,25 h |
| 15 minutes de scanning dans l’une des salles de caméra | 0,25 h |
| Total : | 1,48 h |
Tableau B4 : Calcul de la dose annuelle
La dernière colonne du Tableau B4 présente la liste des doses annuelles calculées pour l’endroit de réception (pour la réceptionniste), tant pour la scintigraphie osseuse que les épreuves cardiaques (à noter que pour la réception, l’exposition en provenance de la salle du tapis roulant (C) peut être laissée de côté tel qu’indiqué aux Tableaux B2 et B3). Un exemple de calcul pour un emplacement représentatif de la source (D2) et une partie de l’épreuve (imagerie après l’épreuve d’effort) est présenté ci-dessous :
En utilisant l’équation {2}, on obtient ce qui suit :
La dose annuelle reçue par la réceptionniste et l’endroit de réception, en supposant une occupation à 100 %, est inférieure à 50 µSv.
Pour mettre un terme à l’évaluation de la dose, les doses annuelles seraient estimées pour d’autres employés et la population, autre que le patient, qui ont accès aux salles de médecine nucléaire de l’installation ou aux milieux environnants. La CCSN peut considérer qu’une évaluation ALARA n’est pas nécessaire lorsque les doses professionnelles individuelles ne risquent pas de dépasser 1 mSv par année, lorsque la dose reçue par le public en général ne risque pas de dépasser 50 µSv par année et lorsque la dose annuelle collective (reçue par les travailleurs et par le public) ne risque pas de dépasser 1 Sv/personne (tel qu’il est recommandé dans le document de la CCSN G-129, rév. 1 : Conservation des doses de rayonnement et les expositions ALARA, tel qu’il est modifié à l’occasion).
Les pages suivantes peuvent être remplies et présentées dans le cadre de la demande de permis. Conservez-en une copie dans vos dossier.
Le formulaire d'évaluation de la conception (FEC) offre des conseils et des recommandations quant aux meilleures pratiques de laboratoire [7,8,9,10]. Des concepts différents offrant un niveau équivalent de sûreté seront envisagés. Dans le cas de concepts différents, veuillez inclure une justification des variances dans une pièce jointe distincte.
Les pages qui suivent peuvent être retirées du guide et envoyées par la poste dans le cadre de la demande de permis.
(Nota : Un formulaire distinct devrait être préparé pour chaque pièce, sauf si leur conception, leurs fonctions et leurs classifications sont identiques ou si elles se ressemblent).
Il faut faire le nécessaire pour respecter les directives présentées sur ce formulaire parce qu’elles sont toutes d’excellentes pratiques de laboratoire. Les solutions de rechange qui offrent un degré de sécurité équivalent seront analysées.
Les laboratoires ayant un niveau supérieur et de confinement et les salles de médecine nucléaire ont des dispositions additionnelles et certains points (comme l’estimation de la dose) ne sont rattachés qu’à ces classifications. Des renseignements additionnels peuvent être demandés par la CCSN après l’évaluation initiale.

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Les documents suivants contiennent des renseignements additionnels qui pourraient présenter de l’intérêt pour les personnes participant à la conception, à la construction ou à la rénovation des laboratoires de substances nucléaires et des salles de médecine nucléaires.
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