DÉNI DE RESPONSABILITÉ :
Le présent résumé informel de l’atelier est offert au public à titre d’information seulement et est fourni sans garantie quant à l’exactitude des points de vue qui y sont exprimés ou à l’exhaustivité des opinions et des événements, puisqu’ils sont retransmis dans ce format abrégé. La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) ne représente ni n’endosse la fiabilité des constatations, des opinions, des interprétations ou des conclusions formulées par les experts dans ce résumé, à moins d’indication contraire.
OBJET : Atelier de la CCSN sur l’évaluation et le contrôle des risques pour la santé posés par le tritium
POINTS CLÉS :
Renseignements généraux
En réponse à une demande de la Commission (audience du 27 novembre 2006), le personnel de la CCSN a rédigé une charte de projet portant essentiellement sur la gestion et le contrôle du tritium. Une partie du projet consistait à examiner les effets du tritium sur la santé, ce qui comprend un examen documenté des ouvrages et publications scientifiques portant sur les risques pour la santé posés par le rayonnement émis par le tritium. Au même moment, de grandes études concernant les effets du tritium sur la santé étaient également finalisées au Royaume-Uni et aux États-Unis, dans le cadre d’un rapport sur les émetteurs internes (dosimétrie interne) par la Commission internationale de protection radiologique (CIPR).
La CCSN a décidé de tenir un atelier auquel des spécialistes de renommée internationale pourraient présenter leurs points de vue sur les risques pour la santé posés par le tritium et sur les moyens de les contrôler. Le principal objectif de l’atelier était de permettre à des membres du personnel de la CCSN, des titulaires de permis, des représentants de l’industrie et des membres du public, ainsi que des politiciens locaux et des organisations non gouvernementales (ONG), d’entendre ce que les spécialistes avaient à dire à ce sujet et de leur poser des questions.
Les deux grandes questions servant de cadre aux discussions et permettant de ne pas s’éloigner du sujet étaient les suivantes :
L’atelier, qui se tenait au Cartier Place Suite Hotel (Ottawa), a été financé par le Programme de soutien à la recherche de la CCSN. Un facilitateur professionnel, John Benesh, engagé par contrat, présidait l’événement. Les exposés étaient donnés en anglais; cependant, il était possible de recourir à des services de traduction simultanée dans les deux langues officielles. Le facilitateur et certains conférenciers pouvaient également répondre aux questions en anglais et en français.
Annonce de la tenue de l’atelier
L’annonce officielle de l’atelier a été affichée sur le site Web de la CCSN dans les deux langues officielles le 3 décembre 2007. L’annonce précisait que la CCSN, dans le cadre du projet Études sur le tritium, organisait un atelier d’une journée sur les risques pour la santé posés par le tritium, le 8 janvier 2008. La préinscription des participants à l’atelier était requise. Il suffisait d’envoyer un courriel à l’adresse suivante : tritium@cnsc-ccsn.gc.ca avant le 20 décembre 2007.
En plus de l’annonce sur le site Web de la CCSN, le Groupe des propriétaires de CANDU a été informé parallèlement de la tenue de l’événement. On a aussi demandé à des personnes-ressources de l’industrie d’aviser d’autres personnes intéressées. On a également demandé à l’Association canadienne de radioprotection de publier l’annonce et de la faire parvenir à tous ses membres. On s’est efforcé d’inviter personnellement des parties intéressées qui pourraient se trouver en dehors de ces réseaux, comme les ONG, des intervenants à des audiences antérieures de la Commission portant sur les installations de traitement du tritium, des titulaires de permis d’installations de traitement du tritium et du personnel médical œuvrant dans des zones de manutention du tritium. On a demandé instamment à des membres de l’industrie et du grand public d’informer d’autres personnes de la tenue de l’atelier, et une liste du « premier arrivé premier servi » a été établie.
Spécialistes invités
La CCSN avait invité à l’atelier un certain nombre d’experts internationaux en évaluation du risque, en radiobiologie et en épidémiologie. Ils ont présenté leurs preuves et leurs opinions sur les risques du rayonnement du tritium et l’efficacité des moyens pris pour contrôler ces risques. Au nombre des conférenciers invités figuraient notamment :
John Harrison – radiobiologiste, Health Protection Agency, R.-U.;
Barrie Lambert – radiobiologiste, St Bartholomew’s Hospital Medical College, Londres, nouvellement retraité;
Richard Wakeford – spécialiste en épidémiologie, professeur invité au Dalton Nuclear Institute de l’University of Manchester, R.-U.;
Ian Fairlie – consultant indépendant sur les rayonnements dans l’environnement, R.-U;
Richard Richardson – spécialiste en dosimétrie interne, Énergie atomique du Canada ltée (EACL), Chalk River, Canada;
David Kocher – scientifique chevronné, SENES Oak Ridge, Oak Ridge, É.-U. (le mauvais temps a empêché M. Kocher de se présenter à l’atelier.)
Déroulement de l’événement et travaux de l’atelier
Cent dix personnes, y compris les conférenciers et les organisateurs de la rencontre, ont participé à l’atelier. Chaque conférencier a fait un exposé de 30 minutes dont 10 minutes portaient sur des questions à éclaircir. Les exposés ont été suivis d’un débat libre de 90 minutes au cours duquel les participants avaient l’occasion de poser des questions aux conférenciers.
Patsy Thompson, directrice générale, Direction de la protection de l’environnement, de la radioprotection et de l’évaluation, CCSN
Mme Thompson a fait la présentation initiale de l’atelier sur le tritium et a donné un aperçu du rôle que joue la CCSN dans la réglementation du tritium et les études sur le tritium. Des données illustrant les rejets récents de tritium et les doses résultantes pour le public et les travailleurs des installations de traitement du tritium ont également été présentées. Mme Thompson a souligné le fait que les dispositions réglementaires en matière de tritium comportent plusieurs facteurs clés, notamment le maintien des doses au niveau ALARA (niveau le plus faible qu’il soit raisonnablement possible d’atteindre) et l’utilisation de seuils d’intervention.
Kevin Bundy, radiobiologiste, Division de la radioprotection, CCSN
M. Bundy, coordonnateur de l’atelier, a donné un bref aperçu des objectifs et du déroulement de l’atelier. Il a exposé le principal objectif de l’atelier et ses deux grandes questions et a indiqué qu’un résumé des activités de la journée (ainsi que les questions ou commentaires additionnels adressés au tritium@cnsc-ccsn.gc.ca, avant le 31 janvier 2008) seraient présentés dans le rapport officiel.
Résumé des exposés (Les exposés sont disponibles sur demande.)
John Harrison, radiobiologiste, Health Protection Agency, R.-U.
M. Harrison a présenté l’approche de la CIPR en ce qui a trait aux incorporations de radioisotopes. Dans son exposé, il a décrit la différence entre la dose absorbée, la dose équivalente et la dose efficace, ainsi que l’utilisation appropriée de chacun de ces termes. Il a expliqué de quelle manière la dose absorbée (en gray) était pondérée pour tenir compte du type de rayonnement, et a expliqué les facteurs de pondération propres à chaque organe ou tissu, qui varient selon la radiosensibilité de ces derniers. M. Harrison a expliqué que l’évaluation des doses est pondérée en fonction du sexe, de sorte qu’une seule limite est employée dans les calculs, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes, et que les modèles de biocinétique et de dosimétrie sont conjugués au facteur de pondération du rayonnement et au facteur de pondération des tissus afin de calculer les coefficients de dose de référence à des fins de radioprotection. Il a accordé une attention particulière au fait que des valeurs génériques de ces facteurs sont employées pour simplifier les calculs mathématiques, étant donné qu’il existe de nombreuses incertitudes et valeurs inconnues. Les coefficients de dose ne peuvent fournir les meilleures estimations de la dose et du risque pour des individus en particulier, mais ils ont plutôt pour objectif de déterminer des quantités limites en radioprotection en ce qui concerne l’addition de doses externes et de doses internes reçues par une personne de référence.
Barrie Lambert, radiobiologiste, St. Bartholomew’s Hospital Medical College, Londres, nouvellement retraité
L’exposé de M. Lambert sur les questions radiologiques associées à l’incorporation de tritium portait essentiellement sur des études expérimentales sur l’efficacité biologique relative (EBR). Il a expliqué que la CIPR n’a pas de modèle de biocinétique tenant compte de l’incorporation de tritium lié à des composés organiques (OBT). Cependant, la CIPR est en train d’évaluer la documentation courante afin d’en créer un. Il a également abordé la question de la structure des trajectoires des particules, notant que la distribution du dommage produit par les rayonnements ionisants le long de ces trajectoires est fonction de la structure de ces dernières. D’après la structure de la trajectoire des particules, il a expliqué que des calculs théoriques laissent entendre que l’efficacité biologique relative (EBR) serait environ 2, par rapport aux rayons gamma du cobalt 60. Les effets dus à la transmutation (la transformation d’hydrogène en hélium) et à la présence de tritium fortement lié, ou « logé » dans des positions de transition dans des sites où sont ralentis les taux d’échange, sont pris en compte dans les études expérimentales sur l’EBR. Une publication récente de Little et Lambert (2007) conclut qu’une EBR de 2 devrait être utilisée à des fins de radioprotection. Les résultats de ces chercheurs vont dans le même sens que plusieurs autres grandes études (Straume et Carsten 1993, Kocher et autres, 2005).
Question 1 - Richard Osborne : À votre avis, vaut-il la peine d’entreprendre une autre expérience qui répondrait à tous vos critères relatifs à une bonne étude, dans le but d’évaluer l’incorporation et la rétention d’OBT (tritium lié à des composés organiques)?
Réponse : Oui, absolument, il serait vraiment intéressant de réaliser une telle étude, mais qui en assumerait le financement? Nous avons fait cette recommandation dans le rapport AGIR (de l’anglais Advisory Group on Ionizing Radiation ou groupe consultatif sur les rayonnements ionisants).
Question 2 - Richard Osborne : Recommanderiez-vous à la CIPR d’utiliser un facteur de pondération plus élevé pour les rayons X?
Réponse : Oui.
Question 3 - Tony Waker : Lorsque vous avez dit que vous pouviez conclure que l’EBR ou le facteur de pondération devrait être de 2 en vous fondant uniquement sur la structure des trajectoires des particules, disposiez-vous d’un modèle microdosimétrique, ou encore aviez-vous à l’esprit un objectif particulier pour défendre cette théorie?
Réponse : Oui, nous avions un modèle allant de la microdosimétrie à la structure des trajectoires des particules.
Question 4 - Mark Mackenzie : Les effets du tritium sur la santé sont-ils évalués adéquatement?
Réponse : Non, nous devrions multiplier les facteurs de dose par 2.
Question 5 - Kevin Bundy : Les ovocytes sont très sensibles au rayonnement. A-t-on tenu compte de cette radiosensibilité chez l’humain dans les estimations de dose pour ce qui est des études réalisées dans la baie de Cardiff?
Réponse : Les ovocytes humains ne semblent pas être aussi sensibles que ceux des souris, alors nous avons supposé que leur radiosensibilité était uniforme afin de maximiser les calculs.
Question 6 - Valence Young : Compte tenu de ce qui a été dit jusqu’à présent, j’estime que nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas réaliser cette étude.
Réponse : Je suis d’accord avec vous, si vous pouvez trouver du financement, je crois que cette étude devrait être réalisée.
Ian Fairlie, consultant indépendant sur les rayonnements dans l’environnement, R.-U.
Dans son exposé, M. Fairlie a affirmé que les risques pour la santé posés par le tritium ne sont pas correctement évalués, en particulier au Canada. Il a en effet expliqué qu’en raison des rejets importants de tritium par les réacteurs CANDU, le tritium peut poser des risques graves pour la santé si les coefficients de dose sont inadéquats. Il a également affirmé que l’EBR et le facteur de pondération du rayonnement sont tous deux inadéquats, et que la CIPR ne considère pas les aspects scientifiques qui appuient cet état de choses. Il estime que les modèles métaboliques et dosimétriques sous-estiment la rétention du tritium et qu’ils ne tiennent pas compte de sa répartition hétérogène. Il croit que les propriétés particulières du tritium, incluant son extrême mobilité dans l’environnement, son incorporation rapide par le biote et sa forte propension aux échanges atomiques, entre autres, ne sont pas considérées. Il estime qu’on devrait rédiger un guide sur les dangers posés par les radionucléides, à l’instar des guides qui existent pour d’autres produits toxiques ou produits chimiques, et il croit que le facteur de correction de dose pour le tritium devrait être porté à 20.
Commentaire - Dave Martin : Veuillez noter que le rapport de Greenpeace rédigé par M. Fairlie est disponible sur le site Web de Greenpeace, à l’adresse suivante : http://www.greenpeace.org/canada/en/documents-and-links/publications/tritium-hazard-report-pollu
Commentaire - Richard Osborne : Je dois d’abord mentionner que je suis en désaccord avec toutes vos hypothèses, et que j’en suis venu à des conclusions fort différentes dans mon rapport, qui est disponible sur le site Web de l’Association nucléaire canadienne : www.anc.ca . Même en intégrant tous vos facteurs de correction, la dose demeurerait bien en deçà des limites de dose admissibles pour les membres du public.
Commentaire - Nick Priest : Pour ce qui est des panaches, il faudrait tenir compte du fait que le vent souffle dans des directions différentes et diviser la dose afin de tenir compte de cet état de choses. Le vent ne souffle pas toujours dans la même direction. Même si c’était le cas, cela n’aurait pas d’incidence sur les pratiques de radioprotection. La valeur de 84 millions de becquerels (Bq) équivaut à 5 mSv, ce qui est encore dans les limites du rayonnement naturel. Je ne suis pas un « partisan » de la CIPR, mais je suis d’accord avec ce que dit M. Fairlie : il n’existe pas de modèles sur l’exposition chronique.
Question 1 - Kelly O’Grady : J’habite à « Bananasville », où l’on peut trouver une pomme de terre contenant 12 000 Bq de tritium, ou une piscine qui en contient 7 000 Bq, et j’apprécie votre message d’avertissement. Au cours de vos recherches, avez-vous observé des effets dus au tritium mais autres que le cancer, comme des pancréatites?
Réponse : Non.
Question 2 - Charles Caccia : Si vous aviez à conseiller le gouvernement canadien concernant les limites appropriées de tritium dans l’eau potable, quelle valeur recommanderiez-vous, en Bq/L? Pourquoi est-elle actuellement de 7 000 Bq/L?
Réponse : Il me semble que la limite de 100 Bq/L fixée par la Commission européenne est appropriée, mais je crois que le gouvernement canadien accepterait difficilement cette limite.
Question 3 - Sean-Patrick Stensil : Pouvez-vous préciser votre pensée en ce qui a trait à la double norme qui existe et qui s’applique à l’évaluation du risque dû au rayonnement et du risque qui n’est pas dû au rayonnement?
Réponse : Si nous évaluons les risques dus au rayonnement comme nous l’avons fait pour des produits chimiques, le risque dû au rayonnement serait cinq fois plus important. Les risques liés aux produits chimiques contiennent de nombreux facteurs d’embellissement pour surestimer le risque afin de protéger les personnes.
Commentaire - Barrie Lambert : Vos informations ne reposent pas sur des principes scientifiques; vous dites des choses comme : « j’ai l’impression que », ou « il me semble que ». J’ai examiné le rapport de Greenpeace : on y trouve des erreurs, par exemple Komatsu qui dit deux fois « pas 4,6 », d’ailleurs je vous l’ai déjà dit auparavant.
Réponse : C’est là mon interprétation de l’information disponible, et c’est ce qui arrive lorsqu’on n’est pas d’accord avec son ancien superviseur. Les deux opinions doivent être exposées à la lumière. Le gouvernement canadien et la CCSN doivent prendre le tritium très au sérieux, et je crois que les premières étapes sont amorcées aujourd’hui, mais il faudrait aller plus loin.
John Harrison, radiobiologiste, Health Protection Agency, R.-U.
M. Harrison a donné un deuxième exposé sur les doses imputables au tritium et les risques d’exposition. Après un bref survol et quelques explications concernant le tritium, il a décrit les hypothèses de la CIPR relatives aux modèles de biocinétique, aux coefficients de dose et à l’incorporation en milieu de travail. Le niveau élevé d’OBT dans les poissons de la baie de Cardiff a également été mentionné. Ces études laissent supposer que la CIPR devrait employer un coefficient de dose plus élevé pour l’OBT. Les incertitudes entourant la détermination de l’EBR ont également été abordées, en mettant en lumière le fait que les modèles de biocinétique et les modèles dosimétriques de la CIPR sont corrects, mais qu’il faut des modèles de biocinétique particuliers à l’OBT. M. Harrison a précisé qu’il existe de bonnes preuves étayant une EBR de 2 pour le tritium, bien qu’il sera nécessaire d’obtenir des données supplémentaires pour affirmer hors de tout doute qu’on devrait utiliser un facteur d’efficacité de la dose gamma et du débit de dose (DDREF, de l’anglais gamma Dose and Dose Rate Effectiveness Factor) de 2 pour effectuer des estimations fiables du risque de cancer à de faibles doses.
Question 1 - Raphaël Thierrin : Pourriez-vous commenter la validité des données sur les poissons dans la baie de Cardiff, et expliquer en quoi elles s’appliquent aux eaux continentales canadiennes pour ce qui est des concentrations de tritium, par opposition à l’eau de mer, qui serait moins concentrée en tritium?
Réponse : Oui, il s’agit d’eau de mer (un estuaire, en fait), mais la raison pour laquelle nous nous penchons sur ce cas est la concentration élevée d’OBT. Ces études nous permettent de mieux comprendre la présence d’OBT dans les poissons, et le coefficient de dose plus élevé. La concentration de tritium dans ces poissons est suffisante pour que l’on puisse la détecter et analyser les données.
Question 2 - Alexandra Bennett : Je suis une sage-femme et spécialiste de l’allaitement, et je m’interroge sur les coefficients de dose et sur la manière dont les données sont utilisées. Est-ce qu’on a recours à un modèle ou encore à des expériences réelles pour déterminer le transfert du tritium vers un enfant allaité au sein?
Réponse : La modélisation est utilisée pour les concentrations en eau et en carbone dans le lait.
Commentaire - Barrie Lambert : Le rapport AGIR appuie le modèle de David Taylor pour l’OBT, et la CIPR envisage de l’adopter.
Réponse : Rien dans le rapport AGIR ne laisse supposer que nous sous-estimons l’OBT à la lumière des modèles de biocinétique.
Commentaire – Barrie Lambert : La CIPR préfère le modèle de David Taylor au modèle actuel.
Réponse : Comme les coefficients de dose sont les mêmes, il n’y a pas de sous-estimation.
Question 3 – Barrie Lambert : La CIPR a-t-elle lu le rapport BEIR VII? Le DDREF ne fonctionne que si l’on a des courbes. Le DDREF est de 1,5, parce que la relation est linéaire.
Réponse : Les DDREF sont considérés pour les paramètres ultimes in vitro et pour les données sur les animaux; il faut examiner des DDREF différents pour différents systèmes.
Commentaire – Barrie Lambert : Nous nous intéressons aux faibles doses, car aux faibles doses la relation est linéaire.
Réponse : Un DDREF faible signifie une valeur d’EBR faible.
Commentaire - Ian Fairlie : Est-ce que les rats aiment manger de la limande à queue jaune?
Réponse : Non, mais nous lui avons donné un goût agréable en la mettant dans une gelée contenant des ingrédients qu’ils aiment.
Question 4 - Ian Fairlie : Les DDREF sont simplement des facteurs d’embellissement qui sont appliqués aux doses afin de réduire le risque. Je ne crois pas qu’ils devraient être utilisés. Qu’entendez-vous faire pour amener la CIPR à fixer une wR de 2?
Réponse : Je ne ferai rien. J’ai déjà expliqué le système.
David Kocher, scientifique chevronné, SENES Oak Ridge, Inc., Center for Risk Analysis
David Kocher n’a pas été en mesure d’assister à l’atelier en raison du mauvais temps. Cependant, il nous a fait parvenir un bref résumé de l’exposé qu’il avait préparé. Un exemplaire de cet exposé est inclus dans la trousse qui a été remise au moment de l’inscription à l’arrivée.
L’exposé de M. Kocher porte sur le rôle de l’efficacité biologique relative dans l’induction de cancers chez l’humain. Les facteurs d’efficacité du rayonnement sont employés pour estimer le risque de cancer dans le programme IREP (de l’anglais Interactive Radio Epidemiological Program), qui est un programme informatique qui estime la probabilité du lien de causalité et la part attribuée (PC/AS, de l’anglais Probability of causation / Assigned Share) à une substance dans les cancers diagnostiqués chez des individus identiques. L’IREP calcule les distributions de probabilités de l’ERR (excès de risque relatif) et de la PC/AS afin de représenter les incertitudes. Les hypothèses relatives à l’efficacité biologique doivent être fondées sur des jugements portés sur la valeur probante de la preuve. L’exposé de M. Kocher conclut que l’efficacité biologique du tritium et celle des photons de faible énergie (<~30 keV) doivent être évaluées ensemble, et les données théoriques et radiobiologiques laissent supposer qu’elles devraient être accrues.
Modification de la question à l’attention de M. Kocher, tel qu’indiqué à l’ordre du jour : Dans votre évaluation des doses imputables au tritium, vous avez utilisé un facteur de pondération du rayonnement qui diffère de celui de la CIPR. Pouvez-vous nous expliquer les circonstances de ces évaluations de dose et nous dire pourquoi vous avez choisi un facteur de pondération différent et pourquoi vous avez retenu celui-là en particulier?
Richard Richardson, EACL, professeur auxiliaire aux universités McGill et McMaster
L’exposé de Richard Richardson avait pour but d’évaluer les risques pour la santé posés par l’OBT et d’examiner si l’évaluation qui en est faite est adéquate. M. Richardson a contribué à l’élaboration d’un modèle de dosimétrie interne appelé GenmodPC pour Windows de Microsoft, qui constitue une amélioration par rapport au modèle d’organes général actuel de la CIPR. Genmod permet d’obtenir des modèles dosimétriques pour 52 organes et tissus, associés à 50 éléments et à 109 radionucléides. Les modèles à deux et à trois parties de la CIPR sont comparables au modèle HCNO (de l’anglais Hydrogen Carbon Nitrogen Oxygen) de Genmod pour ce qui est des cent premiers jours suivant l’incorporation du tritium. Ces modèles commencent à être différents après le centième jour. Le modèle HCNO, quant à lui, prévoit une période de rétention du tritium plus longue que celle supposée dans les modèles de la CIPR. Le modèle HCNO prévoit un temps de rétention plus long que le modèle à trois parties (trois organes ou tissus) de Taylor, dit « non recyclant », qui pourrait être adopté par la CIPR dans un avenir rapproché. M. Richardson estime que le modèle HCNO permet une illustration plus exacte de ce qui se produit à l’intérieur du corps, par opposition aux modèles actuels à deux et trois parties. Le modèle HCNO révèle que les coefficients de dose de l’eau tritiée (HTO) et de l’OBT sont ~20 % plus élevés que les valeurs actuelles de la CIPR, et que les coefficients de dose de l’eau tritiée et de l’OBT chez la femme adulte sont ~25 % et 50 % plus élevés que ceux employés chez l’homme. Les coefficients de dose plus élevés pour l’eau tritiée et pour l’OBT chez la femme adulte peuvent s’expliquer par la quantité plus grande de tissus adipeux chez la femme. M. Richardson conclut qu’il existe peu d’études EBR pour l’OBT et que son modèle peut être utilisé à cette fin.
Question 1 - Valence Young : À quel moment vous êtes-vous rendu compte qu’il y avait une inégalité inhérente au sexe dans la recherche en radioprotection?
Réponse : C’est quelque chose que je voulais étudier, je me suis simplement aperçu qu’il y avait des différences de dose parce que la période radioactive du tritium incorporé est plus longue chez la femme.
Question 2 - Alexandra Bennett : Que devrait-on faire pour protéger les hommes et les femmes?
Réponse : Je fais partie d’un comité de la CIPR et je peux vous assurer que la CIPR écoute vraiment, oui elle écoute vraiment les « scientifiques ». Cela prend du temps pour intégrer des changements importants comme ceux-ci à la réglementation. La CIPR est actuellement en train de procéder à des changements importants en matière de dosimétrie et lorsque cela sera terminé, il y aura des ressources qui se pencheront sur ces données.
Question 3 - Gordon Edwards : Vous ai-je bien entendu? Avez-vous dit que la CIPR réglemente cela?
Réponse : Non.
Question 4 - Gordon Edwards : À votre avis, quelles devraient être les normes relatives au tritium au Canada?
Réponse : Eh bien, j’aimerais que tôt ou tard la réglementation tienne compte du sexe.
Commentaire - Gary Kramer : La CIPR recommande des coefficients de dose à moyenne pondérée ne tenant pas compte du sexe, mais il est évident qu’il y a une différence entre les hommes et les femmes. La CCSN se mettra dans une situation périlleuse si elle continue à suivre l’approche neutre de la CIPR qui ne tient pas compte du sexe des individus, car il y aura discrimination envers les femmes.
Commentaire - Alexandra Bennett : La CCSN devrait tenir compte du sexe.
Richard Wakeford, spécialiste en épidémiologie, professeur invité au Dalton Nuclear Institute de l’University of Manchester
Richard Wakeford a donné un exposé sur l’état actuel et les possibilités futures des études épidémiologiques sur le tritium. Les études épidémiologiques ont pour but de quantifier, à partir de l’expérience directe d’êtres humains ayant été exposés au tritium, le niveau de risque pour la santé associé à un niveau d’exposition donné au tritium. La main-d’œuvre du secteur nucléaire a fait l’objet d’études sur la dose externe totale, mais aucune étude portant particulièrement sur le tritium n’a encore été réalisée à ce jour. Les études sur la dose totale visent tous les radionucléides et, par conséquent, sont de piètres indicateurs des risques pour la santé dus au tritium en particulier. Il faut effectuer des études qui se fondent sur des informations communes pour évaluer les risques pour la santé posés par le tritium. Les pays qui possèdent, semble-t-il, des bases de données sur l’exposition au tritium en milieu de travail comprennent le Canada, les États-Unis et le Royaume-Uni. Ces trois pays semblent disposer de la meilleure information disponible pour ce qui est des doses de tritium reçues par les travailleurs, et il serait intéressant que ceux-ci puissent convenir d’une méthode adéquate pour y réaliser de telles études.
Question 1 - Gordon Edwards : Lorsque vous parlez de la composante de l’exposition au rayonnement qui est propre au tritium, faites-vous allusion au fait qu’il faudrait effectuer des essais biologiques pour la mesurer?
Réponse : Oui, il faudrait s’entendre sur une manière adéquate d’interpréter les analyses d’urine.
Question 2 - Ziggy Kleinau : Parlez-vous de mortalité ou de morbidité?
Réponse : Les études épidémiologiques futures devront être propres à chaque pays et seront basées sur l’information disponible. Au Royaume-Uni, nous disposons de bases de données sur la mortalité et le cancer et je crois que c’est le cas également au Canada, mais il me semble que les États-Unis ne possèdent que des bases de données sur la mortalité.
Question 3 - Kelly O’Grady : Puis-je proposer Pembroke comme emplacement pour la réalisation des études à venir? Pourriez-vous expliquer la notion d’excès de risque relatif (ERR)? Cela signifie-t-il que le risque de leucémie est 18 fois plus important?
Réponse : Tout ce que je voulais dire avec cette diapo, c’est qu’en incluant le tritium, le coefficient de risque augmente légèrement et que cela constitue une information qui pourrait être utilisée dans le cadre d’une étude sur les travailleurs au Canada.
Commentaire - Lydia Zablotska : C’est mon étude, et j’aimerais justement préciser que les intervalles de confiance ne sont pas significatifs d’après une petite étude portant sur seulement 20 cas de leucémie. Nous devons donc tenir compte d’un nombre plus élevé de travailleurs dans nos études.
Question 4 - Fred Boyd : Comment arrivez-vous à distinguer les effets sur la santé attribuables au tritium si l’exposition est due à la fois aux rayons gamma et au tritium?
Réponse : Il faut tenir compte des rayons gamma lorsqu’on évalue les risques pour la santé attribuables au tritium. La dose gamma sera plus importante que la dose occasionnée par le tritium. Ce n’est pas le cas lorsque le rapport entre les deux composantes est de « un à un ». Dans certaines installations, on trouve des doses dues au tritium comportant de très faibles doses de rayons gamma et, en principe, on devrait pouvoir les distinguer grâce à des méthodes scientifiques.
Commentaire - Fred Boyd : Mais les cancers qui en résultent sont les mêmes.
Réponse : Non, ils sont différents, mais il faut tenir compte des deux types de rayonnement.
Question 5 - Richard Osborne : L’étude des trois pays devrait donner des résultats – pouvez-vous déterminer le nombre de cas additionnels qu’on devrait examiner?
Réponse : Non, je ne sais pas comment cela se passera dans les autres pays, et puis toute l’information n’est pas disponible.
Commentaire - Ian Fairlie : Dans l’étude de Lydia Zablotska, le principal résultat est un excès de risque relatif (ERR) de 52 pour toutes les leucémies, à l’exclusion de la leucémie lymphoïde chronique. Pour quelle raison ce résultat ne figure nulle part dans cet exposé? Est-ce parce que les résultats pour cette maladie sont en train d’être remaniés?
Commentaire - Lydia Zablotska : Nous examinons certains problèmes qui ont été soulevés sur le plan de la dosimétrie, mais nous ne croyons pas que nos résultats soient inexacts. Nous n’avions qu’un petit nombre de cas, et les intervalles de confiance étaient très importants.
Commentaire - Ian Fairlie : Oui, je comprends que les intervalles de confiance se situaient entre 0,2 et 290, mais votre étude est la meilleure preuve dont nous disposons à l’heure actuelle. Cependant, on y fait mention d’un excès de risque relatif (ERR) de 52, ce qui signifie que la dose moyenne est de ~20 mSv; cela doublerait le risque de leucémie. Les travailleurs canadiens sont à risque.
Commentaire - Lydia Zablotska : L’étude ne portait que sur un petit nombre de cas, et il faudra la reprendre avec un plus grand nombre de cas.
Discussion en groupe
L’objectif de la discussion en groupe était de favoriser les échanges et les débats sur tous les sujets présentés par les conférenciers au cours de la journée, et d’aborder les questions relatives au tritium qui pourraient ne pas avoir été traitées. Le groupe d’experts comprenait tous les conférenciers invités.
Les questions suivantes ont été abordées :
Question 1 - Kelly O’Grady : Y a-t-il quelqu’un parmi vous qui connaît un modèle adéquat pour estimer l’OBT dans les produits?
Ian Fairlie : Il n’existe pas beaucoup de preuve à cet effet, mais plus on étudie longtemps les expositions, plus on constate des doses élevées. Nous devrions nous pencher sur les doses chroniques plutôt que sur les expositions aiguës.
Richard Richardson : Les modèles utilisés pour les expositions aiguës peuvent être utilisés pour les expositions chroniques. Le modèle HCNO donne la dose pour à peu près tout : légumes, fruits, eau, etc. Il décompose chaque produit en quatre composantes : gras, hydrates de carbone, protéines et acides aminés.
Richard Osborne : On dénombre deux études canadiennes réalisées par Bob Brown qui portaient notamment sur l’activité de l’OBT (plutôt que sur la dose).
Question 2 - Fred Boyd : Les résultats des modèles mentionnés aujourd’hui dépendent-ils de modèles informatiques? S’il en est ainsi, ne conviendrait-il pas plutôt de mener des études épidémiologiques ou des études sur les animaux plutôt que de s’en remettre à des modèles informatiques?
Barrie Lambert : Oui.
John Harrison : En effet, des études expérimentales sur l’EBR bien planifiées utilisant les rayons gamma comme référence pour déterminer les doses d’OBT conviendraient davantage.
Question 3 - Robin Manley : Mettons de côté l’EBR de 2 ou de 2,5, et examinons plutôt la justesse d’utiliser un coefficient de dose de 20, comme le propose M. Fairlie. Quelles sont vos opinions sur les facteurs additionnels de sûreté de 4 et de 2?
Ian Fairlie : Il est bien de discuter de l’estimation de l’EBR et des coefficients de dose pour le tritium. Vous devez vous pencher sur toutes les incertitudes et réfléchir à toutes les implications pour ce qui a trait à la dose. De légers accroissements de ces facteurs pourraient entraîner de grandes augmentations de la dose. Il n’existe pas de guide des dangers relatifs aux radionucléides, et il devrait y en avoir un. Selon le guide Kirchner, le tritium répond à huit des neuf facteurs.
Barrie Lambert : Si ce que Ian Fairlie affirme est vrai, toutes mes souris seraient mortes! Vous devez quantifier vos affirmations.
John Harrison : Le seul problème est l’EBR; tous les autres facteurs sont nuls. Ian Fairlie a communiqué toutes ces informations à l’AGIR; nous les avons examinées, et nous ne voyons pas clairement les principes scientifiques sous-jacents. Il a également écrit sur le sujet récemment, sans mentionner aucun de ces autres facteurs.
Richarnd Richardson : Lorsqu’on examine l’EBR, les autres dangers sont déjà pris en compte et l’on pourrait compter deux fois le risque si l’on ajoute ces autres facteurs. Par définition, l’EBR intègre les dangers.
Ian Fairlie : L’EBR tient compte de certains facteurs, mais pas les facteurs environnementaux et les facteurs chroniques. L’effet est-il attribuable à une grande efficacité, ou encore à des concentrations élevées de tritium?
Barrie Lambert : La concentration, c’est la dose. Pourquoi ajouter un autre facteur? Vous ne pouvez quantifier ce facteur.
Question 4 - Ziggy Kleinau : Qu’en est-il de l’absorption par la peau lorsque l’on se douche à l’eau tritiée?
Ian Fairlie : Veuillez vous référer à mon exposé, cela a été pris en considération.
Richard Osborne : La CIPR utilise mes mesures. La peau est comme un morceau de plastique : elle est affectée par le carbone et l’hydrogène présents dans l’air. L’exposition est estimée par analogie avec l’inhalation ou l’immersion. Essentiellement, l’incorporation par la peau est un phénomène semblable à la respiration et correspond à respirer 10 L/min (air). Se doucher avec de l’eau contenant du tritium correspond à l’exposition à l’air à 100 %.
Question 5 - Ziggy Kleinau : Je crois que le principe ALARA contredit le principe de précaution, lorsque l’on pondère tout le coût des précautions; cela signifie que l’on ne se préoccupe pas de la santé du grand public.
John Harrison : Si je comprends bien, on se sert du principe de précaution dans des circonstances pour lesquelles on ne connaît pas les risques. Dans le domaine du rayonnement, ce n’est pas le cas.
Question 6 - Philippe Duport : Si le risque est linéaire par rapport à la dose, pourquoi ne pas le mettre en rapport avec la dose imputable au tritium, sous forme de fraction? Dans une ville donnée, la dose imputable au rayonnement naturel est d’environ 10 mSv/année. Ne pourrions-nous pas comparer les doses imputables au tritium avec les doses imputables au rayonnement naturel?
Barrie Lambert : Je ne suis pas en faveur de cette proposition, car nous pouvons prendre des mesures en ce qui a trait au tritium artificiel, mais on ne peut rien faire pour ce qui est du tritium naturellement présent.
Philippe Duport : La dose imputable au tritium contribue au taux de cancer.
Barrie Lambert : Qu’arrive-t-il lorsque les niveaux du rayonnement de fond pour le tritium sont différents? Cela ne marcherait pas.
Ian Fairlie : Je ne suis pas d’accord avec cette comparaison; cela revient à comparer des pommes et des oranges. Il y a de nombreux domaines où l’on ne tient pas compte des risques liés au rayonnement naturel. Les faibles expositions au rayonnement naturel ne permettent pas d’expliquer ou de justifier les sources artificielles.
John Harrison : Vous pouvez tirer des conclusions utiles en comparant les sources de tritium artificielles et le rayonnement naturel. Il y a également des cas où les écarts sont dus au radon.
Ian Fairlie : Pour ce qui est du radon, des mesures sont prises afin de réduire la dose, mais d’autres types de rayonnement sont alors réduits.
Question 7 - Philippe Duport : Est-ce que le seul paramètre ultime utile des études EBR est l’induction du cancer?
Barrie Lambert : C’est le paramètre ultime le plus utile, car il permet d’évaluer les effets stochastiques à de faibles doses chez un grand nombre d’espèces animales. Il n’existe que quatre documents qui procèdent ainsi, et nous critiquons cette façon de faire. La carcinogénèse chez les animaux est différente de la carcinogénèse chez l’humain.
Richard Richardson : Dans le futur, les maladies autres que le cancer seront examinées. On attend encore des données sur les survivants japonais de la bombe atomique. Il y a des décès en surnombre de 50 % ayant d’autres causes que le cancer, comme les maladies cardiovasculaires. Les maladies autres que le cancer s’élèvent à 50 % par rapport aux cancers à l’heure actuelle, et c’est pourquoi le cancer est beaucoup étudié.
Richard Wakeford : La radiothérapie peut accroître les risques de maladies cardiovasculaires. Les conséquences des faibles doses ne sont pas claires; il faudrait mieux comprendre la relation dose-réponse.
Question 8 - Doug Chambers : Pourquoi le rayon gamma constitue-t-il une meilleure référence pour déterminer l’EBR du tritium? Pourquoi les rayons gamma (EBR=2) seraient une meilleure référence que les rayons X mous (EBR=1) pour l’EBR?
Barrie Lambert : Le rayonnement gamma devrait être le rayonnement de référence, parce que c’est le rayonnement auquel les survivants japonais de la bombe atomique ont été exposés, et parce que les données sont reproductibles. Si l’on pouvait contrôler la qualité des rayons X, on pourrait les utiliser, mais cela est trop difficile à réaliser et dans les documents publiés, de façon générale, on ne dit pas clairement quel était le rayonnement X de référence.
Commentaire - Doug Chambers : Dans une étude épidémiologique, si l’on attribuait les cas aux sources de blessures, le nombre de cas serait le même.
Richard Wakeford : Vous avez tout à fait raison.
Question 9 - Bliss Tracey : Il semble y avoir un rapprochement des poins de vue selon lesquels une wR de 2 serait plus appropriée. Quelles seraient les incidences, sur le plan de la radioprotection, si la CIPR adoptait cette valeur?
John Harrison : Il n’y a pas de raison de particulariser le tritium; les meilleures méthodes mathématiques (utilisant une wR=2) sont employées pour le risque auquel sont exposés les individus, pas pour la radioprotection.
Ian Fairlie : Je crois que la CIPR est influencée par des pressions extra-scientifiques. C’est ce qu’indique la preuve : une wR de 2 devrait être appliquée à tous les émetteurs bêta de faible énergie. De cette manière, nous ne particulariserons pas le tritium.
Question 10 - Jim Merrit : Lorsque l’on considère la période de rétention du H20 et l’exposition continue, nous ne perdons aucun tritium; il sera toujours là. S’agit-il d’un état d’équilibre du tritium? Est-ce que cela changerait quelque chose dans les modèles?
Barrie Lambert : Rogers et autres ont étudié les expositions chroniques.
Jim Merrit : Cela sème parfois la confusion au sein du public. Le résultat est-il le même?
John Harrison : Cela ne change pas le résultat : on peut modéliser l’exposition chronique en faisant la somme des séries d’incorporation aiguë.
Ian Fairlie : L’exposition chronique et l’exposition aiguë sont deux choses totalement différentes et personne n’en parle. L’exposition chronique est différente en raison de l’accumulation de l’OBT, dont il n’est pas tenu compte dans le modèle actuel de la CIPR.
Barrie Lambert : Monsieur Fairlie, vous vous trompez entièrement, ce n’est pas vrai qu’elle n’en tient pas compte; l’OBT est toujours considéré.
Ian Fairlie : La contribution de la dose augmente toujours.
John Harrison : La question a été examinée dans le rapport de l’AGIR; l’OBT a une période plus longue que l’eau tritiée, alors oui, il y a accumulation.
Richard Richardson : Les modèles d’exposition chronique et d’exposition aiguë sont les mêmes. Cependant, cela ne s’applique pas pour les organismes en croissance.
John Harrison : Les temps de rétention sont différents.
Richard Richardson : Une partie de l’incorporation est due à la croissance et doit être considérée.
Question 11 - Gary Kramer : Quand Genmod sera-t-il disponible?
Richard Richardson : Genmod a été mis au point en vue d’être utilisé par EACL; d’autres organisations ont également manifesté leur intérêt. On devrait terminer d’ici un an la mise en œuvre d’un programme d’assurance de la qualité très rigoureux associé à ce logiciel. Genmod sera alors disponible.
Question 12 - Gary Kramer : Cette question s’adresse à John Harrison : Les modèles de la CIPR ne fonctionnent pas pour le tritium et le carbone 14. Quand le programme IMBA (Integrated Modules for Bioassay Analysis) sera-t-il au point?
John Harrison : Les modèles n’ont pas été conçus pour cela [pour interpréter les mesures des essais biologiques]; ils ont été créés pour calculer les coefficients de dose. Le programme sera mis au point pour les essais biologiques en 2009, pour 10 ou 11 isotopes, y compris le tritium et le carbone 14.
Question 13 - Gary Kramer : Les modèles de la CIPR sont destinés à des calculs de dose prospectifs, mais ils ne conviennent pas à l’interprétation des résultats de surveillance individuelle.
John Harrison : Les valeurs des coefficients de dose ne servent pas seulement à des fins de planification; ils peuvent être utilisés pour des calculs rétrospectifs afin de vérifier la conformité. Ils sont également utilisés lors des situations d’urgence. Les doses sont calculées pour une personne de référence dans un système de protection. Ce ne serait pas mieux d’utiliser une valeur de 2 dans un système de protection. Lorsque vous considérez le risque pour un individu, vous pouvez utiliser les meilleures méthodes scientifiques et considérer tous les facteurs, comme le sexe, l’âge et toute autre variable inconnue qui pourrait être présente dans le système de protection. Lorsque vous savez de quel individu il s’agit, vous disposez de tous les faits. Le système de protection vise à protéger tout le monde.
Ian Fairlie : Oui, mais ne devrions-nous pas surestimer afin de demeurer prudents?
Gary Kramer : La CIPR a-t-elle l’intention de changer la valeur de wR seulement pour le tritium?
John Harrison : La valeur de wR ne changera pas. Elle est utilisée pour le système de protection. Dans les évaluations du risque spécifiques, les meilleures méthodes scientifiques devraient être utilisées, par exemple la biocinétique individuelle, les données propres au sexe de l’individu, etc.
Question 14 - Patsy Thompson : On entend beaucoup parler aujourd’hui de problèmes et d’incertitudes; êtes-vous tous d’accord pour dire que des études EBR bien planifiées devraient constituer une priorité en recherche?
Barrie Lambert : Oui, mais ces études nécessitent beaucoup d’argent et beaucoup d’animaux. Il ne faut pas réaliser d’études si on ne peut pas les réaliser adéquatement. Il faudrait également consacrer des sommes à la dosimétrie.
Richard Wakeford : Je suis d’accord, mais lorsque cela semble avoir été facile à faire, cela doit quand même être fait de façon adéquate. Pour qu’une étude soit adéquate, il faut combiner les données (y compris les données dosimétriques). Étant donné que l’on réalisera une étude épidémiologique de toute manière, il faut s’occuper du tritium de manière distincte au même moment.
Richard Richardson : Oui, on devrait mener de bonnes études sur l’OBT en suivant les protocoles expérimentaux adéquats.
Ian Fairlie : Des études sur l’OBT devraient être réalisées, à partir des données humaines et des concentrations d’OBT et d’eau tritiée à proximité des installations nucléaires au Canada. La détermination lors des mesures de l’OBT devrait être facile et rapide. Des travaux avec les modèles métaboliques META doivent être réalisés pour 1) le tritium et le carbone 14; 2) pour les expositions aiguës et chroniques; et 3) pour les hommes et les femmes.
Question 15 - Nick Priest : L’EBR n’est pas constante pour tous les paramètres ultimes dans un animal donné. Les études sur l’EBR doivent utiliser les mêmes distributions spatiales et temporelles de la dose que celles du tritium. Cela est réalisable seulement avec l’eau tritiée. Dans le cas de l’OBT, si le foie contient 30 % ou 40 % du tritium, les résultats ne peuvent pas être reproduits avec un champ gamma uniforme comme rayonnement de référence.
Barrie Lambert : Effectivement, mais on fait ce qu’on peut. Il n’est pas possible d’effectuer des expositions aux rayons X qui durent de six mois à un an. Le débit de dose devrait diminuer de manière exponentielle à un taux égal à celui de la désintégration du tritium. Seul le Canada, et peut-être la Norvège peuvent réaliser ces études à l’heure actuelle, car ils possèdent les appareils permettant de diminuer la dose gamma à mesure que le tritium diminue.
Question 16 - Ricky Khaloo : Au moment de calculer la dose à des fins épidémiologiques, la surveillance des données est appliquée à un modèle, qui est utilisé pour calculer une dose, qui est ensuite utilisée dans l’étude épidémiologique. Utilise-t-on le nouveau modèle à trois composantes?
Richard Wakeford : Il faut utiliser toutes les données de surveillance, la meilleure information disponible et les doses. Je ne peux que formuler des observations sur les données britanniques qui, selon moi, devraient être recalculées.
Observations finales
Patsy Thompson a remercié tous les conférenciers pour leurs exposés approfondis sur le sujet, pour leur temps et leurs efforts pour aider le personnel de la CCSN ainsi que tous les participants à l’atelier à mieux comprendre le contexte scientifique de l’évaluation des risques pour la santé dus au tritium. Mme Thompson a également remercié le facilitateur, John Benesh, pour son professionnalisme et son expertise dans l’exercice de ses fonctions qui se sont avérées bien ciblées et dynamiques dans le cadre de l’atelier. Elle a en outre remercié le coordonnateur de l’événement, Kevin Bundy, pour son excellent travail en ce qui a trait à l’organisation d’un atelier informatif et éducatif, ainsi que Rachel Lane pour le rôle important qu’elle a joué en aidant à organiser les activités de la journée, y compris la sollication de ses collègues, des épidémiologistes de renommée mondiale, pour qu’ils participent à l’événement et aux discussions. Elle a également remercié les autres membres du personnel de la CCSN pour tous les efforts qu’ils ont déployés en vue de faire de l’atelier une réussite. Elle a indiqué que l’atelier avait pour objectif de relever un défi posé au personnel de la CCSN par la Commission. Le rapport sur les études sur le tritium porte sur plusieurs grandes études, et l’ébauche du rapport sera prête pour examen en 2009. Elle a dit espérer que l’atelier a été utile à tous les participants, autant qu’il l’a été pour le personnel de la CCSN. Elle a enfin remercié tous et chacun de leur participation.
Annexe 1 : Conférenciers - Biographies
Barrie Lambert est radiobiologiste, aujourd’hui semi-retraité, mais il publie toujours. Il travaillait à l’époque pour le Radiological Protection Service, qui est devenu par la suite le National Radiological Protection Board (NRPB), R.-U. Au cours des trente dernières années et plus, il a enseigné la radiobiologie au St Bartholomew’s Hospital Medical College (Londres) à des étudiants de premier cycle et des cycles d’études supérieures. Ses intérêts en recherche comprennent notamment les effets du rayonnement suite à l’incorporation de matières radioactives, particulièrement le tritium et le plutonium. M. Lambert s’intéresse actuellement à l’indemnisation des travailleurs et à la communication des risques.
John Harrison travaille au NRPB, qui est maintenant la Division de la radioprotection de la Health Protection Agency (HPA), depuis de nombreuses années (depuis 1974), où il est responsable d’un programme de recherche expériementale et donne des conseils en matière de biocinétique des radionucléides, de dosimétrie et d’effets du rayonnement. Son poste actuel est celui de « coordonnateur des études sur la dosimétrie interne », qui est un poste interservices comportant des responsabilités auprès du personnel qui effectue des travaux de recherche expérimentale sur les effets du rayonnement et auprès du personnel qui se consacre au calcul des doses internes. M. Harrison a participé à des travaux pour la CIPR pendant de nombreuses années et est maintenant secrétaire du comité 2 qui se consacre à la dosimétrie; il est également président d’un groupe de travail sur la dosimétrie interne du comité 2 (INDOS, de l’anglais Task Group on Internal Dosimetry) qui a pour tâche, avec le groupe de travail sur le calcul des doses (DOCAL, de l’anglais Dose Calculations) de préparer des publications de la CIPR sur les coefficients de dose pour les travailleurs et les membres du public. Il a été membre du CERRIE (de l’anglais UK Committee Examining Radiation Risks from Internal Emitters), auprès duquel le gouvernement a sollicité une évaluation de la dosimétrie et des risques du tritium par un groupe consultatif de l’HPA ainsi qu’un rapport qui vient d’être publié. Ses travaux sur le tritium comprennent des études expérimentales, des calculs des incertitudes pour ce qui est de la dose et des estimations du risque, et l’élaboration de modèles destinés au calcul des nouveaux coefficients de dose de la CIPR.
David C. Kocher est un scientifique chevronné qui travaille pour SENES Oak Ridge, Inc., au Center for Risk Analysis. Il est titulaire d’un doctorat en physique nucléaire de l’University of Wisconsin-Madison (1970). Il a commencé à travailler pour l’Oak Ridge National Laboratory (ORNL) en 1971. De 1976 à 2000, il a travaillé comme spécialiste en radioprotection environnementale à l’ORNL, principalement à l’élaboration de modèles et de bases de données visant à évaluer les doses de rayonnement reçues par le public et imputables aux radionucléides présents dans l’environnement. M. Kocher est entré chez SENES Oak Ridge en 2000, où il a œuvré dans plusieurs domaines liés à l’évaluation des risques du rayonnement pour la santé humaine, et où il a participé notamment à des travaux appuyant les programmes d’indemnisation des travailleurs du secteur de l’énergie et des militaires ayant participé au programme d’essais atmosphériques d’armes nucléaires.
Ian Fairlie est un consultant indépendant sur les rayonnements dans l’environnement. Il est diplômé en chimie et en radiobiologie. Il a fait ses études doctorales à l’Imperial College, où il s’est penché sur les incidences radiologiques des décharges de déchets nucléaires de Sellafield (R.-U.). Il a travaillé pour plusieurs ministères du gouvernement britannique et différents organismes de réglementation, et est actuellement conseiller pour des ONG environnementales, le Parlement européen et des autorités locales. De 2001 à 2004, M. Fairlie a été secrétaire du comité britannique CERRIE (Committee Examining the Radiation Risks of Internal Emitters), qui a publié son rapport en octobre 2004 ( www.cerrie.org). Il a publié de nombreux articles sur les dangers radiologiques associés aux rejets de substances radioactives dans l’environnement.
Richard Richardson possède des diplômes en physique et en astronomie de la London University (Angleterre). Il détient une maîtrise en physique médicale de l’University of Aberdeen et a travaillé comme physicien médical dans un hôpital de Bristol (R.-U.), comme conseiller en radioprotection et comme chercheur dans le domaine des thérapies utilisées pour traiter les tumeurs au cerveau à l’aide d’anticorps monoclonaux. Il est titulaire d’un doctorat de l’University of Bristol portant sur l’évaluation du risque de leucémie induite par le radon (gaz) présent naturellement. À ce jour, il copte à son actif environ 50 publications revues par les pairs. À EACL (Chalk River), M. Richardson a publié abondamment sur la dosimétrie du rayonnement (tritium et cabone 14), en se spécialisant particulièrement dans l’élaboration de modèles basés sur le sexe et de modèles de biocinétique physiologique dans la chaîne nutritionnelle. M. Richardson est le chef du projet Genmod-PC pour Windows, programme de dosimétrie interne d’EACL qu’il utilise pour calculer la dose interne et, par conséquent, le risque, associés à l’exposition aux radionucléides. Ses travaux de recherche les plus récents portent essentiellement sur des modèles dosimétriques réalistes des artères coronariennes, ainsi que sur la remodélisation des os et des cellules souches de la moelle osseuse. Il travaille comme professeur auxiliaire à l’Université McGill et à l’Université McMaster et est membre correspondant du groupe de travail DOCAL (calcul des doses) de la CIPR.
Richard Wakeford a fait des études de doctorat en physique des hautes énergies à l’University of Liverpool avant de travailler pour British Nuclear Fuels (BNFL) pendant près de trente ans. Il en est venu à s’intéresser aux effets du rayonnement sur la santé au milieu des années 1980 et travaille dans ce domaine depuis lors. Il a rédigé de nombreux documents, rapports et articles sur le sujet, a donné des conférences à titre de chercheur invité et a participé à des conférences partout dans le monde. Il siège à de nombreux comités d’experts nationaux et internationaux, a été membre du CERRIE (Committee Examining Radiation Risks of Internal Emitters) et fait maintenant partie du comité consultatif COMARE (Committee on Medical Aspects of Radiation in the Environment) de la Grande-Bretagne. Depuis 1997, Richard Wakeford est rédacteur en chef du Journal of Radiological Protection. En 1994, il s’est vu remettre le prestigieux Founders’ Prize de la UK Society for Radiological Protection pour son « importante contribution à la radioprotection ». En 2006, Richard Wakeford a pris une retraite anticipée en quittant le BNFL et a été nommé professeur invité en épidémiologie au Dalton Nuclear Institute de l’University of Manchester. Il travaille actuellement comme consultant sur les risques liés au rayonnement et se consacre à de nombreux projets.
Annexe 2 : Demandes/commentaires par courriel
Posted To: Tritium
Subject: Job Well Done!
Hello,
I would like to thank you for organizing the conference yesterday. I found it very interesting and useful. I congratulate you on arranging for speakers with a variety of viewpoints.
In terms of feedback, I think the duration (one day), location (downtown Ottawa) and format were excellent.
Regarding areas of improvement, I believe that the minor administrative problems (notably crowding) are attributed to the overwhelming response to the conference. Obviously, a bigger room with a better sound system is required.
Further, I would have found it more convenient if lunch had been provided. I understand that you cannot provide this for free, but I think most people would have accepted a nominal registration fee that would have covered the cost of lunch.
I look forward to similar future events.
Regards,
Subject: RE: CNSC contribution for 2008
Hey Kevin,
My sincere congratulations for a job well done! It was a very good CNSC initiative. The whole workshop has refreshed my memory and has presented me diverse opinions. It was indeed the really first time I was in the same room with Greenpeace for a Health Physics event. Interesting.
Best regards,
Subject: Comments on the tritium symposium; 2008 January 8
The meeting successfully brought together a wide spectrum of people interested in tritium. The organizers are to be congratulated in gathering an interesting and knowledgeable set of speakers and facilitating an open discussion. The purpose of this note is to provide the details of some of the references that I cited in a number of interventions and to comment on two points that I felt were not addressed.
1. In commenting on the presentation by Dr Fairlie, I noted that a detailed rebuttal of the points that he made was available on the web. The reference is “Review of the Greenpeace report:“Tritium Hazard Report: Pollution and Radiation Risk from Canadian Nuclear Facilities”, R.V. Osborne, Ranasara Consultants Inc., Deep River, Ontario 2007 August. It is available at the website http://www.cna.ca under Nuclear Energy Studies.
2. Ms Kelly O’Grady asked for information about measurements of OBT in produce and the environment. I cited the work carried out by R.M. Brown for the AECB; the document references are INFO-0283 (1988) and INFO-0499 (1995).
3. One background reference for the forthcoming report by the CNSC of tritium and radiological protection that is very relevant is the report of the review carried out by the AECB’s Advisory Committee on Radiological Protection in 1991. The reference is: Myers DK, Johnson JR. Toxicity and dosimetry of tritium: a review. Ottawa, ON: Atomic Energy Control Board; Advisory Committee on Radiological Protection; INFO-0377; 1991. Judging by the views expressed at the meeting on Tuesday, the conclusion by Myers and Johnson would still appear to be valid.
4. In the discussion of drinking water guidelines, an intervener asserted that “tritium is a carcinogen”. This comment went unchallenged. The assertion is untrue and masks key differences between radionuclides and chemicals. The key point is that it is the beta particle emitted when tritium makes the transition to helium-3 that is of toxicological interest. This is not merely a semantic point. The nature of the hazard is not a chemical one but a physical one. A chemical atom or molecule can continuously exert a deleterious effect in a cell. The effect of relevance for a radionuclide is a single transient perturbation brought about by the absorption of ionizing radiation from the radioactive disintegration. From the point of view of the cell, it sees a sequence of ionizing radiation events from various sources (some external to the body; others internal). It is also relevant that such events are, in fact, infrequent in any cell at the levels of radiation likely to be encountered from environmental sources; one millisievert per year corresponds to about one event per year per cell from photons and beta particles (low LET radiation) and one event per year in 20 cells from alpha particles. These statistics highlight the difference in action from that of continuously-acting chemicals. For low LET radiations the actual source of the ionizing radiation is irrelevant; it is the density of absorbed energy (the absorbed dose) that is important. This distinct physical nature of the action of ionizing radiation appropriately leads to consideration of the hazard from ionizing radiation in terms of radiation doses. In this way, different sources of ionizing radiation are considered together in a coherent manner; an approach that is not feasible for chemicals. As was pointed out in the 1998 Health Canada report [ Assessment and management of cancer risks from radiological and chemical hazards. Ottawa, ON: Health Canada; H39-428/1998F; 1998] considering radionuclides separately as chemical entities is both inappropriate and unnecessary.
Posted To: Tritium
Conversation: An additional comment on the tritium symposium; 2008 January 8
Subject: An additional comment on the tritium symposium; 2008 January 8
I would like to add one comment to my earlier set. One of the most significant presentations at the symposium was that by John Harrison on tritium doses and risks. The point he made at the end of his presentation concerning the relationship between RBE and DDREF is of key importance to any discussion of the choice of appropriate weighting factors, including that for tritium. My recommendation is that the CNSC report should consider in detail the discussions on this topic to be found in ICRP Publications 92 and 99 on which the new recommendations by the ICRP (Publication 103; see paragraph A98) rely.
-----Original Message-----
Subject: Comments on Handouts at CNSC Workshop
Kevin,
For what they are worth, I would offer the following comments on the handouts from the various speakers at the Workshop on the Assessment and Control of Tritium’s Health Risk.
Now, on to my comments on the other handouts:
[1] Harrison -- ICRP System for Controlling Radionuclide Exposures
Toward the end, there is a slide which states that a more complex treatment of radiation weighting is an "unhelpful complexity." It would not be reasonable on scientific grounds to make a change for tritium only but not address other lower-energy low-LET radiations (such as photons); this would add complexity to radiation protection. However, it doesn’t necessarily follow that the added complexity would be "unhelpful." It certainly would be more protective, if done reasonably.
Regarding the ICRP’s position on radiation protection vs. risk assessment, they are trying to have it both ways, and I have difficulty seeing that their position is reasonable. One opinion I have heard from a respected member of ICRP Committee 2 is that ICRP made a big mistake in dropping the "N" factor from a calculation of dose equivalent from absorbed dose. If this factor had been kept, it could continue to be used for tritium, and it could go a long way toward solving ICRP’s problem of what to do about low-energy Auger emitters (which they basically have ducked).
One more point -I completely agree with Harrison’s next-to-last slide on accounting for uncertainties. I would go even further, however, and take a position that uncertainties ought to be considered more openly and explicitly in developing point values of radiation protection quantities.
[2] Lambert -- The Risks from Tritium
I have a few comments here. First, in the slide titled "Track Structure Issues," last bullet, I could be wrong, but I believe that at least some theoretical calculations suggest an RBE of about 2 relative to orthovoltage x rays (i.e., about 180-250 kVp), which means that the RBE relative to Co-60 gamma rays would be more like 4. I believe that this is the proper interpretation of calculations in ICRU Report 40, which I discussed in my handouts.
Second, I believe that the conclusions Little and Lambert reached on an uncertainty in RBE for tritium, as summarized in the second-to-last and next-to-last slides, are overoptimistic. The criteria they used to accept or reject published data are questionable, and it seems to me that it is absurd to claim that we know RBE to within a few tens of percent . An uncertainty in RBEs for non-cancer endpoints in animals or animal cells based on statistical analysis of selected data does not necessary translate directly to an uncertainty in an REF for induction of cancer in humans.
Finally, in the next-to-last slide, it’s not clear whether or not Little and Lambert took the biological effectiveness of X rays relative to higher-energy gamma rays into account in developing their results.
[3] Fairlie -- Tritium: Are Its Health Risks Being Properly Assessed?
I can see why his presentation generated a lot of response, however, one must be careful not to dismiss all his points.
The slide titled "2. Need to use Models" shows a clear lack of understanding and confusion about what metabolic and dosimetric models do. For example, estimating intakes is not part of metabolic modeling, and dosimetric models estimate doses to target organs per disintegration of a radionuclide in a source organ, not doses per unit activity intake. Harrison’s presentation gets this right.
In the slide following the one discussed above, the statement in the first bullet is complete nonsense. The whole point of committed doses used by ICRP is to take into account the buildup of levels of radionuclides in the body that results from long-term chronic exposure. It appears that Fairlie has a misunderstanding of internal dosimetry and ICRP recommendations on limiting intakes of radionuclides.
In the very next slide ("Result"), I presume that the proposed factor of 3-5 refers to an increase in dose coefficients, but does not include an RBE; this interpretation makes sense when Fairlie’s proposed increase of a factor of 20 in tritium’s dose coefficient is presented in a later slide. If so, it perhaps was based, at least in part, on the misstatement in the first bullet of the previous slide. However, I can’t be certain what the proposed increase in tritium doses here takes into account.
Moving along to the slide on "Hazard Guide for Radionuclides," I am not familiar with Kirchner’s work, but I have difficulties with the general concept and some of the bullets listed here. There is a fundamental difference between risk assessment for radionuclides and hazardous chemicals which may make the "hazard guide" approach for chemicals not relevant for radionuclides--namely, that "dose" for chemicals refers only to intake, not to some effect on tissues. Also, this concept apparently combines issues of predicting intakes and issues of predicting health risks from a given intake in ways I believe are inappropriate and confusing. In my view, the two problems should always be separated because they can (and should) be dealt with separately. The last two bullets may indicate continued confusion about ICRP dose coefficients, because all dose coefficients take into account buildup and decay of progeny following intakes of a parent radionuclide.
Based on these concerns, I would not agree that doses should be increased by a factor of 2 to account for the factors included in developing a hazard guide. Rather, the solution is to model long-term transport and retention in the environment and doses per unit activity intake of different forms of radionuclides properly.
However, to be fair, this slide raises an important point, in my view. In many dose assessments for purposes of assessing compliance with annual dose limits or dose constraints, long-term buildup of longer-lived radionuclides in the environment and its effect on increasing annual doses during long-term chronic releases often is not taken into account. Rather, only the dose in one year from that year’s releases is calculated, and doses in the same year from releases in prior years are ignored. The need to do this properly leads to the concept of an environmental dose commitment, which is completely analogous to the concept of a committed dose from intakes of radionuclides used in internal dosimetry. For example, in the IAEA’s screening models in Safety Series Report No. 19, annual doses were calculated assuming a chronic release over 30 years at a constant rate; i.e., buildup in the environment over 30 years was taken into account. I would agree with Fairlie that longer-term transport and buildup of tritium in the environment needs to be taken into account in dose assessments. This could be important, for example, if tritium in liquid form is released to a lake with a long turnover time of water (like Lake Ontario). A long-term chronic release will result in buildup of tritium levels and increases in annual dose from one year to the next in such cases.
Regarding Fairlie’s overall result, I would agree with his "weighting factor" of about 2.5, but would disagree with the need to apply a factor of 4 for "correct models" and a factor of 2 for the "hazardous nature" of tritium.
[4] Harrison -- Tritium Doses and Risks
I think the assessment of uncertainty in RBE for tritium in the paper by Harrison, Khursheed, and Lambert, which is discussed in this presentation, can be criticized on two grounds. First, by considering data on RBE using X-rays or higher-energy gamma rays together, that assessment did not take into account the likelihood that X-rays were about twice as biologically effective as higher-energy gamma rays. Such an adjustment of the data using X-rays presumably would have led to an increase in the upper bound of their probability distribution. Second, an assumption that the probability is zero that the RBE for tritium is greater than 2.5 does not conform to our state of knowledge. Therefore, on the whole, I think their probability distribution tends to underestimate the biological effectiveness of tritium, based on available radiobiological data. These two points were mentioned in our paper on REFs.
One slide notes that the retention half-time for HTO in body water of adults is in the range of about 6-12 days. I wonder if this range takes into account unusually short retention times when an individual consumes a lot of liquid (in at least one case I know of, workers who were exposed to tritium were sent to a bar to drink beer and flush the system rapidly) or unusually long retention times when an individual is dehydrated.
Harrison’s discussions on RBE and DDREF together would have been very interesting to me, but I can’t really guess much of what he said on this issue based on his handouts. However, as discussed in the recent paper by Trabalka and myself, which is referenced in my presentation, I think there is a good chance that the DDREF for tritium is much closer to 1 than 2. This would mean that risks from tritium would be underestimated by a factor of about 2 when the standard DDREF for low-LET radiations recommended by ICRP is assumed. This is in addition to the biological effectiveness (REF). So, overall, ICRP assumptions could underestimate risks from tritium by a factor of 4-6 (and as much as a factor of 10 at an upper limit of confidence). The issue of the energy dependence of DDREF for low-LET radiations needs attention, in our view. Therefore, I think the last point on his last slide is debatable.
I have no comments on the handouts from Wakeford and Richardson.
Again, thanks for the opportunity to comment on these important and interesting issues.
-----Original Message-----
Subject: tritium workshop
Priority: normal
Thank you for inviting me to the Workshop on the Assessment and control of Tritium’s Health Risk.
As the guest speakers agreed more research is needed for organically bound tritium are any of them going after funding for this? If not them why not? With more nuclear facilities coming on line there is surely a great need for further study on DNA.
Will the CNSC consider using the stricter standard by the European Union or the US EPA for tritium limits in drinking water? We far exceeded these level in Pembroke because of the SRBT manufacturing of tritium light sources. Our gardens and property that is within 500 metres of this facility has had levels of 5 and 6 thousand Bq/L. The highest level of a potato in my garden was 12 thousand Bq/L.