Commission canadienne de sûreté nucléaire
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Le document d’application de la réglementation RD/GD-370, Gestion des stériles des mines d’uranium et des résidus des usines de concentration d’uranium précise les exigences de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) relativement à la saine gestion des stériles des mines d’uranium et des résidus de concentration d’uranium découlant des activités de préparation de l’emplacement, de construction et d’exploitation d’une nouvelle mine ou usine de concentration d’uranium au Canada, et de leur déclassement, dans le but de protéger l’environnement et de préserver la santé et la sécurité des personnes.
Ce document d’application de la réglementation fournit également aux demandeurs de l’orientation sur les attentes de la CCSN à l’égard de la gestion des stériles et des résidus générés par les activités d’extraction et de concentration de l’uranium pour les nouveaux projets miniers au Canada. Le personnel de la CCSN se sert de ce document d’application de la réglementation lorsqu’il prend des décisions au sujet de la gestion des déchets des mines.
Les demandeurs de permis pour des projets de nouvelles mines d’uranium ou usines de concentration d’uranium doivent présenter une demande à la CCSN. La demande doit décrire la méthode proposée pour la gestion du stockage sécuritaire à long terme des stériles de la mine d’uranium et des résidus de l’usine de concentration d’uranium. Le personnel de la CCSN étudie les renseignements inscrits dans la demande et formule des recommandations à la Commission quant à l’acceptabilité de la méthode de gestion proposée.
Le présent document d’application de la réglementation devrait être utilisé en conjonction avec les politiques d’application de la réglementation de la CCSN P-290, Gestion des déchets radioactifs et P-223, Protection de l’environnement.
1.0 Introduction
1.1 Objet
1.2 Portée
1.3 Réglementation applicable
1.4 Normes nationales et internationales
2.0 Exigences particulières relatives à la gestion des résidus miniers
3.0 Lignes directrices sur la gestion des résidus miniers
3.1 Lignes directrices sur le choix d’un mode de gestion des résidus miniers
3.2 Évaluation des solutions possibles
3.3 Surveillance
4.0 Mesure du rendement
Glossaire
Références
Le présent document d’application de la réglementation précise les exigences de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) relativement à la saine gestion des stériles des mines d’uranium et des résidus de concentration d’uranium découlant des activités de préparation de l’emplacement, de construction et d’exploitation d’une nouvelle mine ou usine de concentration d’uranium au Canada, et de leur déclassement, dans le but de protéger l’environnement et de préserver la santé et la sécurité des personnes.
Les demandeurs de permis pour des projets de nouvelles mines d’uranium ou d’usines de concentration d’uranium doivent présenter une demande à la CCSN. La demande doit décrire la méthode proposée pour la gestion du stockage sécuritaire à long terme des stériles de la mine d’uranium et des résidus de l’usine de concentration d’uranium. Le personnel de la CCSN étudie les renseignements inscrits dans la demande et formule des recommandations à la Commission quant à l’acceptabilité de la méthode de gestion proposée.
En plus de préciser les exigences, ce document d’application de la réglementation fournit aux demandeurs de l’orientation sur les attentes de la CCSN à l’égard de la gestion des stériles et des résidus générés par les activités d’extraction et de concentration de l’uranium pour les nouveaux projets miniers au Canada. Le personnel de la CCSN se sert de ce document d’application de la réglementation lorsqu’il prend des décisions au sujet de la gestion des déchets des mines.
Il convient de noter que les activités de prospection d’uranium ou d’exploration en surface ne nécessitent pas l’obtention d’un permis auprès de la CCSN.
Les dispositions suivantes de la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires (LSRN) ainsi que des règlements pris en vertu de cette loi s’appliquent au présent document d’application de la réglementation :
Les politiques d’application de la réglementation P-223, Protection de l’environnement [1] et P-290, Gestion des déchets radioactifs [2] s’appliquent également à la gestion des stériles des mines d’uranium et des résidus des usines de concentration d’uranium.
Les textes législatifs fédéraux ci-après s’appliquent également au contrôle des stériles des mines d’uranium et des résidus des usines de concentration d’uranium :
Afin qu’un plan d’eau soit désigné à titre de dépôt de résidus miniers, il doit être ajouté à l’annexe 2 du REMM, ce qui exige une modification à celui-ci. La modification requise déclenche la réalisation d’une évaluation environnementale fédérale sous le régime de la LCEE. Cette évaluation nécessite en outre une analyse des solutions de rechange pour l’élimination des résidus miniers en fonction de critères environnementaux, techniques, économiques et socioéconomiques.
Le présent document d’application de la réglementation s’arrime à la philosophie inspirant les lignes directrices et les normes contemporaines tant nationales qu’internationales en matière de gestion des résidus miniers. Il s’inspire notamment en partie des documents suivants publiés par des organismes nationaux ou internationaux :
Les plans d’eau naturels que fréquentent les poissons doivent être évités dans la mesure du possible pour la gestion à long terme des stériles et des résidus miniers.
Les stériles et les résidus miniers doivent être gérés par les titulaires de permis :
Les morts-terrains et les roches inertes doivent être utilisés comme matériau de construction ou comme ressource, ou doivent être gérés en surface par l’application d’un programme efficace de ségrégation des roches, dans la mesure où cela est matériellement possible et conformément au concept de réduction au minimum des déchets.
Les titulaires de permis doivent se fier le moins possible aux contrôles institutionnels intégrés à la conception des systèmes de gestion des stériles et des résidus miniers.
La présente section vise à préciser les attentes de la CCSN lorsqu’il s’agit de choisir les modes de gestion des résidus miniers et notamment, dans la mesure du possible, d’éviter un plan d’eau naturel fréquenté par des poissons, pour la gestion à long terme des stériles et des résidus miniers.
En règle générale, le recours à un plan d’eau fréquenté par des poissons pour la gestion de résidus miniers nécessite :
Environnement Canada a publié des lignes directrices [7] sur l’évaluation des solutions de rechange à l’utilisation d’un plan d’eau fréquenté par des poissons pour l’élimination ou le stockage de résidus miniers. Il y a lieu de recourir à ces lignes directrices pour toutes les activités d’exploitation d’une mine de métaux, y compris par le secteur de l’exploitation d’une mine d’uranium.
La CCSN s’attend à ce que les demandeurs de permis choisissent le mode d’élimination ou de stockage des résidus miniers qui soit le plus judicieux sur le plan environnemental, technique, économique et socioéconomique, et obtiennent à cet égard l’opinion d’un large éventail d’intervenants en cherchant à dégager un consensus quant au choix de l’emplacement. À cette fin, la CCSN recommande que les demandeurs de permis procèdent à une évaluation convenable des diverses options pour l’élimination ou le stockage des résidus miniers en suivant les consignes contenues au document EC 2011 [7], ceci permettant notamment à EC, au MPO et à la CCSN de prendre des décisions en suivant un seul et même processus et une seule grille d’analyse des solutions envisagées.
L’évaluation des solutions possibles consiste en une étude objective et rigoureuse des diverses solutions envisagées pour l’élimination ou le stockage des résidus miniers. En outre, l’évaluation tient compte de divers critères, dont la qualité et la quantité prévue des résidus libérés dans l’environnement, et les effets prévus sur l’environnement. L’évaluation doit aussi tenir compte de l’ensemble des coûts liés à chaque solution envisagée durant tout le cycle de vie du projet, ainsi que les avantages qui y sont associés.
Les principales étapes d’un tel processus d’évaluation sont les suivants :
Les conclusions de l’évaluation des solutions possibles sont ensuite consignées par écrit et présentées à la CCSN dans le cadre de la demande de permis. Le dossier doit notamment présenter un sommaire clair et concis des conclusions à chaque étape du processus d’évaluation, en recourant à des tableaux comparatifs et un texte descriptif concis, en plus de documents à l’appui faisant état de l’estimation des coûts, de l’évaluation géochimique et de la modélisation du transport des contaminants.
Le demandeur de permis doit aussi proposer un plan de surveillance et de caractérisation continue, de manière à s’assurer que la ou les méthodes de gestion des résidus miniers sont réalisées et vérifiées durant tout le cycle de vie du projet. À titre d’illustration, les roches inertes devraient être triées et stockées dans un endroit distinct des stériles et des résidus contaminés. Il conviendrait d’énoncer dès le départ les engagements envers la mise en place de ce type de modalités de contrôle de la qualité et de vérification, en précisant les modalités au cours des phases ultérieures du projet, notamment lors de la préparation de l’emplacement, de la construction, et de l’exploitation du projet.
La gestion adaptative est essentielle à une saine gestion des projets de gestion de résidus miniers. La gestion adaptative consiste en un processus planifié et systématique d’amélioration continue des pratiques de gestion environnementale en tirant les leçons qui s’imposent des résultats obtenus. Cela ne se traduira pas toujours nécessairement par une modification du système de gestion des résidus miniers en place, mais peut contribuer à perfectionner la conception des futurs projets, s’assurant ainsi d’améliorer les meilleures pratiques de gestion à mesure que la science évolue dans ce domaine. Dans le cadre d’un processus de gestion adaptative, les gestionnaires responsables des questions environnementales assurent un suivi des effets des mesures prises et adaptent ces mesures en fonction des résultats observés.
Le programme de surveillance doit être conçu de manière à efficacement évaluer le rendement de la stratégie de gestion des résidus choisie en regard des résultats prévus ou requis; ceci favorise également l’atteinte des objectifs à long terme du projet. Il y a lieu d’utiliser les données réelles obtenues sur le terrain dans le cadre du programme de mesure du rendement afin de perfectionner et de calibrer les modèles utilisés dans la conception des installations de gestion des résidus.
Il convient également d’utiliser des indicateurs de rendement appropriés afin de vérifier le rendement des divers éléments du plan de gestion par rapport aux attentes. Parmi ces indicateurs, signalons :
En cas de variation importante entre les valeurs des indicateurs de rendement et les valeurs attendues, il y aura lieu de modifier le plan de gestion afin d’atteindre le rendement souhaité. Le titulaire de permis doit en outre présenter les indicateurs de rendement qu’il entend utiliser, notamment afin de préciser les éléments qui feront l’objet d’un suivi, la période pendant laquelle s’exercera ce suivi, et le moment où il prévoit entreprendre les mesures correctives et mettre en œuvre son plan de gestion adaptative.
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