Selon la politique d’application de la réglementation de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) Gestion des déchets radioactifs, le terme « déchet radioactif » désigne toute matière(liquide, gazeuse ou solide) qui contient une substance nucléaire radioactive, au sens de l’article 2 de la Loi sur la sûreté et la réglementation nucléaires, pour laquelle le propriétaire n’a prévu aucune utilisation et qu’il qualifie de déchet.
Étant donné la diversité des applications nucléaires, les quantités, types et même la forme physique des déchets radioactifs peuvent varier considérablement, depuis les vadrouilles et les parties d’équipement jusqu’au combustible usé des centrales nucléaires. Certains déchets, comme le combustible usé, peuvent rester radioactifs pendant des centaines, voire des milliers d’années, alors que d’autres peuvent être stockés avec d’autres déchets classiques après une courte période d’entreposage tant leur radioactivité décroît vite.
Le Canada produit des déchets radioactifs depuis le début des années 1930 lorsque la première mine de radium et d’uranium est entrée en service à Port Radium, aux Territoires du Nord-ouest. Le pechblende était transporté à Port Hope (Ontario) où on le raffinait afin de produire du radium à des fins médicales et, ultérieurement, de l’uranium pour le combustible nucléaire et des applications militaires. Une partie des déchets produits au cours de cette période sont qualifiés de déchets historiques faiblement radioactifs ou de déchets hérités.
Les déchets historiques faiblement radioactifs étaient jadis gérés d’une façon qui ne serait plus acceptable compte tenu des pratiques et normes modernes en la matière, et pour laquelle le propriétaire actuel ne saurait raisonnablement être tenu responsable. Le gouvernement du Canada a donc accepté d’assurer la gestion à long terme des sites de déchets historiques répartis dans l’ensemble du pays afin de réduire le risque déjà faible qu’ils présentent pour la population et l’environnement, par l’intermédiaire du Bureau de gestion des déchets radioactifs de faible activité, qui est administré par Énergie atomique du Canada limitée (EACL). Les déchets hérités, qui datent de l’époque de la Guerre Froide et des débuts de la technologie nucléaire au Canada, sont principalement entreposés aux sites d’EACL.
À la faveur de la croissance de la demande d’énergie au Canada, 22 réacteurs nucléaires ont été construits au cours des années 1970 et 1980, à cinq emplacements répartis en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick.
La majeure partie des déchets nucléaires courants du Canada est constituée par du combustible irradié provenant des activités de production d’énergie nucléaire. Des déchets radioactifs sont également produits dans le cadre des diverses étapes et utilisations associées au cycle du combustible :